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Première remontée des taux en Europe depuis 11 ans…

Lors de sa réunion de la semaine dernière, la Banque centrale européenne a relevé ses attentes d’inflation et réduit ses prévisions de croissance.

Les estimations en matière de hausse des prix en zone Euro s’établissent dorénavant à 6,8 % en 2022, 3,5 % en 2023 et 2,1 % en 2024.

Pour ce qui est de la croissance, les prévisions de la Banque centrale européenne (BCE) sont de 2,8 % pour l’année en cours, 2,1 % en 2023 et 2,1 % en 2024. Dans ce contexte, les autorités monétaires européennes ont d’ores et déjà annoncé que les taux directeurs seront relevés de 25 points de base lors de la prochaine réunion, le 21 juillet.

Pour la réunion suivante, en septembre, Christine Lagarde annonce a minima 25 autres points de base, voire davantage, en fonction du contexte inflationniste, ce qui ramènera les taux directeurs en territoire positif. En outre, la Banque centrale cessera les achats nets de titres au 1er juillet. Le processus de normalisation est lancé, les anticipations des marchés sont à l’heure actuelle d’un taux de dépôt au-dessus de 1 % en fin d’année (contre -0,5 % aujourd’hui) et 1,75-2 % en avril 2023.

La Banque centrale européenne exécutera-t-elle tout ce programme ? La période est délicate pour l’ensemble des autorités monétaires mondiales, engagées dans un numéro d’équilibriste : couper les anticipations d’inflation tout en évitant à l’économie de tomber durablement en récession. Les erreurs de politique monétaire du passé sont dans toutes les têtes. Une hausse durable des taux aurait des effets désastreux sur des Etats surendettés, sur des entreprises en quête de financements et sur des ménages déjà affectés par l’inflation.

La volatilité du marché obligataire matérialise cette incertitude. Les taux à 10 ans allemands sont passés de -0,17 % à 1,5 % au cours du premier semestre 2022 et la France a retrouvé le niveau de 2 %, au plus haut depuis 2014. L’inquiétude se porte plus particulièrement sur les pays périphériques. Les rendements italiens à 10 ans ont dépassé 3,7 %, ce qui nous renvoie à octobre 2018 quand le gouvernement composé de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles s’opposait à l’Europe. L’Espagne et le Portugal ont tous deux dépassé 2,7 % sur la même échéance. Christine Lagarde a indiqué vouloir lutter contre ce phénomène qu’elle appelle fragmentation sans toutefois expliciter clairement par quels moyens.

Toujours sur le front des prix, la fin de semaine a vu la publication des chiffres d’inflation américains pour le mois de mai à 8,6 % (en glissement annuel), au-dessus des attentes. Les marchés anticipent dorénavant des Fed funds à 3 % en fin d’année contre 0,75 % aujourd’hui (en fourchette basse).

Ces tensions sur les marchés obligataires, ainsi que les craintes de ralentissement économique, ont une nouvelle fois pesé sur les indices actions. L’Eurostoxx 50 et le S&P 500 ont cédé respectivement 4,88 % et 5,05 % sur la semaine.

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