Fondamentalement, le développement durable consiste à assurer la prospérité et la protection de l’environnement sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins..

Importance du développement durable

Fondamentalement, le développement durable consiste à assurer la prospérité et la protection de l’environnement sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins..

Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies1

Le monde actuel est aux prises avec des défis majeurs.

Le premier est le changement climatique. Bon nombre de personnes dans le monde entier sont déjà témoins des effets du réchauffement climatique ou en ont fait l’expérience, et la société travaille d’ores et déjà à mesurer le coût humain et financier de l’élévation du niveau de la mer et des phénomènes météorologiques extrêmes.

Le second est la hausse des inégalités sociales, ce fossé grandissant entre les classes aisées et défavorisées du monde entier. Ces inégalités suscitent une colère généralisée qui, dans certains cas, a déclenché des troubles sociaux et politiques.

La troisième est notre consommation à un rythme sans précédent des ressources naturelles de la planète, que nous sommes en train d’épuiser. Or celles-ci ne sont pas facilement remplaçables, si tant est qu’elles le soient.

Ces problèmes ne feront qu’empirer si nous n’agissons pas. La pandémie de Covid-19 a soulevé un certain nombre de questions urgentes quant à la manière dont nous interagissons avec la nature et dont nous gérons notre production alimentaire.

Action globale

La plupart des pays reconnaissent qu’il est nécessaire d’agir. Certaines organisations multilatérales, telles que les Nations unies (ONU), sont à l’avant-garde des efforts déployés dernièrement. Basée à New York, cette organisation promeut la recherche et le débat et coordonne l’action internationale.

Objectifs de Développement Durable des Nations unies

Cent quatre-vingt-treize pays ont adopté les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies en septembre 2015. Il existe 17 ODD englobant un total de 169 objectifs individuels.

Ces objectifs orientent les gouvernements, les entreprises et la société civile, les aidant à déterminer et à respecter un certain nombre de priorités en matière de développement durable.

Les ODD vont probablement orienter les politiques publiques et l’allocation des capitaux du secteur privé jusqu’en 2030 au moins.

Graphique 1 – Objectifs de Développement Durable des Nations unies

ASI

Source : Nations Unies, 17 Objectifs de Développement Durable (ODD)

Le changement climatique est couvert par l’objectif n° 7 (énergie propre et d’un coût abordable) et l’objectif n° 13 (lutte contre les changements climatiques).

Les inégalités sont couvertes directement par l’objectif n° 10 (inégalités réduites) et indirectement par les objectifs n° 4 (éducation de qualité) et n° 8 (travail décent et croissance économique).

La consommation non durable est traitée par l’objectif n° 12 (consommation et production responsables).

Ces Objectifs de développement durable sont ambitieux et, selon les estimations, nécessitent un investissement de 5 000 à 7 000 milliards de dollars américains par an2.

Ils ne pourront être atteints que par le biais de partenariats entre les gouvernements et le secteur privé et dans ce cadre, les gestionnaires d’actifs du monde entier et leurs plus de 80 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion3 ont un rôle important à jouer.

Accord de Paris

La plupart des pays reconnaissent que plusieurs décennies d’utilisation de combustibles fossiles ont nui à l’environnement et que les émissions de gaz à effet de serre qui résultent de leur consommation constituent l’une des principales causes du réchauffement climatique.

C’est pourquoi, en 2015, plus de 180 pays se sont engagés à respecter l’« Accord de Paris » conclu lors de la 21e Conférence des parties des Nations unies (COP 21) à Paris, en France.

Ce traité est le plus important traité international sur le climat jamais conclu. Ses signataires s’accordent sur la nécessité de limiter le réchauffement climatique à un niveau « bien inférieur » à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, afin de contenir les dégâts environnementaux et économiques.

Dans ce cadre, les différents pays ont chacun défini une Contribution déterminée au niveau national (CDN). Ces CDN ont permis une augmentation des objectifs de réduction des émissions de carbone, ainsi qu’un renforcement des politiques de lutte contre le changement climatique.

