Les marchés continuent d'offrir un décor de pièce de théâtre apparemment plaisant : l'amélioration macro-économique se confirme en Europe et même aux États-Unis où les dernières statistiques étaient de bonne facture.

Les marchés continuent d’offrir un décor de pièce de théâtre apparemment plaisant : l’amélioration macro-économique se confirme en Europe et même aux États-Unis où les dernières statistiques étaient de bonne facture. Les bons résultats publiés par de grandes entreprises américaines (Walmart et Cisco) attestent d’une économie toujours en croissance et d’un consommateur américain confiant. Les indices actions progressent partout dans le monde quasiment à deux chiffres. Le report par Donald Trump de l’application de mesures douanières contre l’industrie automobile (notamment européenne) a aussi rassuré les investisseurs. Les marchés boursiers américains ont donc enchaîné trois séances de hausse d’affilée. Mais l’envers du décor est moins reluisant particulièrement notamment pour l’industrie financière. Depuis le début de l’année, 120 milliards de dollars sont sortis des fonds actions (59 milliards de dollars pour les fonds européens et 60 milliards de dollars pour les fonds américains). Les valeurs technologiques souffrent aussi d’une certaine désaffection puisque les fonds « techno » américains ont vu leur flux s’inverser après deux années de forte collecte. Le dégonflement de la bulle de « flux » sur cette thématique doit cependant être considéré comme salutaire. L’échec de la cotation en bourse d’Uber (-4%), après celle de son petit concurrent Lyft (-23%), révèle que les investisseurs sont plus que dubitatifs sur ces modèles technologiques planétaires qui exploitent les données personnelles dans des conditions de sécurité plus que friables (le dernier incident en date étant celui de WhatsApp).

Quant aux coulisses de ce décor de théâtre, elles s’animent. Les Chinois commencent à mettre en place une stratégie de rétorsion contre les mesures américaines en laissant filer leur monnaie. Cette arme sera terrible car elle redonnera immédiatement une compétitivité aux produits chinois et relancera la guerre des changes, qui, de toute façon, s’avère toujours un corolaire de toute guerre commerciale. La signature d’un décret anti-Huawei pour la vente de produits d’équipements télécoms aux États-Unis et le durcissement du ton de tous les partis politiques aux États-Unis à l’égard de la Chine ne préfigurent rien de bon pour les prochaines semaines. Il reste le sommet du G20 le 28-29 juin où les deux Présidents chinois et américain pourraient s’échanger quelques amabilités pour faire plaisir aux marchés.

Enfin, l’Europe et ses élections parlementaires vont accoucher d’un résultat probablement dur à lire en première lecture avec un Parlement morcelé entre partis classiques et partis extrémistes sans majorité absolue. Et si on rajoute que des députés anglais vont être élus dans un Parlement qu’ils veulent quitter, on aboutit à un véritable vaudeville dont seuls les européens, leurs dirigeants et leurs institutions semblent capables.

Texte achevé de rédiger le 17 mai 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion. 

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