Tout le monde se souvient qu’en 2006 l’économiste et entrepreneur inventeur du micro-crédit Mohammad Yunus, d’origine bangladaise, nominé pour le prix Nobel d’économie en 2005, avait finalement obtenu le prix Nobel de la paix conjointement avec la Grameen Bank qu’il avait créée en 1977.

Tout le monde se souvient qu’en 2006 l’économiste et entrepreneur inventeur du micro-crédit Mohammad Yunus, d’origine bangladaise, nominé pour le prix Nobel d’économie en 2005, avait finalement obtenu le prix Nobel de la paix conjointement avec la Grameen Bank qu’il avait créée en 1977.

13 ans après, les jurés du Nobel ont été beaucoup plus intrépides en consacrant Esther Duflo, deuxième femme à obtenir le prix (après Elinore Ostrom en 2009), quatrième lauréat français (pour 62 américains) et plus jeune récipiendaire de l’histoire du prix en économie (46 ans) ! Elle partage cette récompense avec son mari Abhijit Banerjee et Michael Kremer pour leurs travaux qui, selon l’Académie suédoise royale des sciences « ont introduit une nouvelle approche pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde. »

Esther Duflo et Abhijit Banerjee ont cofondé le Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (J-PAL) en 2003 au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Michael Kremer quant à lui, aujourd’hui à Harvard, a publié en 2004 un article marquant dans la revue Econometrica où il utilisait une méthode classique de la recherche médicale « l’évaluation par échantillonnage aléatoire », pour effectuer ses études d’impact. Le principe consiste à évaluer une mesure en comparant le comportement de deux groupes de population dans le même environnement. D’un côté, un groupe cible sur lequel est appliquée la mesure et, de l’autre, un groupe qui ne reçoit rien, un peu comme en médecine lorsque l’on utilise un placebo pour tester l’efficacité d’un médicament.

Citons trois exemples de préconisations de ces trois chercheurs à partir de ces évaluations aléatoires.

Donner des moustiquaires pour lutter contre le paludisme plutôt que de les faire payer.

Le paludisme est largement répandu au Kenya. En 2006, pour mesurer l’impact qu’aurait la suppression des subventions totales ou partielles accordées pour l’acquisition d’une moustiquaire, une expérimentation a été réalisée sur une population de 20 000 femmes enceintes fréquentant des centres de santé prénatale. Certains économistes affirmaient par ailleurs que le fait de devoir payer entraînerait une meilleure utilisation des moustiquaires. Les résultats ont montré que ce postulat était faux, mais surtout que faire payer une somme, même minime, aux ménages les plus pauvres provoquait une chute pouvant aller jusqu’à 60% des demandes de moustiquaires.

Vermifuger les enfants permet d’améliorer leur scolarité à l’école primaire.

Les chercheurs du J-PAL ont conclu, à l’issue d’une évaluation aléatoire sur un échantillon de 30 000 écoliers kenyans, que l’administration de vermifuges pour débarrasser les jeunes enfants de leurs vers intestinaux était certainement l’un des meilleurs moyens de prolonger leur scolarité. Réalisée entre 1997 et 2001, dans soixante-quinze écoles rurales, l’étude a permis de faire baisser l’absentéisme d’un quart pour un coût moindre par rapport à d’autres dispositifs.

Les paysans africains ont davantage besoin de bons systèmes d’assurance que de capitaux pour moderniser leurs exploitations.

Le manque d’investissement dans le secteur agricole maintient en Afrique des niveaux de rendement parmi les plus faibles au monde. Dans le nord du Ghana – où il n’y a qu’une seule saison des pluies – les économistes ont voulu comprendre pourquoi les agriculteurs n’achetaient pas d’engrais ou n’employaient pas davantage de main-d’œuvre pour accroître leur production. L’enquête, menée entre 2009 et 2013 sur une population de 1 146 fermiers, a montré que l’existence d’assurances contre l’aléa pluviométrique modifiait bien davantage le comportement des fermiers qu’une subvention en capital.

Si la Banque de Suède n’avait plus récompensé d’économistes s’intéressant aux questions de développement et de pauvreté depuis Amartya Sen (1998), ce retour traduit le tournant empirique de la science économique, après des années de lauriers offerts aux adeptes de la modélisation théorique.

François Lett, Directeur du développement éthique et solidaire

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