Bilan de l’année 2019 et perspectives pour 2020 avec ses gérants, Augustin Picquendar et Thomas Planell.

Stock-picking équilibré et flexibilité accrue pour optimiser les moteurs de performance du fonds.

Compte tenu d’un environnement macroéconomique changeant, de la volatilité croissante des marchés financiers ‒ qui se trouvent de plus en plus corrélés aux événements politiques ‒ et du contexte historique de taux bas, le fonds a évolué au premier trimestre 2019 dans l’objectif d’apporter encore plus de valeur ajoutée sur le long terme.

Bilan de l’année 2019 et perspectives pour 2020 avec ses gérants, Augustin Picquendar et Thomas Planell.

En guise d’introduction, pouvez-vous expliquer le repositionnement du fonds opéré en début d’année ?

La pondération en actions du fonds (30-100%) est restée primordiale dans notre gestion mais nous avons fortement modifié sa composition et variabilisé sa géométrie.

Dès le début d’année, nous avons diversifié notre cœur de portefeuille désormais équilibré en termes de style entre valeurs de croissance (environ 60% du portefeuille actions) et valeurs cycliques et/ou value (40% de cette même poche).

Nous avons également diversifié notre empreinte géographique (stock-picking + futures vs stock-picking uniquement auparavant). Nous avons réduit le poids de la France, 55% (contre 70% fin 2018), au profit de positions plus conséquentes à ce jour sur :

  • l’Europe : 40% (contre 35-30% auparavant) en actions via le marché italien (futures FTSE MIB à hauteur de 5%) et en futures sectoriels (5%),
  • les Etats-Unis : 0% (contre jusqu’à 6% en cours d’année) en futures S&P500,
  • le Japon : 0% (contre jusqu’à 3% en cours d’année) en futures Nikkei, et
  • les pays émergents : 5% (contre aucune par le passé) en futures MSCI Emerging.

Le tout en sélectionnant des actions liquides ou des contrats futures dans l’objectif de rester très réactifs et d’éviter les problématiques de liquidité sur les marchés.

Nous utilisons en effet des stratégies indicielles pour moduler notre diversification géographique mais aussi le bêta(1) (0,8) du portefeuille. En fonction de nos anticipations, nous pouvons réduire le bêta par des postions short (vendeuses) sur des futures indiciels (Dax, Eurostoxx) et à l’inverse, l’augmenter par des positions longues (acheteuses) en Eurostoxx Banques par exemple.

(1) Le bêta est un outil de mesure du risque d’un actif notamment pour comparer la rentabilité d’un actif par rapport à celle du marché.

Nous avons aussi développé une gestion plus poussée du pilotage de la volatilité en utilisant des options. Nous essayons de tirer profit de l’évolution de la volatilité du marché pour couvrir le portefeuille vis-à-vis du risque :

  • systémique (2) via (achats de protected put (3) dans les phases d’écrasement de la volatilité), ou
  • spécifique (4) (ventes de call (5) sur les valeurs qui nous semblent à risque sur une période de résultats par exemple).
(2) Le risque systémique signifie qu’une économie entière est affectée.
(3) Un investisseur détenant au préalable des titres et voulant protéger sa position par un achat de put (option de vente) emploie la stratégie Protective Put.
(4) Le risque spécifique résulte uniquement d’éléments particuliers qui affectent tel ou tel titre.
(5) Le call est un contrat qui permet à son souscripteur d’acquérir l’instrument concerné, appelé alors sous-jacent, à un prix fixé à l’avance (prix d’exercice, aussi appelé strike) et à une date déterminée appelée date de maturité du call.

L’objectif étant de lisser la volatilité sur le temps (9,2% pour la volatilité 3 ans) mais aussi de réduire le Max Drawdown (6) (-3% pour le Max Drawdown 3 mois) et la VaR (7) (2,7% pour la VaR 1 jour 99% stressée) du portefeuille.

(6) Le Maximum Drawdown est un indicateur de gestion du risque. Il correspond à la perte maximale enregistrée par un portefeuille sur une période donnée.
(7) La Value-at-Risk représente la perte potentielle maximale d’un investisseur sur la valeur d’un portefeuille qui ne devrait être atteinte qu’avec une probabilité donnée sur un horizon donné.
Nous avons également diversifié nos moteurs de performance en introduisant un fonds « or » (1%) composé d’une sélection dynamique de valeurs aurifères qui offre une corrélation très satisfaisante avec le cours de l’once d’or.

Après une année 2018 très complexe, l’année 2019 semble à l’inverse se terminer de manière très favorable pour les investisseurs. Pouvez-vous exposer brièvement les raisons ?

Le bilan économique de 2019 est mitigé. Le dernier trimestre de 2018 avait été catastrophique sur les marchés car le violent décrochage de l’inflation et de l’activité manufacturière amplifié par la guerre commerciale sino-américaine laissait craindre une récession imminente.

