Fondement de la valorisation des actifs financiers, la courbe des emprunts d’état américains est la représentation graphique du taux de rémunération de l'argent en fonction du temps.

Elle est la synthèse de marché des grandes variables macroéconomiques de la première puissance mondiale : politique monétaire, croissance, inflation…  Son orientation, son inclinaison et plus rarement, son inversion peuvent augurer des anticipations des marchés de capitaux internationaux quant à l’état du cycle économique américain et mondial voire en période d’élections, présager des perspectives économiques qui découlent d’un changement d’administration politique du pays.

Cette semaine, alors que les probabilités d’une hégémonie bicamérale démocrate se renforçaient, le différentiel de rendement entre la partie courte de la courbe (5 ans) et sa partie longue (30 ans) atteignait son niveau le plus élevé depuis l’élection générale précédente. La repentification de cette partie de la courbe indique une remontée des anticipations de croissance et d’inflation par les marchés qui rappelle 2016. À l’époque, les Républicains s’apprêtaient alors à emporter la majorité dans les deux Chambres, assurant le vote d’un grand stimulus fiscal proposé par Donald Trump, nouvellement élu, sous la forme de très généreuses réductions d’impôt pour les entreprises. A l’appui de ce soutien fiscal massif, alors que le pays s’installait déjà confortablement dans le plein emploi, l’activité continua de croître à un rythme suffisamment soutenu pour entrer dans une phase de surchauffe selon la FED qui releva alors sept fois ses taux directeurs. Quelques jours avant les élections de mi-mandat de novembre 2018 au cours desquelles les Républicains perdirent la Chambre des Représentants, le rendement souverain américain à 30 ans (le plus sensible aux anticipations de croissance et d’inflation) atteignit 3,48%, un niveau plus de deux fois supérieur à son rendement actuel… 

Quatre ans après, c’est au tour du parti démocrate de proposer un plan de relance économique ambitieux. Le montant significatif de ces nouvelles dépenses publiques pourrait contribuer à porter l’inflation au-delà de 2% (un niveau que la FED accepte d’ailleurs de franchir !) et devrait largement compenser les effets sur la croissance d’une hausse de l’impôt sur les sociétés voulue par les Démocrates. Depuis une semaine, les marchés de taux commencent ainsi à s’ajuster à l’hypothèse de plus en plus vraisemblable d’une « vague bleue » déferlant sur le corps législatif américain, mais le potentiel de renchérissement des rendements et de poussée des anticipations d’inflation reste intact. Les petites capitalisations domestiques qui composent l’indice RUSSEL 2000, et plus globalement, les valeurs cycliques pourraient bénéficier d’un effet de rotation. Au contraire, les valeurs technologiques qui ont particulièrement profité de la baisse des taux depuis 2018 pourraient perdre ce soutien. Le rapport publié cette semaine par la Commission parlementaire d’enquête antitrust (emmenée par les Démocrates) qui préconise le démantèlement d’Amazon, Apple, Facebook, Google pourrait aussi amener les investisseurs à considérer une prime de risque politique sur le secteur…

Texte achevé de rédiger le 9 octobre 2020 par Thomas Planell, Gérant – analyste.

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