Pour de nombreuses raisons, 2020 est déjà une année exceptionnelle. Avant tout, ce nouveau coronavirus nous a rappelé à quel point le monde est vulnérable à une pandémie. Face au marasme économique, la réponse des banques centrales (de type « whatever-it-takes », c’est-à-dire « quoi qu’il en coûte ») a été la plus rapide jamais vue. Ces injections massives de liquidités ont permis un rebond des actions qui a ramené les principaux indices proches des niveaux qui prévalaient début 2020. Un tel parcours soulève des questions tant sur la phase baissière que sur la hausse qui a suivi.

Depuis le début de l’année, les stratégies multifactorielles actions connaissent une sous-performance. Les investisseurs ayant un horizon d’investissement à long terme peuvent considérer cette sous-performance comme un événement de « court terme ». Lorsque nous analysons, concevons et mettons en œuvre des stratégies d’investissement systématiques et factorielles, nous considérons toujours les événements de court terme comme des événements exceptionnels et non prévisibles. Néanmoins, la crise du Covid-19 est l’occasion de revoir, confirmer et, si nécessaire, améliorer nos stratégies d’investissement factoriel.

LES RAISONS DE LA RÉCENTE SOUS-PERFORMANCE DES STRATÉGIES MULTIFACTORIELLES ACTIONS

Au cours des dernières années, les stratégies multifactorielles actions ont sous-performé les indices traditionnels pondérés par les capitalisations. Depuis le début de 2020, les turbulences sur les marchés ont exacerbé cette tendance. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer ce résultat :

  • La sous-performance continue des actions sous-évaluées (« Value ») par rapport aux valeurs de qualité et de croissance est l’une des principales raisons. Ce cycle de sous-performance du style Value est désormais le plus long jamais observé. Les stratégies multifactorielles actions sont conçues pour profiter du facteur Valorisation (ou Value). Cette exposition Value a pesé sur leur performance ces dernières années.
  • Les considérations de diversification et de contrôle des risques impliquent que la plupart des stratégies multifactorielles actions sous-pondèrent les grandes et méga-capitalisations. Cette sous-pondération a inclus les grands acteurs américains du secteur des technologies de l’information. Or, la surperformance de ces valeurs a été une caractéristique des marchés actions ces dernières années, y compris lors de la crise du Covid-19. Par ailleurs, les grandes capitalisations se sont mieux comportées que les petites. Ces sous-pondérations ont donc fortement pénalisé la performance des stratégies multifactorielles.
  • Enfin, les stratégies multifactorielles actions peuvent afficher des écarts significatifs d’exposition sur les valeurs et les secteurs par rapport aux indices traditionnels. Par exemple, les stratégies multifactorielles étaient fortement surpondérées sur la finance, l’industrie et la consommation non cycliques. A contrario, elles étaient fortement sous-pondérées sur le secteur technologique et les services de communication, ce qui a pesé sur la performance.

Notre approche multifactorielle sur les actions vise à construire des portefeuilles en privilégiant les entreprises les moins chères (Valorisation ou Value), les plus rentables et les mieux gérées (Qualité ou Quality), les moins risquées (Faible volatilité ou Low Vol), et sur une tendance porteuse (Momentum). Lors de la forte remontée que viennent de connaître les actions développées, l’exposition à ces facteurs n’a pas donné les résultats escomptés. En effet, le rebond à court terme s’est fait surtout sur des valeurs et des secteurs très spécifiques, qui ne ressortaient pas d’un point de vue factoriel.

A LONG TERME, LES FACTEURS APPORTENT UNE SURPERFORMANCE DURABLE

Nos stratégies multifactorielles actions ont été conçues pour améliorer le profil risque/rendement à long terme par rapport aux indices de marché traditionnels. Au cours de la phase de recherche, nous sélectionnons soigneusement les facteurs présentant les caractéristiques décrites dans le graphique 1 :

Graphique 1 :

La condition nécessaire est qu’un facteur puisse être associé à une surperformance sur le long terme et universelle en ce sens que l’efficacité d’un facteur (i.e. cette surperformance) ne doit pas s’inverser selon les régions ou les périodes, même si elle peut varier. Ensuite, de notre point de vue, il faut pouvoir expliquer rationnellement pourquoi cette performance est observée. Il est également impératif qu’un facteur ne comporte pas de biais structurels qui expliqueraient, davantage que le facteur lui-même, les résultats. Par ailleurs, il faut veiller aux conditions pratiques d’investissement qui demandent qu’un facteur n’impose pas une rotation trop importante des valeurs et s’assurer que les différents facteurs apportent de l’information les uns par rapport aux autres. Leur faible corrélation entre eux, en particulier dans les phases d’événements extrêmes, assure leur complémentarité.

