Devant les Nations Unies, Xi Jinping a créé la surprise en révélant cette semaine pour la première fois les objectifs de la Chine en matière de réduction des émissions de CO2.

Le principal émetteur de carbone atteindra son pic d’émissions en 2030. À partir de là, le pays inversera la tendance afin de devenir “carbone neutre” en 2060. Les modalités du nouveau plan sont inconnues, l’horizon de temps est lointain, l’objectif est ambitieux, mais le signal politique est fort. Les engagements chinois en matière d’écologie deviennent une arme géopolitique, une monnaie d’échange. Des concessions accordées en la matière peuvent atténuer certains griefs européens relevant du traitement des questions hong-kongaise et taïwanaise, de l’expansionnisme de la Chine en mer du sud, ou de son attitude à l’égard de certaines communautés. L’alignement de la Chine sur un objectif aussi vital pour la Commission européenne permet de renforcer des alliances et surtout d’isoler l’administration Trump, désormais solitaire dans son approche insoucieuse du réchauffement climatique.

Enfin, ce nouvel axe de la politique de Xi Jinping renforcera la coopération commerciale et technologique entre la Chine et l’Europe. Pour de nombreux secteurs industriels européens : éolien, bio-raffinage, capture du carbone, hydrogène, recyclage mais aussi matériaux de construction innovants, chimie, automobile… les débouchés commerciaux, déjà réels, devraient être conséquents sur le long terme. Dans ce contexte, l’allocation de capitaux sur la thématique ESG qui représente aujourd’hui seulement 3% des encours mondiaux des fonds de l’univers EPFR devrait continuer. Le vieux continent recueille aujourd’hui près des trois quarts de ces flux en raison de la prépondérance de son industrie verte mais également grâce la capacité de son industrie à se métamorphoser. L’annonce de la reconversion de la raffinerie de Grandpuits en bioraffinerie cette semaine en est un exemple supplémentaire. 500 millions d’euros d’investissements seront alloués à ce projet par Total, qui vient également d’annoncer ses objectifs pour le milieu du XXIème siècle : générer 40% de sa production à partir des renouvelables d’ici à 2050 contre 5% aujourd’hui et figurer ainsi parmi les cinq plus grands producteurs mondiaux d’énergie verte.

Texte achevé de rédiger le 18 septembre 2020 par Thomas Planell, Gérant – analyste.

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