La pandémie de coronavirus touche les banques brésiliennes à court terme, mais les perspectives sont-elles entièrement mauvaises ? Gustavo Stenzel, de Franklin Templeton Emerging Markets Equity, nous explique pourquoi certaines banques pourraient sortir plus fortes de la pandémie par rapport à une nouvelle série de concurrents dans les technologies financières.

La pandémie de coronavirus touche les banques brésiliennes à court terme, mais les perspectives sont-elles entièrement mauvaises ? Gustavo Stenzel, de Franklin Templeton Emerging Markets Equity, nous explique pourquoi certaines banques pourraient sortir plus fortes de la pandémie par rapport à une nouvelle série de concurrents dans les technologies financières.

Les actions bancaires ont connu une période difficile dans le monde entier suite à l’effondrement de l’activité économique provoqué par la pandémie de COVID-19. Les prévisions de ralentissement de la croissance des prêts, de baisse des marges et de montée des créances douteuses ont mis à mal les projections de bénéfices à court terme.  De nombreux pays ont aussi fait appel aux banques pour soutenir les emprunteurs par des mesures telles que des moratoires sur les prêts (avec suspension des remboursements) et plus encore. Comme on pouvait s’y attendre, les banques ont été surveillées de près au cours de cette période.

Les actions des banques brésiliennes ont elles aussi subi une forte correction. Il ne fait aucun doute que la pandémie pèsera sur leur activité à court terme. Nous pensons toutefois que la chute des actions bancaires a été excessive, et la probabilité d’une crise bancaire systémique au Brésil nous semble faible. Nous pensons que certaines banques brésiliennes aux fondamentaux solides devraient sortir gagnantes face à certains de leurs concurrents encore non éprouvés dans la technologie financière (fintech), qui pourraient avoir du mal à garder la tête hors de l’eau.

Les banques brésiliennes étaient généralement en bonne santé avant la pandémie

Dans une large mesure, les banques brésiliennes étaient mieux capitalisées à l’aube de cette crise que durant la dernière crise traversée par le pays. Une récession qui a touché le pays il y a cinq ou six ans les avaient poussées à réduire les risques de leurs bilans. Les entreprises et les consommateurs ont aussi évité de trop emprunter dans une économie qui restait en demi-teinte. Vu ces ajustements antérieurs, nous pensons que les banques brésiliennes sont généralement bien placées pour surmonter l’incertitude actuelle.

Avant la pandémie, le risque de bouleversement du marché par les concurrents spécialisés dans la fintech avait quelque peu détourné les investisseurs des banques brésiliennes. Un financement généreux par les investisseurs technologiques avait favorisé un boom de la fintech au Brésil et permis à bon nombre de start-ups de courtiser les clients avec des modèles d’affaires basés sur des frais nuls ou très faibles. Les autorités de réglementation avaient aussi abaissé les obstacles opérationnels afin de permettre aux sociétés de fintech de faire concurrence aux banques en place. Parmi ces nouveaux venus, on peut citer notamment la banque numérique Nubank, qui a fait des vagues avec sa carte de crédit basée sur une appli, sans frais annuels et avec des taux d’intérêt plus faibles, ou encore le courtier en ligne XP. Une concurrence de niche va persister, mais nous pensons que l’ensemble du gâteau peut encore nettement grossir. Le taux de pénétration reste extrêmement faible dans certains secteurs clés comme les emprunts hypothécaires, avec seulement 9 % du produit intérieur brut dans les prêts de ce segment, contre plus de 70 % aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Les gros avantages des grandes banques sont leurs bilans solides permettant un effet de levier, ainsi que l’accès aux clients et la confiance de ceux-ci. Même si les nouveaux-venus se réjouissent de l’initiative « banque ouverte » qui permettra d’accéder aux données de crédit des clients, la confiance va rester un avantage important. On peut citer en exemple l’accélération de la croissance de XP après qu’Itau est devenu l’un de ses principaux actionnaires.

Nouvelle donne pour les banques

Nous pensons que la crise du COVID-19 devrait désarçonner une grande partie de la concurrence fintech. Les investisseurs gardent leurs liquidités, et l’activité de financement a ralenti dans le monde entier. Dans cet environnement, de nombreux acteurs de la fintech à forte consommation de liquidités (parce qu’ils renoncent aux revenus de commissions et possèdent des franchises de dépôt peu élevées et de faibles capitalisations) ne nous semblent pas viables. Les sociétés fintech de niche qui tentent de devenir des banques à part entière pourraient constater que la route est semée d’embûches. La taille compte dans le secteur bancaire brésilien, marqué par de lourdes charges réglementaires et fiscales.

À l’inverse, nous pensons que les banques en place leaders de leurs marchés, avec des bases de dépôts solides et des fonds propres généreux, devraient surmonter cette période difficile tout comme elles ont survécu à d’autres crises dans le passé. Les banques de détail bien établies, qui reçoivent régulièrement les salaires de leurs clients, seront particulièrement bien placée pour profiter de la fidélité de leurs clients et de dépôts stables.

Ainsi, les investissements d’Itaú Unibanco dans la numérisation lui ont permis de s’adapter lorsque la pandémie a bouleversé le fonctionnement de ses agences physiques.

Accroître la pénétration bancaire

La pandémie pourrait aussi avoir pour effet induit d’accroître la pénétration bancaire au Brésil. Le gouvernement a versé des aides d’urgence par l’intermédiaire des banques, obligeant ainsi de nombreuses personnes précédemment « sans banque » à ouvrir des comptes bancaires. Ce groupe de nouveaux clients pourrait susciter une nouvelle vague de demande en services financiers à l’avenir.

Une fois la crise passée, nous pensons que les banques de qualité devraient reprendre une croissance séculaire. La pénétration du crédit au Brésil est nettement inférieure à celle observée sur d’autres marchés, ce qui laisse présager un potentiel de croissance au cours des années à venir. La banque centrale du Brésil a aussi abaissé son taux directeur à un point bas record, ce qui réduit les coûts de renégociation ou de restructuration d’emprunts et pourrait favoriser une croissance du crédit à plus long terme.

Notre conviction à long terme reste optimiste pour certaines banques brésiliennes aux fondamentaux solides, dont la position de concurrence s’améliore et qui pourraient profiter de moteurs de croissance structurels. Dans ce contexte, nous trouvons des valorisations intéressantes et nous continuerons à suivre les évolutions de près.

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