[Le rendez-vous du lundi] : L’Europe avance, les US résistent, la chine s’essouffle​

Trois zones, trois dynamiques… Si le titre que nous avions utilisé pour notre point macroéconomique mensuel d’octobre 2020 reste toujours d’actualité, les dynamiques, quant à elles, ont en revanche changé de camp.​

En Europe, le momentum est toujours aussi solide. Après la révision à la hausse de la croissance au deuxième trimestre à 2.2%, le troisième trimestre devrait être tout autant dynamique. Malgré l’inflexion des PMI, signe que le pic de croissance est derrière nous, la zone euro peut compter sur la bonne tenue de la consommation qui devrait croître de 3.7% cette année et de 7.0% l’année prochaine selon Oxford Economics grâce à l’amélioration de l’emploi et des salaires mais également grâce au stock d’épargne accumulé pendant la crise et qui devrait soutenir la demande. Par ailleurs, la zone euro dispose de relais de croissance supplémentaires comme le tant attendu plan de relance de l’Union Européenne, qui sera bénéfique pour l’investissement, et le soutien indéfectible de la BCE. Même si, sur ce dernier point, les deniers chiffres d’inflation ont relancé le débat sur les prévisions de l’institution que certains des ses membres jugeraient sous-estimées.​

Aux Etats-Unis, alors que tous les indicateurs pointaient vers un ralentissement de l’économie, les ventes au détail ont été plus résilientes qu’anticipées (+0.7% en août contre -0.7% attendues). Après les chiffres de juillet revus à la baisse (-1.8% contre -1.1%), les ventes ressortent en croissance de 15.1% sur un an. Ces chiffres reflètent les dernières actualités américaines : baisse dans les loisirs ou stabilité dans la restauration suite à la reprise de la crise sanitaire et augmentation des ventes de matériaux de construction et des produits alimentaires après le passage de l’ouragan Ida. S’il est important de noter que ces chiffres sont calculés en valeur, et profitent donc de la hausse des prix des biens, ils montrent néanmoins une certaine adaptation à la Covid-19 dans les habitudes de consommation avec une hausse importante des ventes sur Internet. ​

Enfin, en Chine, outre des indicateurs économiques en demi-teinte (les ventes aux détails sont ressorties largement sous les attentes sur fond de faiblesse de la demande), le point qui focalise l’attention des marchés financiers reste la déconfiture d’Evergrande. La situation du groupe, au bord de la faillite (Evergrande doit normalement payer 83.5M$ d’intérêts cette semaine), est le reflet des excès de la frénésie immobilière qui a longtemps porté l’économie chinoise. Reste à savoir si l’Etat chinois laissera tomber le conglomérat, tiraillé entre la volonté de ne pas donner un blanc-seing aux marchés financiers (la prospérité commune voulue par Xi Jinping n’a jusqu’à présent pas été très bénéfique pour les marchés) et l’impact que pourrait avoir une telle faillite, les banques chinoises étant les principales exposées. Nous surveillons activement le risque de contagion qui commence à se matérialiser à plusieurs niveaux : les autres promoteurs immobiliers chinois dévissent en bourse, tout comme les banques chinoises. L’impact sur l’activité immobilière future en Chine étant significatif, les cours des métaux de base corrigent entraînant dans leur sillage les grands mineurs (BHP, RIO TINTO). Enfin, selon nos connaissances actuelles, les banques occidentales seraient peu exposées directement à la dette d’Evergrande. Mais, comme souvent dans pareille situation, il faudra du temps pour voir toutes les conséquences de la chute de ce colosse aux pieds d’argile.​

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