Depuis la confirmation officielle de l’OMS, le 11 mars dernier, que l’épidémie de covid-19 était passée au stade de pandémie, le cours de l’or, qui avait atteint un point haut quelques jours auparavant à 1700 $ l’once, s’est contracté de plus de 10%, contrairement à ce que son image d’actif refuge pouvait laisser présager, avant de regagner ensuite une partie du terrain perdu.

Depuis la confirmation officielle de l’OMS, le 11 mars dernier, que l’épidémie de covid-19 était passée au stade de pandémie, le cours de l’or, qui avait atteint un point haut quelques jours auparavant à 1700 $ l’once, s’est contracté de plus de 10%, contrairement à ce que son image d’actif refuge pouvait laisser présager, avant de regagner ensuite une partie du terrain perdu.

Peu d’actifs financiers ont pu résister à la vague de retraits observée sur les marchés financiers depuis la dernière semaine de février, alors que les investisseurs prenaient la mesure de l’étendue de l’épidémie et que les économies entraient les unes après les autres en sommeil. Les places boursières européennes se sont effondrées de près de 25% depuis lors, les cours des matières premières de 20%, entrainés par un cours du pétrole au plus bas depuis 17 ans (en recul de 60% à 23$ le baril de Brent), tout comme les obligations dites « spéculatives ». Même les obligations supposées de meilleure qualité, qu’elles soient émises par le secteur public ou privé, n’ont pu faire face au choc, en repli de 2% pour les unes et de 7% pour les autres.
Dans ces circonstances, la principale explication de la baisse du métal jaune réside dans les très lourdes pertes subies par différents acteurs – fonds spéculatifs notamment – sur les marchés d’actions, les appels de marge occasionnés par ces pertes les obligeant à dégager des liquidités en vendant les actifs n’ayant pas baissé, l’or en particulier. Mettant fin à ces besoins de liquidités, la stabilisation des marchés d’actions a ensuite permis à l’or de regagner une grande partie du terrain perdu, l’examen des évolutions comparées des actions et de l’or depuis le début de la crise covid-19 (Fig.1) montrant que ce dernier a finalement bien joué son rôle d’actif refuge.

Fig1.png

Et maintenant ? 
Le moins que l’on puisse dire est que les repères ont disparu. Que signifie un PE d’entreprise lorsque 30% de son activité est remise en question, que ses profits sont en passe d’être réduits à peau de chagrin et que ses coûts financiers explosent ? Quelle est la valeur d’une obligation émise par un Etat d’une zone monétaire qui compte augmenter sa base monétaire dans des proportions inédites afin de financer les déficits des Etats qui la composent ? Comment traverser ce qui s’annonce être comme la plus importante récession depuis près d’un siècle tout en assurant l’équilibre des prix à la consommation ?
Pour illustrer cette perte de repères, il suffit de regarder les mouvements observés sur les taux réels et les anticipations d’inflation en l’espace quelques jours. L’inflation anticipée a plongé de 1,2% à 0,4%, pour revenir à 0,6% (Fig. 2). Quant au taux réel, il est passé de – 1,2% à 0% en quelques jours, pour finalement revenir sur -0,45% (Fig. 3).

Fig2 et 3.png

Une chose est pourtant peu contestable : les réponses budgétaires et monétaires dévoilées chaque jour nous garantissent plus de dette et plus de monnaie, pour la même quantité d’actifs, ce qui ne manquera pas d’alimenter d’autres bulles.
En schématisant fortement : ​
  • Si la stratégie de relance budgétaire atteint son objectif et que la monétisation de la dette organisée par les banques centrales conduit à une pression sur les prix (inflation), l’or profitera de la dévaluation induite de la monnaie ;
  • Si la dépression s’installe et que la valeur des actifs financiers continue de s’effondrer (déflation), l’or bénéficiera de son statut d’actif refuge, protégeant le capital investi.
​Dans ce contexte, l’investissement en or physique (1) garde tout son sens. Il devrait, comme ce fut le cas pendant des siècles, préserver le pouvoir d’achat face à des monnaies vouées à être dépréciées. Les mouvements de prix des années 1970 et 2000 (Fig. 4) sont à ce titre illustratifs de période de désarrimage des anticipations d’inflation.
Fig 4.png
(1) Face aux différents supports investis en or « papier », l’investissement en or physique est la seule assurance d’une détention réelle d’un stock d’or, à l’heure où une pénurie se fait jour sur les pièces d’or (avec des primes payées élevées) et où les raffineries de production de barres d’or sont à l’arrêt.

FRANCK LANGUILLAT
DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ, DIRECTEUR DES GESTIONS

Financiere de la Cite

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La Financière de la Cité a été créée en 2005 pour accompagner les grands investisseurs institutionnels et privés dans la définition et la conduite de leur politique de placement.

Au contact des institutions qui l'ont associée à leurs réflexions, la Financière de la Cité a développé un large éventail de compétences spécialisées sur les classes d'actifs traditionnelles, actions et obligations, ainsi que sur l’or physique.

L’équipe de gestion (7 gérants analystes et 1 économiste) est organisée en différentes divisions de gestion constituant des pôles d’expertise autonomes, permettant de couvrir l’ensemble du champ de l’investissement : gestion diversifiée convertible, gestion actions, gestion obligataire court terme, gestion obligataire spécialisée et or physique.

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