Un certain nombre de progrès ont été réalisés. Dans certaines régions plus que dans d’autres. Toutefois, le niveau d’ambition et d’urgence pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris n’a pas été à la hauteur des premiers espoirs. Les coûts résultant d’une action concrète insuffisante et tardive seront très certainement considérables.

En 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a publié un rapport spécial qui compare les répercussions d’un réchauffement de 1,5°C avec les effets d’une hausse de 2°C4. Ce rapport souligne la gravité des conséquences d’un réchauffement supérieur à 1,5°C pour les populations, les économies et les écosystèmes.

Graphique 2 – Scénarios du réchauffement climatique

ASI

Source : Rapport spécial sur le réchauffement planétaire de 1,5°C, GIEC, septembre 2018

​Principes des Nations-Unies pour l’investissement responsable​

Les Principes pour l’investissement responsable (PRI) sont une autre initiative soutenue par les Nations unies et concerne les détenteurs et les gestionnaires d’actifs du monde entier qui sont appelés à jouer un rôle important pour soutenir le développement durable.

Les six principes ont été conçus pour promouvoir l’investissement responsable comme moyen d’améliorer les performances et de mieux gérer les risques.

Ils ont été élaborés par un groupe international d’investisseurs institutionnels conscients de l’importance croissante que revêtent les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) en termes de pratiques d’investissement.

L’analyse ESG permet d’appréhender de manière globale la manière dont les questions environnementales, sociales et de gouvernance affectent les risques et les performances d’un investissement. Ce processus, chez Aberdeen Standard Investments, est à la fois top-down et bottom-up.

Ces principes directeurs apportent des conseils pratiques sur la manière de faire contribuer les capitaux privés au soutien des priorités du développement durable.

Ils encouragent les investisseurs institutionnels à se mobiliser et à agir dans quatre domaines : l’investissement, l’engagement des entreprises, l’information à fournir aux investisseurs et la défense des politiques

Nous avons aligné notre propre processus d’investissement sur ces principes.

Graphique 3 – Principes des Nations-Unies pour l’investissement responsable

ASI

Source: Source : www.unpri.org, 2020

Intérêt pour les investisseurs

L’investissement responsable qui oriente les capitaux privés vers des stratégies d’investissement durable n’est plus seulement une option intéressante. L’analyse ESG doit s’intégrer à toutes les décisions d’investissement.

Les investisseurs, tant détenteurs que gestionnaires d’actifs, doivent être plus nombreux à considérer les tendances mondiales qui façonnent le monde dans lequel nous vivons.

Ceux qui le font sont déjà nombreux. Les jeunes générations d’investisseurs ne veulent pas que la société et l’environnement soient irrémédiablement endommagés à cause de leurs investissements et souhaitent que ces derniers se traduisent par des résultats positifs au-delà de leurs performances financières.

Les individus porteurs d’idées et de solutions innovantes capables de relever ces grands défis mondiaux seront mieux placés pour attirer les capitaux et aider la société et l’environnement.

Toutefois, la recherche de solutions ne peut pas dépendre uniquement des investisseurs, qui ont besoin d’un cadre clair dans lequel ils peuvent opérer. C’est pourquoi les gouvernements doivent se pencher sur la question des réglementations, tandis que la société civile doit jouer un rôle dans la remise en cause des pratiques non durables.

La technologie permet de faire bouger les lignes. Les médias sociaux ont permis de sensibiliser aux enjeux environnementaux posés par les compagnies pétrolières et gazières et aux questions relatives à l’accès aux médicaments produits par les entreprises pharmaceutiques. Ils ont également mis l’accent sur les problèmes d’éthique commerciale associés au secteur bancaire et financier.

