A en juger par le nombre de candidats à la succession de Theresa May, on a du mal à comprendre ce qui attire autant de personnes – au moins sept déjà en lice – dans ce qu’il convient d’appeler une machine à broyer.

A en juger par le nombre de candidats à la succession de Theresa May, on a du mal à comprendre ce qui attire autant de personnes – au moins sept déjà en lice – dans ce qu’il convient d’appeler une machine à broyer. Il suffit de voir l’image renvoyée par la Première ministre, épuisée et exténuée par de nombreuses joutes avec son propre camp et l’opposition, pour se rendre compte de l’ampleur de la difficulté. Ainsi, après David Cameron et des démissions en cascade au sein du gouvernement, c’est au tour de Theresa May d’être emportée par le tourbillon du Brexit. « May » au fond, qu’importe l’identité du futur chef du gouvernement britannique car le casse-tête reste le même. L’arrivée aux affaires du grand favori Boris Johnson, partisan du Brexit, ne devrait pas que dissiper le brouillard. Il devra soit renégocier un nouvel accord avec l’Union européenne, ce que cette dernière a déjà refusé, soit opter pour une sortie sans accord (« Hard Brexit »), option que les députés anglais ont déjà massivement rejetée. Pour complexifier encore davantage la situation, le Parti conservateur de Theresa May s’est effondré lors de l’élection européenne, largement supplanté par Parti du Brexit de Nigel Farage (31,6% contre seulement 12,4% des votes).

Ce spectre d’un Brexit dur a rajouté de l’inquiétude, dans un contexte où l’aversion pour le risque était déjà très forte. Ainsi, les places financières ont poursuivi sur leur tendance baissière de la semaine précédente, plombées par le durcissement de ton de l’Administration Trump contre le géant chinois des télécom Huawei. En effet, en plaçant cette société sur la liste des entreprises suspectées d’espionner pour la Chine, le Président américain lui interdit de facto la vente de toute technologie américaine. Cela a même conduit Google à lui retirer la licence d’exploitation du système Android pour ses téléphones. Les indices boursiers ont ainsi fortement piqué du nez avant de voir les pertes réduites après le répit de trois mois accordés par Donald Trump. Au final, sur la semaine, l’EuroStoxx 50 a reculé de 2,2% quand le S&P 500 ou le CSI 300 en Chine n’ont cédé respectivement que 1,2% et 1,5%.

Comme il fallait s’y attendre, la hausse de l’aversion pour le risque a profité aux marchés obligataires, où les rendements ont poursuivi leur recul. Ainsi, malgré des chiffres économiques décevants, le taux à 10 ans aux Etats-Unis est revenu sous le seuil de 2,40% pour finir la semaine en recul de 7 points de base – pbs – (à 2,32%). Le taux à 10 ans allemand a sous-performé (-1,3 pbs, à -0,12%), très en deçà des reflux observés au Royaume-Uni (-8 pbs, à 0,96%), au Portugal (-15 pbs, à 1,04%) ou même en Italie (-10 pbs, à 2,55%). Cette détente obligataire a aussi été favorisée par le plongeon des cours du pétrole (-6,6% pour le WTI et -4,9% pour le Brent), surtout après les Minutes de la Reserve fédérale qui s’attend à une baisse à venir de l’inflation.

Sur la scène des changes, l’aversion pour le risque n’a pas profité au dollar (-0,4% pour son taux de change effectif), affaibli par des enquêtes de moins bonne facture. Le billet vert a même cédé du terrain même contre la livre sterling (-0,1% sur la semaine contre le dollar), pourtant affaiblie par les récents développements politiques au Royaume-Uni. A la veille d’élections européennes importantes, l’euro est tout de même parvenu à retrouver des couleurs pour finir la semaine au-dessus du seuil de 1,12 dollar.

Karamo KABA, Directeur des études économiques

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