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Election présidentielle italienne, les principaux enjeux

Après avoir été l’un des pays européens les plus impactés par la crise Covid en 2020, l’Italie a connu une année 2021 assez exceptionnelle à la fois sur le plan économique et politique. En effet, l’année a débuté avec l’arrivée de Mario Draghi comme Président du Conseil des ministres à la tête d’une coalition d’union nationale en février 2021.

 Ce changement de gouvernement a été perçu comme un gage de stabilité et d’action pro-européenne et s’est accompagné d’une nette progression de l’adhésion à l’euro dans l’opinion publique italienne. Ensuite, la croissance a connu un fort rebond (+5,8% selon les prévisions du FMI, +6% selon celles du gouvernement), dépassant largement les attentes de début d’année (4,5%) grâce aux mesures de soutien à la croissance, au regain de confiance et à une campagne de vaccination réussie. Enfin, le pays doit être l’un des premiers bénéficiaires du plan de relance européen Next Generation EU dont il a d’ailleurs reçu les premiers versements en fin d’année.

En 2022, l’Italie va devoir affronter plusieurs échéances importantes : tout d’abord, le ralentissement du soutien monétaire de la BCE, ensuite la nécessaire poursuite des réformes structurelles pour continuer de percevoir les fonds européens et enfin une échéance électorale majeure. En effet, le président de la Chambre des députés Roberto Fico a annoncé que le vote pour élire le président de la République qui succèdera à Sergio Mattarella débuterait le 24 janvier prochain à 15 heures. La question de savoir si Mario Draghi pourrait abandonner son rôle de Président du Conseil pour prendre la succession de Sergio Mattarella est au cœur des conjectures.

Ces élections sont-elles à même de provoquer une forme d’instabilité politique comme l’Italie en a connu à plusieurs reprises au cours des dernières années ? Peuvent-elles avoir un impact significatif sur le spread italien dans un contexte où la BCE sera un peu moins présente ?

Un processus de vote long et à l’issue difficilement prévisible

Le président de la République italienne est élu pour un mandat de 7 ans par un collège de grands électeurs qui comprend 1009 membres, 630 députés, 321 sénateurs et 58 délégués des régions. Le scrutin est libre et il n’est pas nécessaire d’être candidat pour recevoir des voix. Les 2 seules conditions d’éligibilité sont d’avoir la citoyenneté italienne et 50 ans minimum. Un tour de scrutin est organisé chaque jour et pour les 3 premiers tours, il faut obtenir une majorité des 2/3 pour être élu. A compter du 4ème tour, une majorité simple suffit, ce qui explique que le processus soit en général assez long. En 2015, Sergio Mattarella avait été élu au 4ème tour de scrutin.

L’issue du processus est difficile à prévoir car aucune coalition habituelle n’atteint la majorité des voix des grands électeurs. En effet, les coalitions de centre droit (Forza Italia, Ligue, Fratelli d’Italia) et de centre gauche (PD, 5 étoiles et Italia Viva) ne regroupent qu’environ 400 grands électeurs chacune. Les 5 étoiles et la Ligue détiennent 45% des voix des représentants et joueront donc un rôle décisif dans le processus de vote. Il semble impossible à un candidat d’émerger en l’absence du soutien de l’un de ces deux partis.

Pas de candidats officiels mais des noms circulent

Pour l’instant, aucun candidat n’est officiellement en lice même si Silvio Berlusconi a manifesté son intérêt et bénéficierait du soutien de Forza Italia et de Fratelli d’Italia (extrême droite) mais il semble peu probable qu’il obtienne une majorité dans la mesure où le PD et les 5 étoiles ont d’ores et déjà exclu de lui apporter leur soutien.

Des noms d’anciens Premiers ministres comme Giuliano Amato ou Paolo Gentiloni, celui de la Ministre de la Justice Marta Cartabia ou encore de Pier Ferdinando Casini, ancien président de la chambre des députés, circulent. Certains de ces profils peuvent être soutenus par plusieurs partis, ce qui constitue un atout dans un paysage politique très fragmenté.

Les modalités du scrutin rendent possible l’arrivée d’outsiders sans oublier l’hypothèse d’un second mandat pour Sergio Mattarella même si l’actuel président de la République a pour l’instant toujours répété qu’il n’était pas intéressé par cette option.

La question centrale reste néanmoins de savoir si Mario Draghi sera candidat ou pas au poste de président et quel impact cela aura sur la coalition de gouvernement. Sans s’être officiellement déclaré, Mario Draghi a néanmoins ouvert la porte à une potentielle participation en affirmant un peu avant Noël qu’il était « au service des institutions ». Il est probable que s’il était amené à se présenter, ce ne serait qu’en cours de scrutin afin de ne pas risquer un échec au 1er tour…

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