Il est de bon ton dans les milieux dits éclairés de garder un discours positif quand on se lance dans un débat sur l’évolution du climat, avec l’idée que trop de catastrophisme découragerait le citoyen moyen.

Il est de bon ton dans les milieux dits éclairés de garder un discours positif quand on se lance dans un débat sur l’évolution du climat, avec l’idée que trop de catastrophisme découragerait le citoyen moyen. La lecture du dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur les océans peut cependant faire douter de cette attitude tant il est alarmant. Les 104 scientifiques de 36 pays ont référencé près de 7000 publications dans ce document et prévoient un monde marin plus chaud, plus acide, moins riche en oxygène et dépeuplé…

Le GIEC constate que l’océan, qui représente 71% de la surface de notre planète et forme 90% du milieu du vivant, est sérieusement malade. C’est pourtant ce dernier qui produit la moitié de notre oxygène, qui redistribue grâce à ses courants des masses gigantesques d’énergie sous forme de chaleur et qui capte jusqu’à un tiers du dioxyde de carbone produit par les activités humaines.  Depuis 1993, le rythme de réchauffement de l’océan a plus que doublé par rapport aux vingt-cinq années précédentes. Entre 1971 et 2010, la tranche des 75 premiers mètres a connu une augmentation moyenne de 0,11°C par décennie. Dans les couches comprises entre 700 m et 2000 m de profondeur, cette hausse a été triple. L’océan est un milieu où les taux de salinité et les températures varient. Les scientifiques observent une « stratification » qui rend plus difficiles les échanges entre les eaux de surface – plus chargées en oxygène – et les couches plus profondes, riches en nutriments.

Ces bouleversements entraînent une diminution des espèces vivantes.

Entre 25% et 70% du permafrost pourrait disparaître d’ici la fin du siècle libérant des quantités très importantes de CO2 et de méthane. D’ici cette date, la montée des eaux pourrait atteindre au moins 59 cm – selon le scénario le plus optimiste – et 1,10 m par rapport à la période 1986-2005, selon le scénario le plus extrême. Cette hausse du niveau moyen va accentuer les inondations, l’érosion des côtes, la pénétration du sel dans les nappes souterraines d’eau douce… Elle va également entraîner un effet redoutable sur la fréquence et l’intensité des cyclones.

Aujourd’hui, 680 millions de personnes habitent dans des régions situées à moins de 10 m d’altitude, elles seront probablement au moins un milliard en 2050 et vont constituer les premières victimes.

En raison d’une réduction des échanges avec l’atmosphère et du réchauffement, l’océan a perdu entre 0,5% et 3% de son oxygène entre 1970 et 2010. La respiration des bactéries s’accroît, produisant davantage de CO2. Les zones mortes se sont étendues de 3% à 8% durant cette même période. Les espèces tendent à migrer vers les pôles et se déplacent de 30 km à 50 km par décennie depuis les années 50. « Les modifications de l’océan ne s’arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. Ça permettrait de gagner du temps », promet la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC. Gagner du temps pour se préparer à la montée des eaux et aux événements météo extrêmes qui lui sont liés (vagues de submersion, tempêtes) : en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières ou en anticipant le déplacement inéluctable de certaines populations vivant actuellement sur des territoires qui pourraient devenir inhabitables d’ici la fin du siècle.

Et pour nous désespérer encore davantage, la revue Global Environmental Change vient de publier une étude menée par une équipe d’historiens des sciences, de sociologues et de climatologues qui ont passé en revue les 4 premiers rapports du GIEC. Il s’avère que ce dernier a systématiquement sous-estimé les effets du réchauffement.
Pour exemple, les premières prévisions du GIEC anticipaient une augmentation moyenne du niveau des mers d’environ 2 mm par an. Or, cette élévation s’établit aujourd’hui au rythme d’environ 3,2 mm par an !

« Gagner du temps » : telle est la dernière imploration des scientifiques ; ne reste qu’à espérer que cette noire perspective soit annihilée par un sursaut vital de l’être humain.

François Lett, Directeur du développement éthique et solidaire

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