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Stratégies climatiques : les réductions d’émissions ne se feront pas forcément là où vous le croyez

Pour une part grandissante des investisseurs, la compréhension des stratégies climatiques des entreprises est désormais devenue cruciale dans l’évaluation des risques financiers inhérents à leurs portefeuilles.

Ces stratégies sont souvent définies autour d’un objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) plus ou moins en ligne avec l’effort mondial pour limiter le réchauffement à +1,5°. Et cet objectif global repose à son tour sur des objectifs de réduction par « périmètres », les fameux scope 1, scope 2, scope 3 (voir ci-dessous tableau 2).

L’objet de notre tribune est double :

  • souligner l’importance du scope 3 dans les émissions totales
  • mettre en lumière combien les ambitions actuelles de réduction d’émissions ne reposent non pas sur les entreprises elles-mêmes mais plus souvent sur leurs fournisseurs ou leurs clients.

Le Scope 3 : c’est là que se joue la lutte contre le réchauffement climatique

• Les scopes 1 et 2 évaluent respectivement les émissions de gaz à effet de serre directes et les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie d’une société. C’est en quelque sorte la mesure des émissions sur les lieux de production (usines, ateliers, entrepôts…). Son évaluation est fastidieuse mais relativement aisée. Comme le met en lumière le tableau 1 ci-dessous, les scopes 1 & 2, directement contrôlables par les sociétés ne représentent qu’une part assez modeste des émissions totales (0.4% pour Schneider, 4% pour Danone, 32.6% pour Saint Gobain…).

• Le scope 3 évalue pour sa part les émissions indirectes de l’entreprise dans leur intégralité, pour chaque étape de la chaîne de valeur. On distingue deux types d’émissions :

– Les émissions en amont de la production (upstream), qui reflètent notamment l’activité des fournisseurs (fabrication, transport…).

–  Les émissions en aval (downstream), qui expriment l’usage des produits et services y compris par les clients (comme un conducteur automobile par exemple) jusqu’à la fin de leur cycle de vie.

Il n’est donc pas étonnant que ce scope représente la part la plus conséquente des émissions d’une entreprise. Comme le met en évidence le tableau 1 ci dessous, les émissions du scope 3 peuvent représenter largement plus de 20 fois les émissions des scopes 1 et 2 (cas de Daimler, Schneider, Danone), voire la totalité (L’Oréal).

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