Les gestionnaires d’actifs financiers travaillent énormément sur le risque de transition climatique, c’est-à-dire sur les ajustements nécessaires à effectuer par les acteurs économiques pour une transition vers une économie bas-carbone.

Les gestionnaires d’actifs financiers travaillent énormément sur le risque de transition climatique, c’est-à-dire sur les ajustements nécessaires à effectuer par les acteurs économiques pour une transition vers une économie bas-carbone. Cependant, le risque dit physique qui résulte des dommages directement causés par les phénomènes météorologiques et climatiques génère vraisemblablement autant de moins-values dès à présent sur les portefeuilles gérés que le risque de transition.

Concernant la Pacific Gas and Electric Company (PG&E) « C’est la première faillite liée au changement climatique, probablement pas la dernière », titrait le Wall Street Journal du 18 janvier 2019.

Plus que centenaire, créée en 1905, PG&E est le premier distributeur d’électricité de l’Etat californien avec 16 millions d’usagers. C’est une compagnie privée dont les principaux actionnaires sont les hedge funds Knighthead Capital Management et Abrams Capital Management qui n’ont manifestement pas été visionnaires dans leurs exigences de gouvernance. Ce cas d’école – le premier du genre – illustre le danger imminent que le climat fait peser sur les entreprises, alors que beaucoup d’entre elles le considèrent encore comme un risque lointain. PG&E paye au prix fort son absence d’anticipation face au réchauffement de ces dernières années. Une entreprise avertie aurait pu, par exemple, enterrer une partie de ses lignes, élaguer les zones autour des pylônes, incorporer des capteurs pour détecter les départs de feu… L’entreprise est en effet soupçonnée d’être à l’origine du démarrage de l’incendie Camp Fire de novembre 2018, le plus meurtrier de l’histoire de la Californie, tuant 86 personnes et détruisant 14 000 maisons dans le nord de l’Etat. Selon la plainte, le feu de forêt aurait été déclenché par des étincelles provoquées par une ligne à haute tension de PG&E dans la zone.

Mais l’annonce de la faillite, qui a fait plonger le cours de plus de 90% le lendemain de son annonce, pourrait aussi avoir des conséquences en cascade sur d’autres secteurs de l’économie, en particulier dans l’industrie financière. Le gestionnaire de fonds Vanguard, dont la quasi-totalité des clients sont des ménages américains, détiendrait à lui seul la moitié de la dette obligataire du groupe, soit environ 415 millions de dollars d’obligations municipales. Ces titres sont dispersés dans différents fonds monétaires et seuls 2 millions seraient sécurisés par des banques. Jusqu’à récemment, la dette de PG&E était considérée comme de bonne qualité. Depuis la déclaration de faillite de janvier, la capitalisation boursière de la compagnie a baissé de 30 milliards de dollars. Elle reste valorisée à un peu plus de 3 milliards de dollars.

Cet automne, plutôt que de risquer d’être une nouvelle fois reconnue responsable des incendies, PG&E a opté pour une mesure plus radicale : couper le courant. Dans la seconde quinzaine d’octobre, la compagnie a donc, à titre préventif, plongé dans le noir plus de 2 millions d’habitants pour plusieurs jours d’affilée.

En 2010 déjà, les négligences de PG&E avaient causé une explosion de gaz, tuant huit personnes et détruisant trente-huit maisons à San Bruno, au sud de San Francisco, ce qui lui a valu six chefs d’inculpation avant la venue des incendies. Entre 1994 et 1998, l’agence de régulation a mis PG&E à l’amende pour plus de 500 000 infractions à la loi, lui impo-sant d’élaguer et de débroussailler aux abords de ses pylônes électriques en bois. La compagnie a indiqué être parvenue à un accord d’indemnisation des victimes pour un montant de 13,5 milliards de dollars. Un préliminaire indispensable si elle veut sortir du chapitre 11 avant la date butoir du 30 juin 2020, et avoir accès au fonds de 21 milliards de dollars créé par l’assemblée de Californie pour aider les fournisseurs d’électricité à indemniser les éventuelles futures victimes d’incendies.

L’opinion publique semble cependant prête à des solutions plus radicales que la mise en faillite et la démission de sa directrice générale, Geisha Williams. Selon un sondage publié début décembre par le Los Angeles Times, 90% des Californiens souhaitent en finir purement et simplement avec PG&E. Les centenaires détruits par les incendies ne sont pas constitués que d’arbres.

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