En février, la nouvelle d’une pause dans le cycle de hausses des taux d’intérêt américains et la perspective d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ont dominé l’actualité.

En février, la nouvelle d’une pause dans le cycle de hausses des taux d’intérêt américains et la perspective d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ont dominé l’actualité.

  • Les fondamentaux joueront un rôle clé à moyen terme – Alors que les investisseurs se concentraient plutôt sur la pause de la Réserve fédérale américaine dernièrement, nous pensons que les fondamentaux économiques et des entreprises dicteront à terme de nouveau l’évolution des marchés. Nous suivons de près la tendance des résultats.
  • Détérioration en vue des rendements corrigés du risque – Malgré le rebond des actions depuis le début de l’année, nous anticipons toujours un changement de régime qui se traduira par une baisse des rendements et un retour de la volatilité alors que l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE) par les banques centrales touche à sa fin.

Deux sujets brûlants ont influencé les marchés en février : la suggestion d’une pause dans le cycle de durcissement monétaire par la Fed et les progrès dans les négociations sino-américaines en vue d’un accord commercial.

  • Concernant le premier point, les dirigeants monétaires ont laissé les taux d’intérêt inchangés lors de leur réunion du 31 janvier, publiant ensuite une déclaration plutôt conciliante qui s’est surtout abstenue de parler de nouvelles hausses.
  • S’agissant des craintes de guerre commerciale, les rapports d’une progression dans les négociations entre les États-Unis et la Chine ont ravivé les espoirs d’un accord entre les deux grandes nations.

Ces deux facteurs ont dopé les marchés d’actions, mais les performances de février sont néanmoins ressorties inférieures à celles de janvier. Sur le plan régional, le marché américain a poursuivi son ascension, l’indice S&P 500 flirtant avec les 2800 points (soit un gain d’environ 4 % sur un mois). En Europe, les actions de la zone euro et du Royaume-Uni ont progressé en ligne avec les autres pays développés. Les marchés européens se sont inscrits en hausse, notamment après les commentaires à propos de nouvelles injections de liquidités via des opérations TLTRO donnés lors d’une interview avec un membre du directoire de la BCE, Benoît Coeuré. Ses propos ont été confirmés ultérieurement par l’économiste en chef et membre du directoire Peter Praet (bien qu’une décision doive encore être prise) et ont permis aux banques européennes de surperformer.

Graphique 1: Performance des diverses classes d’actifs en février 2019 : maintien de l’appétit pour le risque

Source : Bloomberg et BNPP AM, au 28/02/2019

Compte tenu de l’appétit pour le risque dans les marchés d’actions, les principaux marchés d’obligations d’État ont globalement stagné ou légèrement augmenté dans un contexte monétaire plutôt tolérant. Les obligations périphériques de la zone euro ont sous-performé (en négatif sur le mois mais toujours en positif depuis le début de l’année) dans un contexte d’incertitude à propos du résultat des élections espagnoles et de l’impact du populisme italien. Les Bunds allemands se sont par contre bien comportés.

La saga du Brexit s’est poursuivie, alors que se rapproche la date butoir, fixée à fin mars, pour le départ du Royaume-Uni de l’UE. La Première ministre Theresa May a essuyé une nouvelle défaite au Parlement. D’autres scrutins sont prévus, mais l’indécision règne, d’autant que Bruxelles se montre réticente à discuter de nouvelles conditions pour la sortie du Royaume Uni.

Du côté des devises, l’USD n’a semble-t-il pas souffert de la décision de la Fed de marquer le pas. Il s’est légèrement apprécié durant le mois grâce à une certaine faiblesse en Europe. Le JPY, généralement considéré comme défensif, a fléchi et sa corrélation historiquement positive avec l’or est devenue négative. Depuis le début de l’année, l’or a davantage profité de la baisse des taux réels que du sentiment envers le risque.

Ailleurs, l’énergie a surperformé dans les matières premières. Le pétrole s’est ressaisi en raison des tensions politiques et sociales au Venezuela, d’une forte demande en Chine et des baisses de production par l’OPEP, en particulier l’Arabie saoudite.

Les chiffres macroéconomiques soulignent la robustesse de l’économie américaine, tandis que ceux de l’Europe sont apparus moins brillants, principalement au Royaume-Uni et en Allemagne. L’économie britannique risque clairement un Brexit sans accord, tandis que le ralentissement de l’économie allemande suscite l’inquiétude pour l’ensemble de l’économie européenne dont elle est le moteur depuis des années.

Les derniers résultats des entreprises sont mitigés : les États-Unis surprennent en général positivement, tandis que l’Europe déçoit. Le Japon se situent entre les deux, avec des surprises globalement positives.

BNP Paribas AM

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