La semaine du 17 février 2020 aura marqué la fin de la trajectoire ascendante connue par les marchés actions depuis plus de 10 ans. Une semaine marquée par l’émergence de la crise du Covid-19 au-delà des limites du continent asiatique et par la trop lente prise de conscience occidentale du potentiel défi sanitaire qui se présentait.

La semaine du 17 février 2020 aura marqué la fin de la trajectoire ascendante connue par les marchés actions depuis plus de 10 ans. Une semaine marquée par l’émergence de la crise du Covid-19 au-delà des limites du continent asiatique et par la trop lente prise de conscience occidentale du potentiel défi sanitaire qui se présentait. La crise du Covid-19 apparaît alors sous un angle différent d’un point de vue économique. Si la propagation du virus aux mois de janvier et février en Asie n’a eu qu’un impact contenu sur les bourses locales et mondiales, notamment en raison de la réponse apportée par les différents gouvernements de ces pays, exemplaire si l’on écarte le cas de la Chine, c’est donc l’inadaptation de la réponse sanitaire adressée par les pays occidentaux qui est le véritable moteur de la crise. En effet, alors que le gouvernement coréen est parvenu à maîtriser la situation en appliquant une politique de tests massifs dès les premiers jours, les pays n’ayant pas agi de la sorte se sont vus contraints de procéder à des blocages, partiels ou complets, de la population et de leurs économies.

Le niveau d’incertitude concernant la durée et l’intensité de ces blocages rend vaine toute tentative de prédiction de l’impact de cette crise sur le PIB des économies. Cependant, les dernières prévisions des établissements financiers américains annoncent d’ores et déjà une chute de PIB historique pour le 2e trimestre 2020 (-24% pour Goldman Sachs) avant un redressement attendu pour les 3e (+12%) et 4e(+10%) de l’année. Selon ces données, la chute du PIB 2020 aux Etats-Unis atteindrait -3.1%. Sur le continent européen, la présidente de la Banque centrale européenne a pu annoncer un potentiel de baisse de l’ordre de -5% pour cette même année. Face à la gravité de la situation, les autorités (Banques centrales et gouvernements) ont réagi en ordre dispersé.

Aux Etats-Unis, la première intervention économique a été le fruit de la Réserve fédérale, avec une baisse de son taux directeur de 50 points de base. Depuis lors, les actions de la FED se sont multipliées, baisse des taux à 0 (soit une baisse totale de 150 points de base), mise en place d’un nouveau plan d’assouplissement quantitatif de 700 milliards de dollars le 15 mars, sans compter les multiples interventions sur les différents marchés soumis à des tensions concernant la liquidité. Il doit être noté que 327 milliards de dollars ont d’ores et déjà été « injectés » dans le marché au cours de la semaine du 16 mars, ne laissant que 373 milliards « disponibles » pour agir au cours des prochains jours et semaines. Une situation qui laisse penser que la Réserve fédérale pourrait revoir à la hausse son niveau d’intervention. Au regard de l’intensité de la crise actuelle, l’annonce d’un caractère « illimité » de l’intervention monétaire américaine pourrait être un élément déclencheur d’une réelle accalmie sur les marchés financiers.

Contrairement au précédent de l’année 2008, la force et la rapidité de la réponse adressée par la Réserve fédérale des Etats-Unis ont pour le moment permis d’éviter la transmission de la crise au secteur financier, sans pour autant permettre une stabilisation des an​​​​​​ticipations économiques. D’un point de vue budgétaire, les désaccords actuels au sein du Congrès des Etats-Unis n’ont pas encore permis la validation du plan de soutien et de relance souhaité par l’exécutif américain. Ici encore, les chiffres annoncés à ce jour, compris entre un effort de 5 à 10% du PIB, laissent présager d’une action plus soutenue que lors de la crise de 2008. D’un point de vue économique, si la réponse budgétaire est adaptée sur le court terme, la réponse monétaire est la priorité sur le moyen et long terme. En effet, les autorités monétaires disposent de la capacité de sur-réagir aujourd’hui en injectant des liquidités de façon illimitée, tout en ayant la possibilité de corriger la situation en cas de surchauffe.

