La Commission européenne a dévoilé un nouveau plan de relance de l’après-coronavirus de 750 milliards d’euros, comprenant l’émission de nouvelles obligations. David Zahn, Head of European Fixed Income, le qualifie de révolutionnaire.

L’Union européenne (UE) semble s’être enfin réunie pour proposer un plan de relance économique afin d’aider les États membres à lutter contre les effets économiques dévastateurs de la COVID-19. Dans son discours au Parlement européen (le 27 mai) annonçant le plan de 750 milliards d’euros, la présidente de la Commission européenne (CE), Ursula von der Leyen, a déclaré que c’était « le moment de l’Europe ».

Bien que les 27 États membres de l’UE doivent encore approuver l’accord, celui-ci semble avoir obtenu le soutien de l’Allemagne et de la France, ce qui devrait contribuer à le consolider. Ce plan, baptisé « Next Generation EU », représente selon moi une étape importante pour soutenir l’économie européenne et faire preuve d’unité.

Il est clair que la COVID-19 a dévasté l’économie européenne. Selon les estimations, le produit intérieur brut (PIB) de l’UE a considérablement diminué au cours du deuxième trimestre de 2020 par rapport à 2019. Dans l’ensemble, l’économie de l’UE devrait connaître une contraction à un chiffre cette année, mais une deuxième vague d’infections et de nouvelles mesures de confinement pourraient faire chuter le PIB de plus de 10 % cette année. 1

La Commission européenne a déclaré que le plan Next Generation EU, qui renforcera le budget de l’UE grâce aux nouveaux financements levés sur les marchés financiers pour 2021-2024, sera déployé autour de trois piliers :2

  • Aider les États membres à se redresser
  • Relancer l’économie et aider l’investissement privé
  • Tirer les leçons de la crise, ce qui inclut un nouveau programme de santé (EU4Health), le renforcement d’un programme de soutien essentiel pour faire face aux crises futures (rescEU) et la stimulation de la recherche et de l’innovation

Par le passé, le budget de l’UE ne devait pas dépasser 1 % du PIB de l’UE, mais ce plan relève temporairement le plafond à 2 %, ce qui constitue un grand pas en avant. La Commission utilisera sa solide cote de crédit pour emprunter 750 milliards d’euros sur les marchés financiers, qui seront remboursés par les futurs budgets de l’UE sur une période de 30 ans allant de 2028 à 2058. C’est beaucoup d’argent, avec un long horizon pour rembourser les obligations.

De manière significative, le fonds serait composé de 500 milliards d’euros de subventions et de 250 milliards d’euros de prêts. L’Italie et l’Espagne, les deux pays les plus touchés par la COVID-19, recevront respectivement 81,8 milliards d’euros et 77,3 milliards d’euros de subventions. L’Italie a une dette particulièrement élevée, de sorte que les subventions sont importantes.

Un tournant dans l’histoire

Le plan doit encore être approuvé par les membres, de sorte que les négociations pourraient se solder par quelques revers, plusieurs États membres s’étant opposés à l’idée de s’endetter davantage. Cependant, les deux plus grandes économies, l’Allemagne et la France, ont apporté leur soutien à l’émission de la dette de l’UE, ce qui constitue à nos yeux une véritable révolution. Cela implique les 27 États membres de l’UE – et pas seulement la zone euro – et montre ainsi que l’Europe est prête à travailler ensemble à un moment crucial pour tirer parti de la puissance budgétaire combinée de ses membres. Il a fallu un choc existentiel, la pandémie COVID-19, pour galvaniser l’UE. Bien que le plan Next Generation EU soit conçu pour une durée limitée, il pourrait constituer un mécanisme à utiliser pour les futures crises.

L’argent devra être remboursé sur le budget de l’UE par le biais de taxes supplémentaires qui feront avancer son programme. Les frais d’intérêt devraient être très faibles, avec des taux bien inférieurs à 1 %.

Quelles sont les implications en matière d’investissement ?

Dans son plan « Next Generation EU », la Commission européenne fait référence au « European Green Deal », la stratégie de croissance de l’UE. Tous les investissements publics doivent respecter le serment « ne pas nuire ». En d’autres termes, les pays qui reçoivent de l’argent du budget de l’UE ou de ce plan devraient continuer à investir dans la transition de leurs économies vers davantage d’énergies renouvelables, dans le but de réduire les émissions de carbone. Pour les investisseurs, cela devrait être positif pour l’univers des obligations vertes ou à impact carbone négatif. La crise du coronavirus et le changement climatique sont deux problèmes à traiter en même temps.

L’émission de nouvelles dettes de l’UE devrait, selon nous, réduire la prime de risque du crédit européen et des obligations d’État périphériques. Jusqu’à présent, l’Allemagne n’a pas favorisé la dette de l’UE, si bien que son acceptation signifie maintenant que nous avons pour ainsi dire franchi le Rubicon. Le transfert budgétaire n’a jamais été effectué auparavant, c’est donc un grand pas en avant et nous pensons que le moment est venu de le faire.

