Chaque année, les majors pétrolières produisent des scénarios énergétiques et les diffusent avec ferveur.

Chaque année, les majors pétrolières produisent des scénarios énergétiques et les diffusent avec ferveur. C’est le cas notamment de BP, Shell et ExxonMobil. Dans ce futur-là, les énergies fossiles resteraient prépondérantes… D’après ExxonMobil par exemple, la part du pétrole, du gaz et du charbon dans le mix énergétique mondial serait encore de 60% en 2040, contre environ 80% en 2014 ; la consommation d’hydrocarbures continuerait à croître en valeur absolue. Pourtant, en s’appuyant sur les données du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dans le cadre des Nations-Unies), les budgets carbone associés aux trajectoires climatiques 1,5 ou 2 degrés impliquent très clairement l’arrêt de la consommation des énergies fossiles à partir de 2050 et de garder sous terre les deux tiers des réserves fossiles connues. Ainsi, les scénarios de Shell, BP et ExxonMobil provoqueraient jusqu’à 100 milliards de tonnes d’émissions de CO2 de plus que ne l’impliquent les contributions nationales des États déposées en amont de la COP21 à l’horizon 2030. Ils entraîneraient des hausses de température comprises entre 4°C et 6°C.

Les projets des grandes compagnies pétrolières d’investir près de 5 000 milliards de dollars dans l’exploration de nouvelles ressources fossiles sont « aux antipodes » des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, selon un rapport de l’ONG Global Witness publié en avril 2019. « Si vous retirez tout rôle majeur du captage et stockage de carbone (CCS), vous avez besoin d’une réduction de la production de pétrole de 40% d’ici 2030 » assure Murray Worthy, auteur du rapport, alors que les prévisions tablent sur une augmentation de cette production de 12% d’ici cette date.

La richesse des majors pétrolières n’augure vraisemblablement pas la perspective d’un changement de leur stratégie. Ainsi, Saudi Aramco a dégagé un bénéfice net de 110 milliards de dollars en 2018, selon Moody’s. Ce montant dépasse de près d’un tiers le bénéfice cumulé des cinq majors mondiales. C’est aussi, par exemple, 50 milliards de plus qu’un autre géant planétaire, Apple, qui a généré 60 milliards de dollars de profits l’an passé ! Autre facteur qui pousse à l’accélération continue de la production : le système de rémunération des dirigeants. La majorité des compagnies pétrolières et gazières, passées au crible par Carbon Tracker, continuent d’indexer la rémunération de leurs dirigeants sur la croissance de la production d’hydrocarbures et l’augmentation des réserves.

Les scénarios de Shell, BP et ExxonMobil provoqueraient jusqu’à 100 milliards de tonnes d’émissions de CO2 de plus.

Seules neuf entreprises ont toutefois intégré des critères de rémunération en lien avec le changement climatique. Chez Total, par exemple, il existe un critère de performance baptisé « responsabilité sociale de l’entreprise – RSE –» qui évalue la prise en compte du climat dans la stratégie, la réputation en matière de responsabilité sociétale et la politique de diversité. Ce critère pèse autant que l’atteinte des objectifs en matière de production et de réserves. BP a quant à lui annoncé début février qu’il intégrait des critères de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les rémunérations de 36 000 employés du groupe, soit à peu près la moitié de l’effectif de la major britannique, comprenant les directeurs exécutifs.

Et si les investisseurs institutionnels procédaient à l’exclusion progressive des énergies fossiles comme ils l’on fait pour le charbon ? Le fonds souverain norvégien, avec un actif de plus de 1 000 milliards de dollars, a décidé de sauter le pas en sortant du capital des entreprises exploratrices et productrices de pétrole et de gaz. Le fonds ne procèdera cependant pas pour autant à une coupe drastique des énergies fossiles. Il exclura uniquement les entreprises spécialisées dans l’exploration et la production pétrolière et gazière.

Le fonds norvégien continuera donc d’investir en partie dans les énergies fossiles. Une société comme le français Total (dont le fonds détient 2% du capital) ne fait ainsi pas partie de son champ d’exclusion. Mais l’annonce demeure emblématique. Au regard de sa taille (il détient 1,4% de la capitalisation boursière mondiale) et de son expertise en Investissement socialement responsable (ISR), les moindres décisions du fonds norvégien sont observées à la loupe par la communauté financière. Il avait notamment été l’un des premiers à choisir de ne plus investir dans le charbon juste avant la COP21 en 2015. Depuis, de nombreux autres investisseurs institutionnels lui ont emboîté le pas…

François Lett, Directeur du développement éthique et solidaire

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