Dès janvier 2019, la FED, la BCE et de nombreuses autres banques centrales ont fait comprendre qu’elles mettraient tout en œuvre pour éviter ce scénario, rassurant ainsi les marchés et nourrissant la spirale baissière sur les taux courts et longs ainsi que les conditions de financement en général.

Dans la foulée, les statistiques macro-économiques faisaient état d’un ralentissement moins violent que prévu et très localisé (secteur automobile allemand par exemple). Nous avons vécu ce qui s’appelle un soft landing (atterrissage en douceur) de l’économie.

Dans ce contexte de politique monétaire accommodante et de meilleure résilience que prévu de l’économie (grâce à l’excellente tenue des marchés de l’emploi et de la consommation en Zone Euro et surtout aux Etats-Unis), les marchés actions ont commencé à rattraper la baisse du dernier trimestre 2018, avec une rapidité surprenant la plupart des stratégistes.

Les marchés ont effacé le sell-off (8) de façon d’autant plus violente que les alternatives obligataires en termes de rendement ont continué de se faire de plus en plus rares, au fur et à mesure que les taux baissaient.

Rapidement, ce sont les perspectives non plus de stabilisation mais littéralement de rebond de l’économie et des bénéfices en 2020 qui ont pris le pas. La crainte de rester à l’écart du rallye, la fameuse « fear of missing out (la peur de rater quelque chose)» a entretenu la progression spectaculaire des actions.

(8) Le sell-off est un phénomène de baisse qui s’accélère rapidement avec une hausse rapide des volumes.

L’aggravation des émeutes à Hong-Kong, le regain des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les revers essuyés par les Conservateurs britanniques à chaque tentative d’en finir avec le Brexit et les tergiversations entourant la guerre commerciale n’ont jamais réussi à concrètement mettre en péril le rallye de 2019. Au contraire, chaque avancée sur ces sujets permettait d’enregistrer de nouveaux plus hauts.

Le fonds délivre actuellement une performance YTD de +10,63% (arrêtée au 30/11/20119). Quels sont les principaux moteurs de performance au sein du portefeuille ?

Cette année, nous avons privilégié la classe actions qui est à l’origine de 95% de la performance du portefeuille.

Coté valeurs croissance & momentum (9) (60%), nous pouvons citer SIKA (entreprise suisse qui produit des matériaux de construction), NOVARTIS (groupe pharmaceutique suisse), DEUTSCHE BOERSE (entreprise allemande spécialisée dans les opérations boursières), DSM (entreprise néerlandaise dans l’industrie chimique), L’OREALPUMASAFRAN (groupe industriel et technologique français), LVMH et SAP (entreprise allemande qui conçoit et vend des logiciels) comme les titres les plus performants.

Coté valeurs value & rendement (40%), ATOS (entreprise française de services du numérique), CREDIT AGRICOLESANOFIVINCIBOUYGUES sont les principaux moteurs de performance.

(9) Les valeurs momentum sont la plupart du temps des valeurs qui ont surperformé leurs pairs, dans les mois récents, et ont tendance à continuer dans les mois à venir.

Les stratégies de couverture ont aussi positivement contribué à la performance tout en limitant la volatilité.

Bénéficiant de la baisse continue des taux, la classe obligataire est également un contributeur positif mais pèse peu face aux actions.

A ce titre, l’univers des obligations convertibles (10% du portefeuille, 41% du bond-picking) va continuer de prendre de l’importance dans notre allocation obligataire dans cet environnement de taux bas.

Le fonds est investi à 77% en actions à fin novembre contre 61% en avril dernier. Pourquoi cette hausse ?

Nous conservons avant tout un biais actions prononcé car nous restons convaincus que cette classe d’actifs offre le meilleur rendement ajusté du risque envisagé dans le cadre de notre gestion.

De plus, depuis plusieurs semaines les indicateurs macro-économiques s’améliorent. Les banques centrales restent très vigilantes. L’inflation est mesurée. Le marché de l’emploi tient exceptionnellement bien et les budgets nationaux pourraient reprendre le relais de la politique monétaire. Dans ces conditions, le soft landing économique de fin 2018 – début 2019 pourrait donner naissance à une reprise en douceur en 2020 sans réel risque récéssionniste en dehors de quelques exceptions dans le monde.

Enfin, dans ce contexte, nous maintenons une nette surpondération à la classe actions au travers de sociétés de conviction avec un portefeuille équitablement réparti entre croissance et value.

Au sein de la value, nous commençons à repondérer les sociétés cycliques offrant de notre point de vue un levier opérationnel intéressant pour jouer une reprise du commerce mondial.

La rotation des valeurs de croissance en faveur des valeurs cycliques et ‘value’ constatée depuis septembre a-t-elle influencé votre diversification au sein du fonds ?

