A en juger par l’évolution des marchés financiers, on pourrait avoir l’impression que les investisseurs font fi de toutes les mauvaises nouvelles.

A en juger par l’évolution des marchés financiers, on pourrait avoir l’impression que les investisseurs font fi de toutes les mauvaises nouvelles. Ainsi, la plupart des indices financiers sont à leur plus haut historique à l’image du Dow Jones, du S&P 500 et du Nasdaq Composite. Cette humeur joyeuse n’est pas l’exclusivité des places américaines. En Europe, l’indice CAC40, en hausse pour la quatrième semaine consécutive, est revenu à un plus haut niveau du 23 juillet 2007. A ce rythme-là, la barre psychologique des 6 000 points devrait rapidement être franchie, à moins que la résurgence des tensions dans le conflit commercial sino-américain ne ramène les investisseurs à davantage de prudence.

En effet, alors que le marché se faisait l’écho d’avancées positives entre les deux superpuissances, c’est à présent des rumeurs d’impasse dans les négociations que la presse spécialisée relaye, même si Larry Kudlow, le principal conseiller économique de la Maison-Blanche s’est voulu rassurant. Quoi qu’il en soit, les investisseurs semblent surtout retenir la volonté des deux parties de ne plus recourir à la surenchère. Pas sûr cependant que cela suffise pour mettre fin à la récession observée dans le secteur manufacturier, notamment aux Etats-Unis où la production industrielle a enregistré en octobre son plus fort recul mensuel en plus de dix ans.

En recul de 0,8% sur le mois d’octobre alors que le consensus tablait sur -0,4%, le secteur industriel américain continue de pâtir des conséquences de la grève chez General Motors, ce qui a plombé la production de voitures et de pièces automobiles (-7,1%). L’évolution des indicateurs avancés comme l’Empire State Manufacturing, en baisse en novembre, ne milite pas pour un rebond à court terme malgré la reprise du travail chez General Motors. Dans ces conditions, le recul du taux d’utilisation des capacités (-0,8% en octobre, à 76,7%) n’augure rien de bon pour l’investissement, ce qui devrait une nouvelle fois faire de la consommation, notamment après le rebond des ventes au détail (+0,3% en octobre), la principale locomotive de l’économie américaine au quatrième trimestre.

La grille de lecture sur les marchés obligataires incite plus à la prudence, contrairement aux marchés actions. En effet, l’incertitude sur l’issue des négociations commerciales a entraîné un climat propice à l’aversion au risque, ce qui s’est traduit par un recul des rendements aux Etats-Unis (-10 points de base pour le taux à 10 ans, à 1,84%). Cela a aussi entraîné en Europe une divergence entre les rendements des pays cœur et ceux de la périphérie de la zone Euro, avec une nette sous-performance de l’Italie (+6 points de base, à 1,33% pour le 10 ans) et du Portugal (+6 points de base, à 0,38% pour le 10 ans).

Sur la scène des changes, le dollar a connu une semaine de faiblesse, sans doute affaibli par les déclarations de Jerome Powell devant le Congrès qui n’a pas exclu d’autres détentes monétaires si les perspectives se dégradaient. Les gains contre le billet vert ont particulièrement été importants au Royaume-Uni où la livre s’est appréciée de 1,2%. Ce regain de vigueur de la devise britannique s’explique par les bons sondages qui prédisent aux Conservateurs une majorité absolue à la Chambre des Communes, ce qui devrait leur permettre de ratifier l’accord conclu par le Premier ministre Boris Johnson avec l’Union européenne. Il faut cependant être attentifs car ces mêmes sondages font état d’une remontée des Travaillistes, ce qui peut rendre l’issue de l’élection du 12 décembre prochain très incertaine.

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