Dans le monde de l’investissement et des entreprises, les mentalités sont en train d’évoluer, mais la portée et le degré de cette évolution dépendent d’où l’on se trouve dans le monde. Les évolutions sont toutefois prometteuses :

  1. Les détenteurs d’actifs sont en train de se tourner vers les stratégies durables. L’Australie, par exemple, est un pionnier en termes d’intégration des facteurs ESG dans les décisions d’investissement grâce à l’action des énormes fonds de pension de retraite du pays, également appelés « super-fonds ». Ailleurs, le fonds de pension gouvernemental du Japon (GPIF) prévoit d’augmenter son allocation aux investissements ESG de 3 à 10 %5, ce qui représente quelque 29 milliards de dollars américains. L’un des gestionnaires d’actifs les plus influents d’Europe, Norges Bank Investment Management, prévoit de céder ses participations dans les entreprises d’exploration pétrolière et gazière en ne conservant que celles qui investissent dans les énergies renouvelables et les technologies à faible intensité carbone.
  2. La pression exercée sur les entreprises pour qu’elles changent est très forte. Celles-ci doivent en effet se conformer aux évolutions des attentes des décideurs politiques, des détenteurs d’actifs et de l’opinion publique. Ce phénomène, qui varie bien évidemment d’un pays à l’autre, est particulièrement perceptible sur les marchés les plus progressistes. Au Canada, de nombreux investisseurs exigent que les entreprises leur fournissent des données ESG fiables plus détaillées et en plus grand nombre. En France les entreprises doivent surveiller de près leurs activités et leurs chaînes d’approvisionnement et doivent respecter des normes en matière de santé, de sécurité, d’environnement et de droits de l’homme.
  3. Les gestionnaires d’actifs sont à l’écoute dans ce domaine et les gérants de fonds du monde entier se sont montrés désireux de prouver leur engagement en faveur des principes ESG. Pour ce faire, ils peuvent signer des accords internationalement reconnus tels que les Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations unies. Les PRI comptent quelque 2 500 signataires, dont la plupart sont des gestionnaires d’actifs. Ils ont gagné 500 nouveaux signataires en 2018/2019. Cette croissance est particulièrement forte en Chine, où elle a atteint 64 %, bien qu’à partir d’une base faible6.

Creuser davantage – Opportunités du changement climatique

Les enjeux du changement climatique sont très importants pour les investisseurs, en effet, les entreprises et les économies devront probablement assumer des coûts importants pendant la transition mondiale des combustibles fossiles aux sources d’énergie bas carbone.

En outre, l’augmentation des dégâts physiques liés au changement climatique entraînera des coûts importants et des investissements d’adaptation considérables pour limiter ces dégâts.

Les investisseurs doivent comprendre comment ces changements affecteront la valeur de leurs investissements. Il s’agit d’acquérir une connaissance approfondie de la façon dont chaque entreprise est exposée aux questions importantes liées au changement climatique et de ce que ces entreprises prévoient de faire pour relever ces défis.

Cela dit, le contexte offre également certaines opportunités. La transition vers une économie à faible émission de carbone nécessitera énormément de capitaux privés pour construire des infrastructures d’énergies renouvelables, des transports à faible émission de CO2 et améliorer l’efficacité énergétique.

Les investisseurs joueront un rôle essentiel en allouant ces capitaux.

Changement climatique : opportunités offertes par la transition énergétique

Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une transition énergétique conforme aux exigences de l’Accord de Paris nécessiterait environ 3 000 milliards de dollars d’investissements par an, principalement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique7.

Les opportunités d’investissement dans les sources d’énergie et les technologies bas carbone sont considérables :