Seule la capacité des Etats à répondre efficacement aux enjeux sanitaires permettra la pleine prise en compte des efforts réalisés par les différentes autorités sur le plan économique. De ce point de vue, la très forte montée en puissance des capacités de tester la population aux Etats-Unis – passant de 7000 tests par jour le 15 mars à 45 000 tests par jour le 22 mars – pourrait permettre (sans être le scénario central) l’évitement du blocage complet du pays. L’enjeu étant ici de développer des capacités de test à un rythme plus élevé que la propagation du Covid-19 au sein de la population, dans le but de circonscrire et d’isoler les cas positifs.

En Europe, la première intervention de la Banque centrale européenne, datée du 12 mars, a pu considérablement décevoir les marchés financiers par sa faible ampleur. Une déception corrigée la nuit du 18 mars par l’annonce d’un plan d’assouplissement quantitatif de 750 milliards d’euros venant s’ajouter aux opérations déjà en cours, pour un montant total supérieur à 1 000 milliards d’euros. Si la BCE a été trop lente dans sa réaction, la décision prise ici montre un engagement sans précédent des autorités monéta​ires européennes. Cette décision est également une incitation claire pour les pays membres à engager un soutien budgétaire important à leurs économies. Alors que la détention de la dette d’Etat par la BCE est autorisée à hauteur de 33% de la dette totale de chacun des pays membres, chaque pays décidant de procéder à un emprunt obligataire sera ainsi assuré de voir un tiers de ces nouvelles émissions s’afficher au bilan de la BCE. Sur cette base, le gouvernement allemand sera amené à se décider, au cours des prochaines heures, sur le lancement d’un plan de relance historique pour soutenir son économie. Dans le même temps, le gouvernement espagnol lance un appel pour un « plan Marshall » européen. Si les initiatives prises au cours de ces derniers jours peuvent susciter l’optimisme, un examen approfondi du résultat sera nécessaire. Les effets d’annonce européens ayant trop souvent surpassé la réalité des actions.

Au-delà des initiatives économiques menées en Europe, la nécessité d’une action radicale sur le plan sanitaire apparaît comme le meilleur moyen d’aplanir la crise économique. De ce point de vue, le suivi quotidien des statistiques sanitaires et des moyens mis en œuvre pour contenir la propagation du virus est primordial pour ajuster les décisions d’investissement. Si la stratégie de tests massifs est déployée depuis un mois en Allemagne, et plus récemment en Espagne et en Italie, la France affiche un retard conséquent en la matière. De plus, l’absence de coordination des stratégies sanitaires au sein de la zone euro pourrait voir émerger des différences importantes en termes de durée de crise, ce qui pourrait fragiliser le potentiel de réponse commune à la crise.

Conclusion
Au 23 mars, la propagation du virus au sein des pays occidentaux est toujours en forte hausse. Seule une inversion du taux de progression est à même de donner un signal positif aux marchés financiers. Un signal qui permettra également un ajustement plus clairvoyant au regard des annonces économiques d’ores et déjà prises par les différentes autorités, budgétaires et monétaires. La zone euro pourrait être l’économie la plus touchée pour cette année 2020. Les réponses économiques apportées par les autorités. Concernant les taux d’intérêts, si les taux courts sont attendus à des niveaux durablement bas, une amélioration de la situation sanitaire pourrait avoir pour conséquence de voir une pentification de la courbe se mettre en place, notamment en raison de la nouvelle réalité à l’œuvre ; la monétisation de la dette des Etats européens et américains, par le biais des banques centrales. Il est cependant encore trop tôt pour déterminer si les annonces actuelles s’ancreront dans la réalité.PS : Le 23 mars à 13h00, la Réserve fédérale des Etats-Unis est passée en régime « illimité » concernant ses programmes de rachats d’actifs. Une décision historique qui donne au gouvernement un répit sur le front économique et lui permet de se consacrer pleinement au défi sanitaire. Le message envoyé ce jour par les autorités monétaires est double, un soutien illimité en termes de liquidités pour tenter d’éviter la transmission au secteur financier, mais également un soutien illimité à la croissance post-crise.

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