Nous avions déjà un portefeuille équilibré entre valeurs de rendement, valeurs cycliques, valeurs value et valeurs de croissance tout au long de l’année.

A partir de septembre, l’amorce du mouvement de rotation nous a encouragés à allouer davantage de capital à notre poche financière (Crédit Agricole & Eurostoxx Banks), qui représente 7% du fonds soit un biais assez fort.

En termes de stock-picking, nous avons réintroduit Saint Gobain, une cyclique au sens pur qui n’est pas qu’un pari sur l’augmentation des volumes ou des prix. La société est peut-être sur le point de réaliser son plan de transformation le plus ambitieux nous semble-t-il.

Si les secteurs automobile et chimie sont également au cœur du re-rating (10) constaté depuis septembre, il convient de noter que de nombreux sous-groupes de la value n’ont pas bénéficié de la rotation à ce jour : les médias, les agences de publicité, le tabac, les télécoms par exemple n’ont pas particulièrement surperformé. Il convient donc d’être très sélectif dans les choix de rotation du portefeuille.

(10) Le re-rating s’applique lorsqu’une société fait l’objet ou réalise une opération financière qui a pour conséquence de modifier sa valeur de marché.

Pour conclure, comment envisagez-vous la toute fin d’année 2019 et le début d’année 2020 ?

Il n’est pas impossible de voir le marché commencer à réviser à la hausse les anticipations bénéficiaires pour l’année 2019, après 11 mois consécutifs de pessimisme, en partie justifié.

Cela pourrait permettre de donner plus de confiance dans la capacité des sociétés à délivrer les croissances attendues l’année prochaine.

Nous anticipons donc une fin d’année plutôt porteuse pour les actions mais les nombreuses échéances 2020 vont rester un sujet : période de transition du Royaume-Uni vers un accord commercial cadre avec l’Union Européenne, élections américaines, début de la phase 2 pour l’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, soft landing de l’économie chinoise…

Pour finir, nous estimons que la volatilité sera encore marquée en 2020. Il faudra pouvoir y faire face et savoir saisir les opportunités d’investissement aux bons moments en privilégiant une approche flexible. A ce titre, le fonds est passé de 48% en actions au mois d’août à 77% en novembre cette année 2019. Mais nous pourrions envisager de redescendre sous la barre des 50% en actions lors du premier trimestre 2020 si la conjoncture économique ne s’améliore pas et si les tensions commerciales perdurent.

Nous restons par ailleurs convaincus qu’un fonds mixte tel que DNCA Evolutif propose un couple rendement/risque convaincant sur la durée aux épargnants désireux de diversifier leurs placements obligataires sans pour autant opter pour des stratégies pures actions.

Texte achevé de rédiger le 9 décembre 2019.

Les positions évoquées sont celles de l’équipe de gestion, les données du portefeuille et les valeurs citées sont arrêtées au 30/11/2019. Ce sont des informations non contractuelles données à titre indicatif. Elles peuvent être amenées à évoluer dans le temps. Sources : DNCA Finance & Factset.

Gestion Value. La gestion de type value se caractérise par des investissements dans des valeurs sous-évaluées à un instant donné (rapport entre la valorisation boursière et l’actif de la société). C’est du Stock picking (sélection de valeurs). Il n’y a pas, dans ce type de gestion, d’approche sectorielle. L’investissement se fait en effet sur n’importe quelle valeur. Cette méthode de gestion a deux principaux avantages : d’une part une faible volatilité, et d’autre part une gestion décorrélée des marchés. La performance peut cependant être amoindrie en cas de reprise du marché.

Gestion Croissance. La gestion croissance se caractérise par l’investissement dans des valeurs de croissance (développement de l’activité et augmentation des bénéfices). Les secteurs d’investissement sont cycliques. Dans ce type de gestion la volatilité est plus élevée. Les performances sont également plus élevées en raison des marchés haussiers. Elles peuvent cependant être amoindries en cas de baisse du marché.

DNCA Finance

DNCA Finance

DNCA est une société de gestion française créée en 2000 par des spécialistes d’une approche patrimoniale de la gestion pour le compte d’investisseurs privés et institutionnels.

L’équipe de gestion (37 gérants) emmenée par Jean-Charles Mériaux est reconnue pour la qualité de son "stock-picking"​ et organisée autour de cinq pôles d’excellence : les actions européennes ("long only"​ et "absolute return"​), la gestion diversifiée, les obligations convertibles, les obligations de la zone euro et les investissements socialement responsable. La qualité de sa gestion est régulièrement récompensée par la presse spécialisée.

La gamme de 31 fonds OPCVM est distribuée en France, Italie, Belgique, Luxembourg, Hollande, Allemagne, Autriche, Suisse, Espagne et UK.

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