Hebdo des Marchés | La politique chinoise penche vers davantage de souplesse (Amundi)

Suite à la réunion du Politburo qui a réclamé une intensification des politiques macroéconomiques de soutien, le Conseil d’État chinois et la PBoC (banque centrale chinoise) se sont exécutés lundi, tandis que de nouvelles mesures sont encore attendues. La volonté générale d’assouplissement reste mesurée et sélective, par rapport au reste du monde.

Suite à la réunion du Politburo qui a réclamé une intensification des politiques macroéconomiques de soutien, le Conseil d’État chinois et la PBoC (banque centrale chinoise) se sont exécutés lundi, tandis que de nouvelles mesures sont encore attendues. La volonté générale d’assouplissement reste mesurée et sélective, par rapport au reste du monde.

  1. Sur le plan budgétaire, le gouvernement s’engage à augmenter le déficit budgétaire en se finançant par une augmentation des émissions d’obligations d’État. Les exonérations d’impôts et les subventions pour l’achat de véhicules propres seront étendues.
  2. En ce qui concerne la politique monétaire, la PBoC a réduit de 20 points de base le taux des prises en pension (reverse repo) à 7 jours, ramenant celui-ci à 2,2% lundi, ce qui laisse espérer une baisse correspondante du taux de référence des prêts bancaires (LPR) le 20 avril prochain. Une réduction ciblée du ratio des réserves obligatoires (RRR) est également probable. Le RRR pour les banques de plus petite taille a été abaissé d’un point de pourcentage, libérant ainsi 400 milliards de RMB de liquidités. Pour l’heure, le risque d’une deuxième vague épidémique en Chine n’est pas une menace majeure pour la reprise : jusqu’à présent, le nombre de cas  asymptomatiques a légèrement dépassé le millier, tandis que le nombre de personnes sous observation médicale – un indicateur permettant de tracer les infections potentielles – est désormais nettement moins élevé que lors du pic (20 000 contre 190 000 le 7 février). Malgré les inquiétudes, la reprise générale de l’économie est en bonne voie, comme le montrent les dernières statistiques à haute fréquence. En revanche la faiblesse de la demande mondiale pourrait constituer un risque baissier plus important. Les indices PMI asiatiques (indicateur mesurant le sentiment de confiance des directeurs des achats des entreprises) ont plongé en raison de la chute des commandes et de la production : le PMI manufacturier de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) est tombé à 43,3 en mars, son niveau le plus bas depuis la création de l’enquête en juillet 2012. Les détériorations sont visibles dans tous les pays, Singapour étant le plus gravement touché. Les PMI de la Corée et du Japon ont continué à s’affaiblir en mars. À Taïwan, malgré une amélioration de l’indice PMI global, les commandes et la production ont encore reculé. En Chine, les PMI ont fortement rebondi en mars, reflétant une amélioration séquentielle après l’importante mise à l’arrêt des activités en février.
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