Au niveau de chaque pays, l’Italie et l’Espagne seront probablement mieux lotis puisqu’ils bénéficieront d’un transfert, tandis que l’Allemagne et la France paieront davantage. Ainsi, les obligations périphériques en Europe devraient être bien soutenues : Espagne, Italie, Portugal, Grèce et Chypre.

Les obligations allemandes ont été le fondement de l’UE ; lorsque les temps ont été durs et que l’on a parlé de rupture, de nombreux investisseurs ont voulu investir dans les obligations allemandes qui représentaient des valeurs refuges.  Mais aujourd’hui, nous pensons que les chances d’une rupture de la zone euro sont réduites et que les investisseurs pourraient considérer les nouvelles obligations européennes comme une valeur refuge. Ainsi, les rendements des obligations allemandes pourraient augmenter légèrement, mais il est plus probable que des écarts avec les obligations des pays périphériques vont apparaître. Cela marque également le début d’un grand marché obligataire liquide d’importance mondiale. L’euro devrait être une monnaie plus robuste à long terme, et la prime de risque de crédit devrait être réduite.

Mentions légales importantes

Ces documents sont fournis uniquement dans l’intérêt général et ne sauraient constituer un conseil d’investissement individuel, une recommandation ou une incitation à acheter, vendre ou détenir un titre ou à adopter une stratégie d’investissement particulière. Il ne constitue pas un conseil d’ordre juridique ou fiscal.

Les opinions exprimées sont celles des gérants mentionnés et les commentaires, opinions et analyses sont valables à la date de la publication (ou pour certains cas précis à une autre date donnée) et peuvent être modifiés sans préavis. Les informations contenues dans ce document ne constituent pas une analyse complète de chaque évènement important survenant dans un pays, une région ou un marché.

Les données de tierces parties peuvent avoir été utilisées dans la préparation de ce document et Franklin Templeton (« FT ») n’a pas vérifié, validé ni audité de manière indépendante ces données. FT décline toute responsabilité en cas de perte due à l’utilisation de ces informations et la pertinence des commentaires, des opinions et des analyses contenus dans ce document est laissée à la seule appréciation de l’utilisateur.

Les produits, services et informations peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions et sont fournis en dehors des États-Unis par d’autres sociétés affiliées de FTI et/ou leurs distributeurs, dans la mesure où la réglementation/législation locale l’autorise. Veuillez consulter votre conseiller financier ou votre interlocuteur Franklin Templeton pour toute information supplémentaire sur la disponibilité des produits et services dans votre juridiction.

Publié aux États-Unis par Franklin Templeton Distributors, Inc., One Franklin Parkway, San Mateo, Californie 94403-1906, (800) DIAL BEN/342-5236, franklintempleton.com – Franklin Templeton Distributors, Inc. est le principal distributeur des produits enregistrés aux États-Unis de Franklin Templeton Investments, qui ne sont pas assurés par la FDIC, peuvent perdre de la valeur, ne sont pas garantis par la banque et sont disponibles uniquement dans les juridictions dans lesquelles est permise une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de ces produits, en vertu des lois et règlements applicables.

CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées de CFA Institute.

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens inverse des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur d’un portefeuille obligataire peut baisser. Les investissements dans des titres étrangers comportent des risques spécifiques liés notamment aux fluctuations des taux de change, à l’instabilité économique et à l’évolution de la situation politique.

1. Source : Commission européenne, « Europe’s moment: Repair and Prepare for the Next Generation », 27 mai 2020. Rien ne garantit que les estimations, prévisions ou projections se réalisent.

2. Source : Commission européenne, « Recovery Plan for Europe », 27 mai 2020.

Franklin Templeton

Franklin Templeton

Franklin Templeton France S.A. est une filiale de Franklin Resources, Inc.

Franklin Resources, Inc. [NYSE : BEN] est une société de gestion internationale qui opère sous le nom de Franklin Templeton Investments.

Ce site et les informations qu'il contient ne constituent pas une offre de vente ni une invitation ou une sollicitation d'offre d'achat de produit ou service par Franklin Templeton Investments. Aucune information figurant sur ce site Internet ne doit être considérée comme un conseil en investissement, fiscal, juridique ou autre. Tout investissement comporte des risques, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. Pour en savoir plus, veuillez consulter votre conseiller financier habituel ou contacter Franklin Templeton France.

LinkedIn appartient à un tiers sans lien avec notre société. Nous ne sommes pas responsables des politiques de confidentialité, de sécurité ou d'utilisation de LinkedIn relatives à ce service, ni du contenu, des logiciels ou des outils de LinkedIn ou d'un tiers accessibles par le biais des liens proposés sur cette page. Vous utilisez les sites, informations, logiciels et contenus des tiers à vos propres risques.

View all posts


Newsletter

En renseignant votre adresse mail, vous acceptez de recevoir nos newsletters quotidiennes. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien de nos mails ou à l’adresse contact@fundswatch.fr

Le fonds du jour

X