Les inefficiences, ou anomalies de marchés, qui ne se corrigent pas avec le temps, expliquent l’existence et la persistance des « primes factorielles ». Il n’est pas facile de déterminer les raisons exactes de l’apparition de ces anomalies de marché. Parmi les explications plausibles, citons :

  • Structure de marché : certaines caractéristiques structurelles des marchés financiers peuvent expliquer les inefficiences – d’où l’existence de sources d’alpha durables.
  • Biais comportementaux des investisseurs : les décisions d’investissement peuvent être influencées par des caractéristiques comportementales humaines.
  • Contraintes des investisseurs : les inefficiences de marché peuvent également résulter de contraintes particulières imposées aux investisseurs. Celles-ci peuvent inclure des restrictions sur l’utilisation de l’effet de levier, la vente de titres à découvert et/ou une faible tolérance pour le taux de rotation d’un portefeuille (par exemple pour des raisons fiscales ou autres).

Dans le graphique 2 ci-dessous, nous mettons en évidence des périodes de sous-performance pour chaque facteur, en particulier Value, au cours des dernières années. Celles-ci sont atténuées par la combinaison pondérée en budget de risque dans un cadre multifactoriel. Il est clair que certains facteurs peuvent être sujets à des perturbations à court terme, mais à long terme, la combinaison des facteurs Quality, Low vol, Momentum et Value génère une surperformance durable, en particulier lorsque le cadre de construction de portefeuille est efficace et rigoureux.

Graphique 2 :

Nous sommes convaincus que nos stratégies multifactorielles ont le potentiel de générer une surperformance durable à long terme tout en contrôlant le risque et en intégrant des objectifs de durabilité et de réduction de l’empreinte carbone du portefeuille.

AVANTAGES D’UNE RECHERCHE SYSTÉMATIQUE ET RIGOUREUSE

Nos gestions quantitatives actions travaillent en étroite collaboration avec notre équipe de recherche quantitative (Quantitative Research Group) pour revoir, affirmer et améliorer en permanence nos stratégies d’investissement factoriel. Une gouvernance stricte est appliquée sur la base de cycles de recherche triennaux.

Le cycle de recherche actuel (le quatrième) a débuté en 2018, ce qui signifie qu’à ce jour, nous nous trouvons au milieu de ce nouveau cycle. Il devrait déboucher sur un certain nombre d’améliorations méthodologiques. La philosophie d’investissement sera bien entendu maintenue. Nous restons très confiants dans notre capacité à générer de l’alpha positif à moyen et long terme.

Graphique 3 :

Le projet de recherche actuel revoit le processus d’investissement et le décompose en quatre grands domaines :

  1. Définition des facteurs : les quatre facteurs retenus sont des moteurs d’alpha durables (Value, Quality, Momentum, Low vol). A l’occasion de chaque cycle de recherche, nous analysons et enrichissons la liste des indicateurs utilisés.
  2. Modèle de risque : le modèle de risque intégrera les définitions des facteurs afin d’introduire une cohérence avec le modèle alpha et d’accroître la robustesse de la construction du portefeuille.
  3. Construction du portefeuille : l’objectif de la recherche est de réduire l’impact des contraintes du portefeuille sur les expositions cibles des facteurs.
  4. Attribution factorielle : l’objectif est d’utiliser la contribution de chaque facteur pour expliquer le rendement excédentaire de la stratégie.

LA CRISE DU COVID-19 FOURNIT UNE OPPORTUNITÉ DE RENFORCER ENCORE NOS EFFORTS DE RECHERCHE

Nous continuerons à travailler pour affiner et développer nos stratégies multifactorielles actions dans les années à venir afin d’atteindre leurs trois objectifs d’investissement :

  • Surperformance durable
  • Contrôle rigoureux des risques
  • Intégration des objectifs de durabilité.

Ainsi, alors que 2020 restera dans l’histoire comme l’année de la pandémie de Covid-19, ce sera également l’année au cours de laquelle nous avons accru nos efforts de recherche sur ces stratégies d’investissement clés pour BNP Paribas Asset Management.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

BNP Paribas AM

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A changing world offers many opportunities. It also brings challenges that develop our abilities and test our ambitions, views and determination.

At BNP Paribas Asset Management, we embrace these changes to make a difference to people's lives by adding sustainable value to their investments while contributing to a better world for future generations.

It’s a simple and strong proposition - and it’s at the heart of our company’s quest to become a leading provider of quality investment solutions for individual, corporate and institutional investors.

We manage assets across the globe, by staying true to our convictions and by keeping an open mind. And because we believe that responsibility and sustainability represent the way forward for our industry and our society, we are steadfast in our commitment to investing with the world in mind.

This is why we say: investing means the world to us.

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