Les labels venant valider les offres d’investissement socialement responsable (ISR) en Europe ne sont pas une création récente mais se sont multipliés et développés ces dernières années. Il serait facile d’y voir une nouvelle ingérence « bureaucratique » qui complique la tâche des gérants d’actifs et accroît les coûts. La réalité est tout autre.

Les labels venant valider les offres d’investissement socialement responsable (ISR) en Europe ne sont pas une création récente mais se sont multipliés et développés ces dernières années. Il serait facile d’y voir une nouvelle ingérence « bureaucratique » qui complique la tâche des gérants d’actifs et accroît les coûts. La réalité est tout autre.

Ces certifications permettent de normaliser l’offre en garantissant la qualité de la gestion financière durable alors que le marché de l’investissement socialement responsable en Europe représente 496 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

Il est donc important de comprendre comment ces labels sont attribués et quel rôle ils jouent dans le marché de la gestion d’actifs.

Se garder du « Greenwashing » 

En contrôlant la méthodologie ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et le processus d’engagement des gérants d’actifs, ces labels apportent une transparence bienvenue sur ces sujets.

Pour le dire un peu crûment, ils protègent les investisseurs du phénomène de « verdissage » ou « d’écoblanchiment » (Greenwashing) qui a pu exister par le passé en s’assurant que l’approche ESG est conduite avec rigueur et communiquée en toute transparence aux investisseurs.

Toutes les approches sont couvertes

Les labels peuvent être conçus dans une optique ESG complète ou retenir des critères plus spécifiquement axés sur l’environnement ou, plus rarement, sur les aspects sociaux en priorité.

Leur méthodologie de construction prend en compte les deux approches retenues traditionnellement dans le cadre de l’investissement durable :

  • privilégier les critères positifs –best-in-class- ou
  • pratiquer l’exclusion de secteurs et/ou de titres.

Pas encore d’unité des labels en Europe

Les labels européens sont pour le moment nationaux (France, Belgique, Luxembourg, Autriche) ou, plus rarement, transfrontaliers (Suisse-Allemagne-Autriche pour le FNG-Siegel[1], pays nordiques pour le Nordic Ecolabel[2]) mais il n’existe pas de label ISR européen.

La taxonomie de l’Union européenne, en voie de finalisation, ouvre la voie à un Ecolabel sur les produits financiers souhaité par la Commission européenne. Il ne devrait pas être mis en place avant 2022.

Panorama des labels

France – https://www.lelabelisr.fr/

Soutenu par le Ministère des finances. Le label ISR a remplacé les labels développés par l’agence Novethic. Au 15 janvier 2020, 337 fonds (de 63 sociétés de gestion) avaient été labélisés pour un encours de 136 milliards d’euros. Ce label certifie que la sélectivité ESG mise en place dans le fonds est suffisante. Il prend également en compte l’engagement et la politique de vote en assemblée générale et réclame une parfaite transparence. Il exige la mise à disposition du public d’un document (le code de transparence) qui présente et définit la méthodologie ESG. BNPP AM a désormais plus de 40 fonds labellisés (actions, obligations, monétaires, indiciels) pour 30 milliards d’actifs sous gestion, ce qui en fait le premier gérant d’actifs ISR selon ce label.

France – https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/label-greenfin

Soutenu par le Ministère de la transition écologique et solidaire. Il était auparavant appelé label TEEC. Il est orienté sur la transition énergétique et écologique pour le climat et ne couvre donc pas toute l’approche ESG.

France – https://www.finansol.org/pourquoi-un-label/

Créé en 1997, Finansol est un label pour la finance solidaire qui ne s’applique pas qu’aux fonds mais aux produits d’épargne en général. Un comité d’experts indépendants va s’assurer que 5 % à 10 % des actifs sont investis dans des activités solidaires, le reste du portefeuille respectant les critères ESG. Il retient l’attention dans le domaine de l’épargne-retraite et va probablement gagner en importance avec l’entrée en vigueur de la loi Pacte.

Belgique – https://www.towardssustainability.be/fr

Développé par la Fédération belge du secteur financier et délivrée par une seule structure, Ethibel, qui s’assure la collaboration de deux universités reconnues dans ce domaine. Pour commercialiser en Belgique un fonds sur le thème de l’investissement durable, ce label est obligatoire, ce qui explique que, malgré sa création récente (2019), 320 fonds soient déjà labellisés pour un encours de 138 milliards d’euros. La construction de ce label repose sur plusieurs piliers : des exclusions sectorielles, l’intégration classique des critères ESG dans leurs trois dimensions, le suivi d’une ou plusieurs stratégies ISR (Best-in-class, norms-based screening, investissement sur le thème de la durabilité, …)   80 fonds de BNPP AM (actions, obligations, monétaires, diversifiés, indiciels et structurés) ont obtenu ce label pour 53 milliards d’encours.

Luxembourg – LuxFLAG

L’agence luxembourgeoise est une association internationale indépendante à but non lucratif. Les labels Luxflag ne sont pas ceux qui regroupent le plus de fonds (183 à fin décembre 2019 contre 320 pour le label belge et 321 pour le label français ISR à la même date). La déclinaison du label en trois sous-catégories (Environnement, ESG et Climate change) a tendance à brouiller le message, les gérants d’actifs se concentrant sur l’obtention du label ESG.

Quelle est notre ligne de conduite en la matière ?

Il n’est pas question pour BNPP AM de se lancer dans une course à la labellisation à tout prix. Nous considérons en effet que si l’obtention d’une certification ne peut se faire qu’avec une distorsion trop importante de nos processions de gestion, elle n’est plus dans notre intérêt ni dans celui de nos clients. Par exemple, le label allemand propose une exclusion assez stricte de la filière nucléaire que nous ne souhaitons pas, pour le moment, mettre systématiquement en œuvre.

Par ailleurs notre Stratégie Globale « Sustainability » correspond à une définition claire de l’investissement durable et de la façon dont il est appliqué aux processus de gestion, c’est-à-dire précisément les éléments contrôlés par les instituts de certification.

Souhaitons que l’intégration rigoureuse des critères ESG dans tous les processus de gestion, mise en place chez BNPP AM, devienne la nouvelle norme pour notre industrie.

BNP Paribas AM

BNP Paribas AM

BNP Paribas Asset Management est le métier gestion d'actifs de BNP Paribas, une des institutions financières les plus importantes au monde. Fort d'un encours sous gestion et conseillé de 557 milliards d'euros au 30 septembre 2018, BNP Paribas Asset Management offre une gamme complète de solutions d'investissement actif, passif et quantitatif, dans un large spectre de classes d'actifs et de zones géographiques.

Avec plus de 700 professionnels de l'investissement et près de 600 collaborateurs dédiés à la relation clients, BNP Paribas Asset Management s'adresse aux particuliers, aux entreprises et aux institutions dans 70 pays. Depuis 2002, BNP Paribas Asset Management est un acteur majeur de l'investissement durable et responsable.

Pour plus d'information, rendez-vous sur bnpparibas-am.com

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