L'actualité des asset managers français et européens.

Pas de répit

Les marchés financiers ont fait face à d’importantes turbulences cette semaine, dans une actualité dominée par les actions des banques centrales.

La Réserve fédérale a relevé sa fourchette des Fed funds de 75 points de base (pbs), à 1,50 %-1,75 %, amplitude inconnue depuis 1994. Clairement, la tendance est à la poursuite de ce resserrement à marche forcée, y compris au détriment de l’emploi. La tendance devrait se poursuivre à un rythme soutenu en 2022 – une hausse de 75 pbs en juillet est dans les cours – avec un niveau terminal anticipé de 3,75 %, supérieur au niveau actuel du taux à 10 ans américain (3,3 %).

Au-delà de la Fed, c’est la Banque Nationale Suisse (BNS) qui a surpris en remontant de 50 pbs son taux (de -0,75 % à -0,25 %). La Banque d’Angleterre, quant à elle, s’est contentée de 25 pbs, portant son taux à 1,25 %. Enfin, la Banque centrale européenne s’est réunie en urgence pour évoquer les risques de fragmentation de la zone Euro au regard de la dérive récente des spreads d’Europe du Nord par rapport à ceux d’Europe du Sud, et plus généralement de la remontée des taux. Le taux allemand à 10 ans, référence de la zone Euro, a terminé la semaine à 1,66 %, en hausse de 15 pbs, avec un pic à 1,93 % en séance le 16 juin dernier. Même s’il n’y a pas eu d’annonce décisive, on comprend que les outils qui seront mis en place pourraient prendre la forme d’arbitrages dans le portefeuille des titres détenus pour viser à contrôler le spread et non le niveau. Rappelons que le rendement de l’obligation italienne à 10 ans a franchi la barre des 4 % avant de refluer, le spread au plus haut s’inscrivant à 240 pbs.

Le second tour des élections françaises n’a pas permis au Président de la République réélu d’obtenir une majorité absolue au Parlement. La France devrait être particulièrement suivie cette semaine (on pense au spread OAT/ Bund) au regard des incertitudes pour mettre en place le programme du candidat élu. Le spread s’établit à 54 points de base le 17 juin dernier, mais devrait s’élargir. Dans ce contexte, les marchés actions ont fortement corrigé, notamment dans les pays développés, et plus particulièrement aux Etats-Unis : S&P 500 -5,8 % en variation hebdomadaire et -23,7 % par rapport aux plus hauts de 52 semaines ; Nasdaq 100, respectivement -4,8 % et -33,4 %. La zone Euro a franchi le cap des 20 % de baisse par rapport aux plus hauts, avec un repli de 4,6 % sur la semaine (EuroStoxx). Finalement, dans les bonnes nouvelles, on retien dra la baisse des prix du pétrole et des métaux industriels. En revanche, les prix du gaz en Europe flambent en raison d’une baisse de l’approvisionnement russe. L’Allemagne, qui a pu commencer à réduire sa dépendance, va devoir relancer ses usines à charbon, en totale contradiction avec ses engagements sur le climat.

Les marchés de crédit subissent cet environnement contraire et sous-performent, avec une crainte de contamination des spreads souverains à l’ensemble du secteur. Sur le marché des changes, les devises dites défensives (franc suisse et yen) progressent.

Les difficultés s’amoncellent et il est difficile d’entrevoir une voie de sortie pour retrouver une forme de stabilité et de diminution de la volatilité des marchés. Cela devrait néanmoins provenir des taux d’intérêt, alors que la probabilité d’une récession augmente.

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