Il semble que tout le secteur de la gestion d'actifs parle d’investissement responsable et de l’importance des problématiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance).

Au fil des ans, l’ESG a parcouru un long chemin avant d’attirer l’attention des investisseurs. D’un élément considéré comme marginal, il est devenu un principe central de la gestion active moderne.

Ce que l’on appelle ESG peut néanmoins varier fortement à travers le monde. Différentes régions ont adopté les principes ESG de diverses manières, tandis que la terminologie ESG est sujette à interprétation.

Cependant, chaque marché peut apporter sa contribution. Cela rend d’autant plus important pour les investisseurs du monde entier d’avoir un aperçu de l’évolution de l’ESG dans une perspective mondiale. Dans cette publication, nous nous concentrons sur trois zones : l’Europe, les marchés émergents mondiaux et l’Asie.

Europe

Ces trente dernières années, l’Europe a entretenu avec l’analyse ESG un rapport long, profond et irrégulier.

Pendant un certain temps, les pays scandinaves ont été considérés comme les plus avancés du monde en matière d’intégration des problématiques ESG. Cela s’explique en partie par le fait que les cultures et les sociétés scandinaves intègrent naturellement de nombreuses normes liées à l’ESG. On compte parmi elles un fort soutien de l’État à l’enseignement supérieur, l’égalité et une assurance maladie universelle.

L’un des gérants d’actifs les plus influents en Europe est le fonds souverain norvégien, Norges Bank Investment Management. Ce dernier exclut les entreprises qui ne respectent pas les normes établies par le « Government Pension Fund Global » de Norvège. Les recommandations de désinvestissement sont formulées par un Conseil d’éthique, nommé par le Ministère des finances norvégien. D’autres fonds de pension publics scandinaves et européens se rallient souvent à ses décisions.

Il ne fait aucun doute que le filtrage (l’inclusion ou l’exclusion d’actifs sur la base de critères spécifiques) demeure un processus important pour les investisseurs scandinaves et européens de manière générale. Toutefois, cela ne devrait pas détourner l’attention des récentes évolutions. L’investissement responsable, tel que nous l’entendons aujourd’hui, doit inclure la compréhension de tous les facteurs ESG qui peuvent avoir des conséquences sur la situation financière d’une entreprise. Certains pays ont mieux réussi que d’autres à adopter cette définition plus moderne.

En France, l’ISR (l’Investissement Socialement Responsable) a été dominé par des questions sociales, ce qui reflète les préoccupations du pays pour le travail et l’environnement. Par exemple, la loi de 2017 relative au devoir de vigilance exige que les entreprises surveillent correctement leurs activités et leurs chaînes d’approvisionnement. Les entreprises doivent respecter des obligations en matière de santé, de sécurité, d’environnement et de droits de l’homme.

A contrario, d’autres pays européens, tels que l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, ont mis plus de temps à intégrer les problématiques ESG. Certains organismes régionaux, tel que le Swiss Sustainable Finance, promeuvent le rôle de l’ESG dans l’investissement. Mais, globalement, tandis que ces pays maintiennent un système de filtre, nous n’avons observé qu’un faible intérêt des investisseurs pour l’intégration des critères ESG dans les processus d’investissement, ou sur les questions telles que le changement climatique.

Marchés Émergents Internationaux

Ces 20 dernières années, les marchés émergents internationaux ont surtout rattrapé leur retard en matière d’intégration des problématiques ESG.

Les raisons de cette intégration plus lente sont assez simples, mais présentent de multiples facettes, qui varient d’un pays à l’autre.

En général, la langue constitue la plus grande barrière pour les investisseurs institutionnels étrangers. De nombreuses entreprises ne font pas traduire les informations relatives à l’ESG qu’elles fournissent en anglais. Le manque de structures ou d’organisations de surveillance appropriées sur ces marchés est un second obstacle.

Le manque d’infrastructures appropriées a également eu des conséquences en matière de contrôle et de réglementation gouvernementale.

Pour améliorer les normes ESG, les esprits des investisseurs doivent continuellement évoluer ; à leur tour, ces derniers façonneront leurs attentes vis-à-vis des entreprises dans lesquelles ils investissent.

Pour améliorer les normes ESG, les esprits des investisseurs doivent continuellement évoluer ; à leur tour, ces derniers façonneront leurs attentes vis-à-vis des entreprises dans lesquelles ils investissent. Nous voyons cela se produire lorsque les gouvernements et les grandes entreprises le comprennent.

L’empreinte carbone, les droits de l’homme et la diversité apparaissent comme des thèmes importants qui encourageront à au moins cocher toutes les cases d’une liste de normes de base. Cependant, ceci devrait se muer en une analyse plus profonde et plus fine à mesure que le dialogue entre les entreprises et les investisseurs progresse.

Asie

Les entreprises asiatiques ont mis plus de temps que celles situées dans d’autres parties du monde à intégrer les principes ESG dans les stratégies commerciales. Mais il y a des signes d’amélioration.

Les investisseurs et les gestionnaires d’actifs montrent davantage d’intérêt et font pression sur les entreprises. Par exemple, le fonds de pension gouvernemental du Japon (GPIF) a annoncé son intention d’augmenter les allocations aux investissements liés à l’ESG de 3 à 10 %. Cela représente près de 29 milliards de dollars, ce qui est suffisant pour influencer le comportement des entreprises. Entre temps, les gérants de fonds ont signé des accords reconnus au niveau international.

En conclusion

De manière générale, l’analyse ESG a évolué au-delà du simple filtre, bien que celui-ci reste au cœur de l’ESG dans de nombreux pays.

Le marché a évolué vers un examen plus large des risques et opportunités ESG liés aux actifs à moyen et long terme. Le cœur de l’analyse ESG est de comprendre tous les aspects d’un investissement et d’être un investisseur actif une fois l’investissement réalisé.

Indépendamment du pays, nous avons constaté que les investisseurs et les gestionnaires d’actifs participent au changement de manière fondamentale. Les gérants de fonds à travers le monde se sont montrés désireux de prouver leur engagement envers les principes ESG. Cependant, l’investissement responsable ne peut se résumer à une liste de cases à cocher. Un respect superficiel ne bénéficie à personne à long terme.

Nous avons présenté seulement quelques pays qui soulignent les différences observées en matière d’investissement responsable dans le monde. Pour lire notre « White Paper » complet, n’hésitez pas à consulter notre site Internet.

Aberdeen Standard Investments

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Aberdeen Standard Investments est un gérant d'actifs mondial de premier plan qui a à cœur de créer de la valeur à long terme pour ses clients. Pour ce faire, nous mettons au service de nos clients une large palette d’investissements, ainsi qu’ un service de grande qualité.

Nous gérons €587.6 milliards* d’actifs à travers 80 pays grâce au savoir-faire de nos 1 000 spécialistes d’investissements et nos équipes support client disponibles dans nos 40 bureaux à travers le monde.

La marque Aberdeen Standard Investments a été créée en 2017 dans le cadre de la fusion d’Aberdeen Asset Management PLC et de Standard Life Plc pour former Standard Life Aberdeen plc.

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