Retrouvez notre commentaire mensuel sur les marchés par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

Avec les récentes annonces de la BCE, les taux souverains allemands à dix ans se rapprochent dangereusement du zéro. Les économies européennes semblent inexorablement plonger vers le syndrome de la japonisation et donc de la répression financière. Ainsi le créancier souverain va-t-il participer au mouvement de redistribution des richesses initié par des gouvernements sous la pression des partis populistes ou sous la menace de mouvements pré-insurrectionnels.

En France, 1.700 milliards d’euros sont actuellement placés dans le système des fonds en euros pour des rémunérations inférieures à l’inflation. Une majorité des placements de ces produits se déverse sur les obligations d’Etat (français notamment). L’outil a des vertus surtout lorsque les taux sont plus élevés mais aussi parce que c’est un succédané de produits monétaires aujourd’hui non performants et qu’il contient une garantie de capital fixée par la loi (qui peut changer…). On peut s’interroger tout de même sur l’avenir d’un système d’épargne qui ne finance en réalité qu’un État impécunieux et qui fait de la rente la pierre angulaire du destin de la production de richesses nationales. Bizarrerie patriotique, schizophrénie patrimoniale…le comportement de l’épargnant français est en plus à l’antipode de son opinion générale de ses gouvernants.

La bourse est donc aujourd’hui la première victime de ce mouvement de panique financière. Il est certes assez effrayant pour l’épargnant de se confronter aux visions tranchées voire extrêmes de Donald Trump et de Xi Jinping. Néanmoins, la croissance mondiale a continué et les entreprises dans leur grande majorité n’évoquent pas lors de la publication de leurs résultats annuels de récession prochaine.

Les Français, et d’une manière plus générale les Européens (sortie de 3,1 milliards de dollars cette semaine sur les actions européennes) ont donc pour l’instant tiré une croix sur la bourse. Ironie de l’histoire, ils se souviendront peut-être que déjà un de leurs compatriotes le 5 mars 1886, l’anarchiste Charles Gallo, avait essayé de faire exploser le Palais Brongniart, ce temple du capitalisme national, à l’aide d’une bombe artisanale.

Texte achevé de rédiger le 8 mars 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion. 

DNCA Finance

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DNCA est une société de gestion française créée en 2000 par des spécialistes d’une approche patrimoniale de la gestion pour le compte d’investisseurs privés et institutionnels.

L’équipe de gestion (37 gérants) emmenée par Jean-Charles Mériaux est reconnue pour la qualité de son "stock-picking"​ et organisée autour de cinq pôles d’excellence : les actions européennes ("long only"​ et "absolute return"​), la gestion diversifiée, les obligations convertibles, les obligations de la zone euro et les investissements socialement responsable. La qualité de sa gestion est régulièrement récompensée par la presse spécialisée.

La gamme de 31 fonds OPCVM est distribuée en France, Italie, Belgique, Luxembourg, Hollande, Allemagne, Autriche, Suisse, Espagne et UK.

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