Le rebond des indices financiers depuis mi-mars reposait sur l’idée sous-jacente d’une reprise rapide de l’activité économique.

Le rebond des indices financiers depuis mi-mars reposait sur l’idée sous-jacente d’une reprise rapide de l’activité économique. Cela suppose que l’économie mondiale soit épargnée par la résurgence d’une « seconde vague » de pandémie du Coranavirus. Or, avec la multiplication des cas dans 21 états américains et les mesures de confinement dans 11 quartiers de Pékin, le scénario d’une reprise en « V » a pris du plomb dans l’aile. L’inquiétude est d’autant plus grande que cette situation est intervenue au moment où l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiait ses dernières prévisions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’institution internationale a eu la main lourde dans ses révisions.

Alors que l’OCDE tablait encore sur 2,4% pour l’année 2020 il y a à peine 3 mois, le rythme de progression du PIB mondial va probablement reculer de 6% en 2020. Ce pronostic passerait à -7,6% en cas d’apparition d’une deuxième vague. Le rebond qui interviendrait en 2021 verrait l’activité mondiale progresser de 5,2%, un chiffre qui ne serait que de 2,8% en cas de deuxième vague. Ceci a ramené de la nervosité sur les marchés financiers, d’autant que la Réserve fédérale (Fed) a elle aussi drastiquement mis à jour son scénario qui entrevoit désormais une baisse de la croissance américaine de -6,5% en 2020 suivie d’un rebond de +5,0% en 2021. Il n’en fallait pas plus pour voir les investisseurs réduire la voilure, ce qui s’est traduit par une forte chute des places financières américaines (Dow Jones : -5,55%, à 25 606 points ; S&P 500 : -4,8%, à 3 041 points), ce qui s’est propagé ailleurs dans le monde de manière plus amplifiée, notamment en Europe (EuroStoxx 50 : -6,3%, à 3 167 points).

Le regain de nervosité de la part des investisseurs explique en grande partie le bond de l’aversion pour le risque (+11,57 points de pourcentage, à 36,09% pour l’indice VIX), ce qui a largement profité au reflux des rendements sur les marchés obligataires souverains. Ainsi, après être repassé au-dessus du seuil de 0,92%, le taux à 10 ans américain s’est écroulé (-21 points de base sur la semaine, à 0,70%). En Europe, le tableau catastrophique dépeint par l’OCDE, avec un plongeon du PIB d’au moins -9,1% en 2020, pouvant aller jusqu’à -11,5% en cas de scénario défavorable, a fait réapparaître des failles que l’on croyait disparues suite aux annonces de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne. Les pays jugés comme les plus solides comme l’Allemagne (-13 points de base – pbs – sur la semaine, à -0,44%) ou la France (-9 pbs sur la semaine, à -0,04%) ont profité de la bienveillance des investisseurs, tandis que les pays périphériques ont souffert.

Comme il fallait le craindre, les doutes sur la croissance mondiale ont pesé sur le pétrole qui a subi de lourdes pertes (-9% pour le Brent, à 38,5 dollars). Dans ces conditions, les devises liées aux matières premières ont cédé du terrain contre le dollar, qui a repris des couleurs contre toutes les devises (+0,25% pour son taux de change effectif, à 97,182 points). Quant à l’euro, il a été affaibli par les sombres prévisions économiques mais aussi par les dernières avancées sur le front des négociations avec le Royaume-Uni. On a ainsi appris que le gouvernement anglais ne souhaitait pas prolonger jusqu’à fin 2022 la période de transition dans laquelle se négocie la relation future entre Londres et l’Union européenne (UE). Le spectre d’un « no deal » n’a fait de bien ni à l’euro (-0,43% à 1,12425 dollar) ni à la livre (-0,73% à 0,8978 euro).

Karamo Kaba, Directeur des études économiques

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