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[Le Mensuel] “Les banquiers centraux en quête de crédibilité”

Pendant longtemps, les investisseurs sont restés persuadés que les liquidités abondantes et l’environnement de taux bas dureraient "ad vitam eternam". Cette certitude a entraîné un sentiment d’optimisme sur les marchés. Aussi, lorsque les banquiers centraux, perturbés par le niveau élevé de l’inflation, ont commencé à remettre en cause cette conviction, les investisseurs ne pouvaient y rester insensibles. D’où un fort dégagement sur les actifs risqués, une tendance qui s’est même accélérée après l’annonce d’un nouveau variant de Covid-19 potentiellement plus contagieux. Pour autant, nous voyons la croissance mondiale progresser de 4,2 % en 2022, en léger recul afin de mieux refléter l’inquiétude sur les émergents et l’allongement des délais de livraison.

Après avoir abreuvé les marchés de liquidités à bon compte pendant plus d’une décennie, la Réserve fédérale (Fed) va commencer une réduction rapide de ses achats de titres et potentiellement relever précocement ses taux directeurs. Dans ces conditions, la fin prochaine de cette liquidité abondante, amplifiée par des taux bas, a conduit les investisseurs à alléger massivement leurs positions en actifs risqués, conformément à la fameuse maxime de Warren Buffet selon laquelle « c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus. ».

Il faut dire que, depuis quelques temps, mois après mois, l’inflation ne montre pas de signaux d’assagissement. Ainsi, propulsée par le bond des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la progression de l’inflation va de record en record. Cela a poussé les banquiers centraux, la Fed en tête, à reconnaître du bout des lèvres que cette poussée des prix allait durer plus qu’initialement prévu. D’où la nécessité d’accélérer le processus de normalisation pour rester crédible aux yeux des investisseurs et ce, malgré la multiplication des nombreux « grains de sable » sur le plan climatique, social, géopolitique ou sanitaire pour l’économie mondiale.

Ainsi, même après la découverte d’une nouvelle souche de la pandémie potentiellement plus contagieuse que les variants précédents, les investisseurs s’attendent à un important tour de vis monétaire aux États-Unis dans les 12 prochains mois. Cependant, il y a tout de même lieu de douter sur ces attentes de relèvement dans la mesure où l’inflation élevée facilite l’érosion d’une dette publique qui a récemment bondi. Nous pensons ainsi que les banques centrales n’ont pas de raison de se précipiter. En effet, l’excès d’épargne, hérité des périodes de confinement passées, devrait permettre aux consommateurs de résister à l’accélération des prix et aux entreprises de pouvoir répercuter la hausse du coût des intrants. C’est la raison pour laquelle, malgré des alertes sur l’état de la Chine et du monde en général, nous voyons l’activité mondiale progresser de 4,2 % en 2022 à condition, naturellement, que le scénario d’un confinement strict soit évité.

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