Les minces espoirs d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine avant fin 2019 se sont peut-être définitivement évanouis cette semaine.

Les minces espoirs d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine avant fin 2019 se sont peut-être définitivement évanouis cette semaine. D’une part, le Sénat américain a voté – à l’unanimité – un texte soutenant les droits de l’Homme à Hong Kong, en proie à de violentes manifestations depuis plusieurs semaines. D’autre part, le Président Trump a semé encore davantage le trouble en promettant d’imposer de nouveaux tarifs punitifs sur les importations chinoises si aucun accord partiel n’était trouvé d’ici le 15 décembre.

Or, vu l’ire de Pékin après le vote des sénateurs américains, on voit mal comment cette échéance pourra être respectée. Par la suite, même si les deux parties ont essayé de calmer le jeu, le mal semblait être fait, à en juger par l’évolution des indices boursiers américains qui ont tous fini la semaine dans le rouge (S&P 500 : -0,3%, à 3 108 points), entraînant dans leur chute les indices européens (EuroStoxx 50 : -0,6%, à 3 690 points) et asiatiques (Shanghai 50 : -1,1%, à
2 922 points). Pourtant, contrairement aux semaines précédentes, les enquêtes ont plutôt été de bonne facture avec notamment le rebond de l’indice PMI composite (+1 point en novembre, à 51,9).

Cette amélioration conjoncturelle est aussi perceptible au niveau du moral des patrons de petites et moyennes entreprises. Ainsi, après trois mois de recul, ces derniers se montrent désormais plus optimistes quant à l’évolution de leurs ventes et des perspectives d’emplois. Dans ces conditions, le scénario d’une récession au cours des 12 prochains mois a sérieusement reculé. En effet, tout laisse à croire que la consommation américaine va rester bien orientée, comme l’a montrée la hausse des ventes au détail (+0,3% en octobre, supérieur au 0,2% attendu par le consensus). D’ailleurs, l’OCDE s’attend ainsi à une croissance solide aussi bien en 2020 qu’en 2021 avec des progressions de 2% pour la première économie mondiale. On ne peut pas en dire autant de la zone Euro où plusieurs pays vont continuer de friser avec la récession (Allemagne et Italie). Même la Chine, avec une progression du rythme de l’activité de 5,7% en 2020 et de 5,5% en 2021, ne parviendra pas à atteindre l’objectif de croissance fixé par les autorités.

Comme on pouvait le craindre, la montée de l’aversion pour le risque suite au regain de tension sur le front commercial a profité aux actifs sans risque. Le rendement du taux américain à 10 ans a reculé de 6 points de base (pbs) pour finir la semaine à 1,77%. Ces mauvaises nouvelles ont aussi pesé sur les marchés obligataires en Europe. Le rendement du taux à 10 ans français a ainsi reculé de 8 pbs pour finir la semaine à -0,03%, surperformant ainsi le 10 ans allemand (-3 pbs, à -0,36%). Pourtant, la Commission européenne a mis à l’index les prévisions budgétaires de 2020 de la France et de sept autres pays dont l’Italie, les suspectant d’enfreindre les règles du Pacte de stabilité budgétaire européen.

La demande de clarification auprès de ces pays (Espagne, Belgique, Portugal, Slovénie, Slovaquie et Finlande) a pesé sur l’euro (-0,3%, à 1,1021 dollar). La devise commune a aussi été entraînée à la baisse par la dépréciation de la livre sterling (-0,62%, à 1,2849 dollar). Cette glissade de la devise britannique est davantage à mettre sur le compte de statistiques économiques décevantes que du contexte politique. En effet, les sondages continuent de faire état d’une victoire nette et sans bavure des Conservateurs du Premier ministre Boris Johnson. Après avoir siphonné les suffrages du Brexit Party, il serait intéressant de voir si l’écart avec les Travaillistes se réduit comme on avait pu le voir lors de la dernière consultation électorale de 2017.

Dans ces conditions, il faudra s’attendre à un regain de volatilité.

Karamo KABA, Directeur des études économiques

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