Le stress des investisseurs est passé du variant Delta au marché chinois

Le stress des investisseurs est passé du variant Delta au marché chinois, où la reprise en main de certains secteurs par le pouvoir pose question. L’ampleur de la baisse des actions chinoises offshore depuis février (-40%) témoigne cependant d’une prime de risque déjà très substantielle.
Funds Watch

Depuis novembre 2020, les autorités chinoises déroulent un agenda de resserrement règlementaire autour des thèmes de l’anti-trust, de la finance, des données numériques et des inégalités. Après les monopoles numériques (Alibaba, Tencent, Meituan, Baidu) et la fintech (Ant Group), c’est au tour des sociétés d’écoles privées et de cours en ligne de subir les foudres du régulateur. Le pouvoir chinois est en train de définir un nouvel équilibre entre capitalisme financier et objectifs politiques et sociaux. Ce processus se déroulant dans un contexte de tensions politiques croissantes entre la Chine et l’Occident, et donc de méfiance, les gérants d’actifs se demandent quelle prime de risque appliquer aux actions chinoises.

 

Pour le moment, ce sont essentiellement les marchés « offshore » des actions chinoises qui ont souffert (graphique 1). Les secteurs ciblés par le régulateur chinois y sont en effet beaucoup plus représentés que dans les indices « onshore ». De plus, la structure juridique qui permet à ces sociétés d’être cotées hors de Chine – les VIE, pour « Variable Interest Entity » – pourrait, dans un scénario extrême, être remise en cause par les autorités chinoises.

Malgré ces risques, une stabilisation du marché chinois est possible. Comme l’indique la très forte baisse du marché des ADR chinois depuis février (-40%), la prime de risque est déjà largement ajustée, y compris dans les secteurs comme la santé, où les analystes s’attendent à des nouvelles mesures règlementaires. De plus, de nombreux secteurs clés de la bourse chinoise, dont les semi-conducteurs, les logiciels ou encore l’automobile, ne sont pas concernés par l’offensive règlementaire. Au total, en incluant les entreprises contrôlées par l’Etat, c’est 75% de la capitalisation boursière chinoise qui, selon les calculs de Goldman Sachs, serait hors du champ des nouvelles ambitions des régulateurs. Il est aussi probable que les autorités chinoises vont, comme elles ont déjà commencé à le faire, tenter de calmer le jeu au moins à court terme pour éviter les risques de contagion à l’ensemble du marché. Enfin, ces forts mouvements du marché chinois n’ont aucun lien avec la dynamique économique chinoise, ce qui limite le potentiel de contagion de cette correction boursière.

 

 

Du côté de l’autre source de stress de l’été, le variant Delta, les nouvelles récentes ont été constructives, en tout cas en Europe (graphique 2). Le pic des nouveaux cas semble avoir été atteint au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Espagne, avec dans tous les cas une pression hospitalière modérée. La vaccination fonctionne donc bien, et elle continue de progresser. Sur les marchés, ces bonnes nouvelles ont permis aux valeurs cycliques européennes de se retourner à la hausse depuis le plus bas du 19 juillet, ce qui a mis fin à la tendance baissière qui était à l’œuvre depuis début juin (graphique 3). Dans nos portefeuilles nous continuons à favoriser une approche équilibrée et une exposition modérée au risque.

 

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