Les gérants ont dû composer avec un premier semestre éprouvant, qui vient de s’achever est un cas d’école de différentes psychologies de marché que l’on peut retrouver classiquement en finance comportementale. Ces différents « comportements », très tranchés ont construits des « épisodes » de marché très distincts, bornés et identifiables. Prendre maintenant un peu de hauteur sur ces différentes phases de marché aidera les professionnels de la gestion de fonds à mieux comprendre l’effet de fédération qui a construit ces épisodes, à mieux se situer temporellement dans notre environnement de marché post-krach, et par la suite à mieux positionner le curseur de prise de risque pour le second semestre.

Concentrons-nous sur le CAC 40. Après un début d’année marqué par une consolidation à plat, une confrontation mesurée entre acheteurs et vendeurs créait une forme d’équilibre, à peine rompue par l’alerte du tout début du mois de février. Les opérateurs, mus tout simplement par la cupidité ne regardent alors que dans une unique direction : au-delà des 6 000 points. L’énorme gap du 24 février (gap dit de rupture) a profondément marqué le parcours boursier de l’indice phare français, car il a dessiné à la hache un fossé profond en-deçà duquel, les craintes, puis les peurs, puis la panique se sont exprimées, jusqu’à la formation d’une abdication finale au creux du mois de mars, dans des volumes très puissants, et une fédération sectorielle qui n’avait été atteinte jusque là. Le mouvement vendeur s’épuise enfin.

Au moment où plus personne ne croit plus en rien (perte totale de confiance, aucune branche, même la plus défensive, à laquelle se rattraper), des mouvements de contestation se construisent, sur la seconde partie du mois de mars, dans une volatilité intense, avant l’entrée en range, dans une phase de respiration du boxeur groggy, au tournant du mois de mai. C’est précisément en fin de phase de respiration que la volatilité s’en mêle, avec un fort effet d’amplification (Bêta), sur d’emblématiques dossiers qui avaient été massacrés pendant le krach, sur des secteurs comme l’équipement automobile, les services pétroliers, l’aéronautique, la banque et l’assurance. La peur de manquer une occasion (phénomène FOMO, bien connue des professionnels du marketing), joue alors à plein, dans un marché qui devient particulièrement « technique », depuis ses oscillations empreintes de nervosité autour du seuil (psychologique lui aussi !) des 5 000 points, dans la seconde partie du mois de juin.

Le phénomène de résilience est par essence spectaculaire, mais il a tendance à nous faire oublier la fracture initiale (24 février), avec progression de la douleur jusqu’au 16 mars. Et pourtant, cette fracture a redéfini profondément le trend primaire, en cassant en ligne droite tous les gains engrangés depuis près de 7 ans. Ce trend primaire est la base de travail essentielle, au sein duquel il convient encore de cadrer son approche. Et il n’y a aucune raison pour que le second semestre ne vienne pas compléter la « palette » des sentiments de l’investisseur. Si un ultime sursaut en direction du gap du 06 mars n’est pas à exclure, il sera à mon sens très risqué de se laisser tenter par le « bonbon » tendu par la main du marché. A ce stade, le curseur de prise de risque, dans une attitude contrariante, pourra être tourné significativement dans le sens du « Moins ».

Alexandre TIXIER

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