  1. Production et stockage d’énergie renouvelable.
    Le niveau de croissance des énergies renouvelables nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris est significatif. Des investissements dans le stockage et le transport de l’énergie sont également nécessaires pour résoudre les problèmes d’intermittence des énergies renouvelables et pour obtenir un pourcentage plus élevé d’énergies renouvelables sur un réseau de distribution électrique.
  2. Efficacité énergétique
    . Il sera essentiel d’utiliser efficacement cette énergie, notamment dans les bâtiments, l’industrie et les transports. Certaines réglementations sont déjà en place dans de nombreuses régions, comme, par exemple, les normes de performance énergétique minimales (Minimum Energy Efficiency Standards) pour les bâtiments au Royaume-Uni ou les normes d’efficacité énergétique en Europe. Bien que ces mesures induisent des coûts supplémentaires dans certains secteurs et pour certaines entreprises, elles permettent également à d’autres d’avoir accès à de nouvelles technologies et à de nouveaux produits écoénergétiques.
  3. Développement des transports électriques.
    La transition vers les voitures et autres véhicules électriques offre des opportunités d’investissement tout au long de la chaîne de valeur des véhicules électriques, depuis la fourniture de matières premières et la production de composants tels que les batteries et les piles à combustible, jusqu’à l’assemblage final des véhicules électriques.
  4. Élimination du carbone.
    Il ne s’agit pas ici d’une simple réduction des émissions de dioxyde de carbone (qui contribuent au réchauffement climatique), mais de leur élimination complète. Les technologies d’émissions négatives telles que le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS) devraient jouer un rôle important dans les scénarios alignés sur les objectifs de l’Accord de Paris.Malheureusement le déploiement des technologies CCUS a pris du retard. Les prix du carbone sont trop bas pour faire de la CCUS une opportunité d’investissement commercialement viable. Cela pourrait changer à l’avenir en fonction de la position adoptée par les gouvernements pour encourager l’élimination du carbone.

Changement climatique : opportunités offertes par l’adaptation

Il devient de plus en plus nécessaire d’investir dans l’adaptation pour permettre aux entreprises, aux villes et aux pays d’être plus résistants aux effets du changement climatique. Les engagements en matière d’adaptation constituent également une part importante des CDN dans le cadre de l’Accord de Paris.

Un certain nombre de secteurs méritent une attention particulière en ce qui concerne les opportunités d’adaptation :

  1. Infrastructure –Les villes côtières, par exemple, ont besoin de systèmes de protection contre l’élévation du niveau de la mer. Une analyse mondiale portant sur 136 villes côtières a calculé que les coûts d’adaptation annuels indicatifs s’élèveraient à 350 millions de dollars par ville, soit environ 50 milliards de dollars par an au tota8.
  2. Gestion de l’eau et des sols– Investir dans l’utilisation rationnelle de l’eau, rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande d’eau et s’attaquer au problème de la détérioration de la qualité des sols. C’est particulièrement important dans l’agriculture, mais aussi dans d’autres secteurs tributaires de l’eau dans les régions en situation de stress hydrique.
  3. Technologies – Demande croissante pour certaines technologies (existantes et nouvelles), comme les systèmes de climatisation pour faire face à l’augmentation de la chaleur dans les bâtiments, ou des technologies innovantes permettant de réduire la consommation d’eau et la rendre plus efficace.

UNPRI, « Investors and the Sustainable Development Goals », octobre 2017
2 UNPRI, « Investors and the Sustainable Development Goals », octobre 2017.
Aberdeen Standard Investments, « Impact Investing – Embracing the UN’s Sustainable Development Goals in Investment », février 2018.
« Special Report on Global Warming of 1.5°C », GIEC, octobre 2018.
Reuters, « Japan’s GPIF to raise ESG allocations », juillet 2017.
UN PRI Annual Report, 2019
Agence Internationale de l’Énergie (AIE), « World Energy Outlook », 2018.
Organisation des Nations Unies, « Adaptation Finance Gap report », mai 2016.

Aberdeen Standard Investments

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Aberdeen Standard Investments est un gérant d'actifs mondial de premier plan qui a à cœur de créer de la valeur à long terme pour ses clients. Pour ce faire, nous mettons au service de nos clients une large palette d’investissements, ainsi qu’ un service de grande qualité.

Nous gérons €587.6 milliards* d’actifs à travers 80 pays grâce au savoir-faire de nos 1 000 spécialistes d’investissements et nos équipes support client disponibles dans nos 40 bureaux à travers le monde.

La marque Aberdeen Standard Investments a été créée en 2017 dans le cadre de la fusion d’Aberdeen Asset Management PLC et de Standard Life Plc pour former Standard Life Aberdeen plc.

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