Ce sont des générations entières de dirigeants d’entreprises qui ont grandi avec en tête le scénario de la mondialisation et son corollaire : une concurrence mondialisée, impitoyable, mais aux règles connues.

Ce sont des générations entières de dirigeants d’entreprises qui ont grandi avec en tête le scénario de la mondialisation et son corollaire : une concurrence mondialisée, impitoyable, mais aux règles connues.

Après la volonté affichée de faire passer Nokia et/ou Ericsson sous pavillon américain, l’affaire TikTok marquera peut-être la décennie qui s’ouvre comme le moment où les Etats-Unis ont rappelé qu’ils dictaient les conditions de la concurrence internationale et qu’une issue trop défavorable ne saurait être tolérée. Ils ont ainsi mis fin au mythe – déjà largement écorné par la Chine – d’une concurrence principalement basée sur les mérites des entreprises protagonistes dans leurs marchés respectifs.

En effet, jamais les Etats-Unis n’ont connu de concurrence sérieuse jusqu’ici dans le domaine des plateformes internet, capables de s’implanter sur leur territoire. TikTok est venu bousculer la donne, et le dilemme auquel la société fait aujourd’hui face – vendre ses activités américaines, probablement à Microsoft ou perdre tout droit de cité – est révélateur de plusieurs éléments clés :

  • Sur le plan politique : Microsoft, après avoir obtenu le contrat JEDI pour la modernisation du cloud gouvernemental et échappé à l’audition – très médiatisée – par le congrès des géants de l’internet sur l’abus de position dominante, se trouve en situation très favorable pour négocier un rachat de TikTok à prix cassé, confirmant la qualité de sa connexion avec les milieux de Washington et le sacre de la symbiose entre Microsoft et les autorités américaines.
  • Sur le plan de la concurrence : malgré tout le bruit médiatique, y compris outre-Atlantique sur la nécessaire régulation des GAFA, confier à Microsoft le potentiel rachat de TikTok vient battre en brèche l’idée selon laquelle il faut empêcher les GAFA de poursuivre des acquisitions qui ne font que renforcer l’effet réseau (ou cercle vertueux) dont ils bénéficient déjà à plein. Dans le cas présent, la manœuvre devrait clairement renforcer Microsoft et créer un effet réseau avec les autres franchises de la société (Cloud, Xbox…).
  • Sur le plan international : en adoptant des techniques similaires à celles traditionnellement employées par les pays émergents et la Chine en particulier, les Etats-Unis quittent leur position de garant du système de règles, et légitiment ainsi toute attitude similaire à l’avenir de n’importe quel pays, ouvrant la voie à de nombreux rapports de force, jusqu’ici tempérés.

Cet épisode vient donc consacrer le soutien dont bénéficient les géants de l’internet américain de la part de leur gouvernement, en tant qu’instruments de protection de la puissance américaine. Il interroge également sur la capacité de l’Europe à faire émerger ses champions numériques et défendre les intérêts de ses entreprises dans un monde où le rapport de force/puissance est désormais inévitable.

Par Jacques-Aurélien Marcireau, Co-Directeur de la Gestion Actions et Gérant du fonds EdR Fund Big Data chez Edmond de Rothschild Asset Management

AVERTISSEMENT : Document non contractuel. Ce document est exclusivement conçu à des fins d’information. Les données chiffrées, commentaires et analyses figurant dans cette présentation reflètent le sentiment de Edmond de Rothschild Asset Management (France) et de ses filiales sur les marchés, leur évolution, leur réglementation et leur fiscalité, compte tenu de son expertise, des analyses économiques et des informations possédées à ce jour. Ils ne sauraient toutefois constituer un quelconque engagement ou garantie de Edmond de Rothschild Asset Management (France). Tout investissement comporte des risques spécifiques. Tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou conseiller, afin de se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement indépendamment de Edmond de Rothschild Asset Management (France) et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale et personnelle. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET MANAGEMENT (France) 47, rue du Faubourg Saint-Honoré – 75401 Paris Cedex 08 Société anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 11 033 769 euros Numéro d’agrément AMF GP 04000015 – 332 652 536 R.C.S. Paris T. +33 (0)1 40 17 25 25 – F. +33 (0)1 40 17 24 42 www.edram.fr

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Le groupe Edmond de Rothschild est indépendant, à capital familial, spécialisé dans la Banque Privée et l’Asset Management. Il est également présent dans les métiers de Corporate Finance, de Private Equity et d’Administration de Fonds.

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