Jeudi dernier, la BCE a donc dégainé ses nouvelles armes pour ranimer la flamme de l'inflation et la vigueur de la croissance en zone euro : baisse des taux, TLTRO III, système de compensation des taux négatifs sur les liquidités pour soulager le secteur bancaire et programme de rachat d'actifs (20 milliards d’euros par an sans limitation de durée).

Jeudi dernier, la BCE a donc dégainé ses nouvelles armes pour ranimer la flamme de l’inflation et la vigueur de la croissance en zone euro : baisse des taux, TLTRO III, système de compensation des taux négatifs sur les liquidités pour soulager le secteur bancaire et programme de rachat d’actifs (20 milliards d’euros par an sans limitation de durée). L’effet attendu si l’on peut dire (baisse des taux longs et baisse des cours des banques européennes) aura duré quelques heures avant que les marchés ne se rendent compte de l’effet marginal relatif de ces mesures sur l’économie. Il en faudra plus pour relancer la croissance. Ce sera le rôle de la politique budgétaire au niveau national de chaque état de la zone euro.

Le placement obligataire souverain sur une longue maturité s’avère sans issue car il n’est plus fondé sur la rationalité. Un actif financier se valorise en fonction de la perspective de son rendement (ou de son cash-flow opérationnel pour une entreprise). Quand les rendements sont négatifs, l’investisseur espère simplement que quelqu’un va accepter un rendement encore plus défavorable et racheter plus cher l’actif qu’il détient. Les banquiers centraux ont tiré leurs dernières cartouches et n’ont en réalité pas pour unique fonction le soutien indéfectible de l’économie. Ils doivent aussi préserver les systèmes monétaires des distorsions de volatilité et de la formation de bulles de valorisation. Les obligations longues, l’immobilier et une certaine partie de la cote du marché actions se trouvent en situation de bulle alors que d’autres secteurs (banques européennes…) se retrouvent plutôt dans une situation de valorisation de crise ou de récession. Certes, il faut du courage pour avoir raison tout seul (et il ne faut pas confondre cette attitude avec de l’entêtement ou un esprit frondeur). Il est plus bien confortable d’avoir tort avec la masse car on est moins visible (surtout si on a eu raison avec elle auparavant). Mais il ne faut pas écouter les sirènes de celles et ceux qui prétendent que la valorisation ne signifie plus rien et que les actifs de qualité peuvent se payer toujours plus cher sans plafond asymptotique. C’est une voie sans issue même si la voie est longue.

Le Brexit constitue une autre voie sans issue qui dure depuis trois ans et qui est entrain de virer à la cacophonie. Plus personne, et sûrement pas l’opinion britannique, n’y comprend plus rien. Le choc d’incertitude créé par ce référendum booléen et simpliste est de surcroît amplifié par des dirigeants politiques plus intéressés par les bons mots et les pitreries devant les caméras que l’avenir véritable de leur peuple. Alors que le but inavoué de certains politiques britanniques était la fragilisation et la fragmentation de l’Europe, le Royaume-Uni pourrait au contraire avoir créé les conditions de sa propre désunion tant les Irlandais du Nord et du Sud sont écartelés sur la question de leur frontière et les Ecossais pro-Européens. Après « Lucky Dave » (David Cameron), « Teresa maybe, maybe not » (Teresa May), ce sera peut-être au tour du truculent Alexander Boris de Pfeffel Johnson (le nom entier de Boris Johnson aussi surnommé « Bojo ») de passer à la trappe d’un Brexit dont les contours semblent toujours plus flous.

Il est temps de revenir à des choses simples et saines et c’est étonnamment dans les marchés actions de la zone euro qu’on les trouve aujourd’hui d’autant que l’accalmie temporaire dans les négociations entre la Chine et les Etats-Unis pourrait favoriser le retour de l’appétit pour le risque.

Texte achevé de rédiger le 13 septembre 2019 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion. 

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DNCA est une société de gestion française créée en 2000 par des spécialistes d’une approche patrimoniale de la gestion pour le compte d’investisseurs privés et institutionnels.

L’équipe de gestion (37 gérants) emmenée par Jean-Charles Mériaux est reconnue pour la qualité de son "stock-picking"​ et organisée autour de cinq pôles d’excellence : les actions européennes ("long only"​ et "absolute return"​), la gestion diversifiée, les obligations convertibles, les obligations de la zone euro et les investissements socialement responsable. La qualité de sa gestion est régulièrement récompensée par la presse spécialisée.

La gamme de 31 fonds OPCVM est distribuée en France, Italie, Belgique, Luxembourg, Hollande, Allemagne, Autriche, Suisse, Espagne et UK.

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