Le monde post-Covid devrait signer le retour en force des petites et moyennes capitalisations

Malgré la désaffection des investisseurs ces dernières années, les petites et moyennes valeurs constituent toujours une sérieuse opportunité d’investissement. En modifiant en profondeur les comportements des consommateurs et des industriels, la crise de la Covid-19 a mis en lumière la nécessité de revenir à une production plus locale et à une consommation plus responsable et plus digitalisée. Autant d’éléments qui devraient permettre aux PME de tirer leur épingle du jeu.
Funds Watch

Depuis plus de trois ans, les petites et moyennes capitalisations boursières ne bénéficient plus des faveurs des investisseurs. Après une période faste entre 2015 et 2017, les épargnants ont en effet tourné le dos à cet univers d’investissement, privilégiant soit les grandes capitalisations de la cote soit l’épargne bancaire de précaution. Résultat : depuis trois ans, l’univers des « smalls » et « midcaps » a connu une longue période de décollecte. Mais en ce début d’année 2021, la tendance pourrait radicalement s’inverser pour ces petites et moyennes entreprises cotées en Bourse.

Des changements profonds de comportements

De fait, les « smalls » et « midcaps » devraient rapidement susciter un fort regain d’intérêt chez les investisseurs. A cet égard, la crise sanitaire que nous traversons depuis un an a servi à la fois de révélateur et d’accélérateur de tendances déjà amorcées depuis plusieurs années. Comme toute crise, la pandémie de la Covid-19 a révélé de profonds changements de comportements de la part de l’ensemble des agents économiques.

Les consommateurs, tout d’abord, se sont de plus en plus tournés vers le digital et l’e-commerce. Une tendance qui implique à la fois une plus grande vigilance au prix et une volonté manifeste de se divertir autrement, en consommant de plus en plus de contenus et de divertissement à leur domicile. Ainsi, lors de la sortie de crise, les consommateurs chercheront encore plus qu’avant de nouvelles manières de se divertir et de passer leurs vacances, en jouant davantage la carte du local et du plein air après plus d’un an de multiples confinements. Cette situation devrait bénéficier à certaines entreprises, à l’instar de Fountaine Pajot, leader mondial du catamaran qui pourrait être porté par une nouvelle façon de voyager, ou Xilam, producteur de contenus pour les enfants qui bénéficie de l’essor des plateformes de vidéos à la demande.

Un nouveau paradigme

Les industriels et les chefs d’entreprises doivent eux aussi faire évoluer leurs comportements à l’issue de cette crise. Soumis à une forte pression sur leur rentabilité, ils sont aujourd’hui contraints de flexibiliser davantage leur structure de coûts. En parallèle, dans un monde qui souhaite simplifier ses chaînes logistiques – souvent jugées trop complexes – les chefs d’entreprises doivent davantage jouer la carte de la production locale avec de la main d’œuvre elle-même locale. Une manière par ailleurs d’apporter une réponse tangible à la conscience écologique de plus en plus forte de la société qui privilégie les circuits courts en matière de consommation. Ainsi, les industriels se doivent de relocaliser un certain nombre de leurs activités pour se rapprocher des consommateurs.

Au regard de ces différents enjeux, il apparaît que les petites et moyennes capitalisations auront bien moins à se réinventer que les grandes entreprises. Et pour cause : alors que les grandes entreprises ont pleinement joué la carte de la mondialisation, les petites et moyennes entreprises ont, par construction, des empreintes géographiques plus étroites, plus locales. Ce nouveau paradigme prônant l’adoption d’un comportement ESG ou responsable et militant pour davantage de production locale et « Made In France » devrait largement favoriser les « smalls » et « midcaps », au détriment des grandes capitalisations.

Une approche private equity

Si les vents s’annoncent porteurs pour le segment des petites et moyennes valeurs cotées, tout l’enjeu pour l’investisseur ou l’épargnant réside dans sa capacité à identifier les bonnes entreprises sur lesquelles s’exposer tant l’univers d’investissement est vaste et hétéroclite. Adopter une approche reposant sur méthode d’analyse proche de celle du « private equity » constitue, à cet égard, une solution idoine. Cette démarche permet en effet de s’orienter vers des sociétés disposant d’une structure financière saine et solide, bénéficiant d’une certaine récurrence dans leurs activités tout en ayant fait la preuve par le passé de leur capacité à déployer une croissance rentable sur la durée et, enfin, proposant des services ou des produits à forte valeur ajoutée. De la sorte, si une crise avait un impact sur ces entreprises, elle ne remettrait pas fondamentalement en cause leur pérennité et pourrait même engendrer une certaine revalorisation des « survivants ». Cette analyse doit toutefois s’accompagner d’une parfaite intégration des critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG) afin de privilégier les entreprises les plus vertueuses et, ainsi, répondre aux attentes des investisseurs en matière de développement durable.

À l’heure où l’avenir s’annonce promoteur pour les entreprises qui feront le choix d’une production locale et responsable, plus en phase avec les nouvelles attentes et les nouveaux comportements des consommateurs, cette approche « private equity » doit permettre aux investisseurs de saisir les meilleures opportunités dans l’univers des petites et moyennes capitalisations. Un segment qui devrait signer un réel retour en force dans le monde post-Covid qui s’annonce.

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