Après avoir longtemps prôné l’austérité pour les pays en difficulté financière, l’Allemagne préconise désormais la solidarité financière. Ce virage à 180° de la position allemande n’est pas encore un « moment Hamiltonien* » mais sa portée politique est immense.

Après avoir longtemps prôné l’austérité pour les pays en difficulté financière, l’Allemagne préconise désormais la solidarité financière. Ce virage à 180° de la position allemande n’est pas encore un « moment Hamiltonien* » mais sa portée politique est immense. En effet, le plan de relance franco-allemand prévoit la création d’un fonds de 500 milliards d’euros levés sur les marchés obligataires par l’Union européenne (UE). Ces emprunts seraient ensuite redistribués en direction des pays, des régions et des secteurs les plus touchés, ce qui revient de facto à une mutualisation de la dette européenne. Autrement dit, les pays les plus riches devront mettre la main à la poche pour les pays les moins riches. D’où une remontée du rendement du Bund (+4 points de base – pbs – à -0,49% pour l’échéance à 10 ans) au profit de l’Espagne (-9 pbs, à 0,72%), de l’Italie (-9 pbs, à 1,61%), du Portugal (-11 pbs, à 0,75%) et même de la France (-3 pbs, à -0,03%). Cette proposition, qui devra encore passer par les fourches caudines des autres pays membres de l’UE, est loin d’être acquise tant il sera difficile pour certains gouvernements européens d’accepter l’idée de transferts directs vers les pays les plus touchés. Il faudra pourtant passer par cette étape tant les dégâts du Covid-19 sur l’économie sont considérables. Ainsi, malgré un déconfinement qui entre maintenant dans sa troisième semaine, le constat que le pire est à venir est partagé par la plupart des économistes.

Cela se confirme avec la cohorte de statistiques économiques éprouvantes. Ainsi, malgré leur décrue, le nombre d’inscriptions au chômage est resté extrêmement élevé aux Etats-Unis. Après les 2,4 millions de pertes d’emploi au cours de la semaine se terminant le 16 mai, près de 38,6 millions de personnes sont désormais à la recherche d’un emploi dans la première économie du monde depuis maintenant neuf semaines. Cette mauvaise orientation du marché de l’emploi n’a pas eu l’air de déstabiliser les places financières où a flotté un léger vent d’optimisme suite à la poursuite des mesures de déconfinement et à l’annonce de recherches très intéressantes de l’entreprise Moderna dans la perspective d’un vaccin contre le Covid-19. Les investisseurs ont ainsi favorisé la prise de risque, ce qui a permis aux indices boursiers de terminer la semaine sur une note positive (+3,3% pour le Dow Jones, à 24 465 points) avec une nette surperformance de l’Europe (+5,03% pour l’EuroStoxx 50, à 2 906 points). Le pétrole a continué de profiter des faveurs des investisseurs (WTI : +13%, à 33,25 dollars ; Brent : +8,1%, à 35,13 dollars), ce qui porte tout de même la progression du WTI à près de 101,5% en un mois.

Pas sûr que l’évolution de l’activité justifie un tel engouement pour le pétrole. Cela peut s’expliquer par une correction d’un excès de pessimisme des semaines précédentes car d’importants indicateurs ont poursuivi leur plongeon. On a ainsi vu l’indicateur avancé du Conference Board se contracter fortement pour le deuxième mois consécutif (-4,4% en avril après déjà -7,4% en mars). Dans ces conditions, le dollar a cédé du terrain dans un premier temps contre la plupart des devises. L’euro s’est ainsi rapproché du seuil de 1,10 dollar avant de se déprécier suite à la nouvelle escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Il est fort à craindre que cette thématique soit de plus en plus utilisée par le Président Trump pour des considérations électorales depuis qu’une étude du Pew Research Center a montré que près des 2/3 des Américains, notamment les électeurs du parti Républicain, avaient une image négative de la Chine. Au final, l’euro s’est apprécié de 0,81% contre le billet vert sur la semaine.

*Alexander Hamilton a été premier secrétaire du Trésor des États-Unis. Il a fait valoir que les pouvoirs implicites de la Constitution lui conféraient le droit de financer la dette nationale et d’assumer les dettes des États contractées pendant la guerre d’indépendance et donc de créer le Trésor Fédéral. Ce moment « Hamiltonien »a été fondamental dans l’établissement de l’Etat américain.

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