L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a rendu public, le 29 avril, son traditionnel rapport annuel. L’institution le reconnaît : la pandémie en cours « rend presque anecdotique le compte-rendu de l’activité 2019 ». D’ailleurs, en préambule, le Président de l’AMF, Robert OPHELE, dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, se projette déjà sur « l’après », à l’aune de l’onde de choc provoquée par la mise sous cloche de l’économie.

Le Président de l’AMF voit dans la crise du COVID-19, au sens large, un « véritable test de résistance » subi par la gestion d’actifs, secteur souvent cité comme « l’un des foyers de risque systémique, en particulier s’agissant des fonds ouverts à valorisation quotidienne. »

Une pandémie qui « aura des conséquences structurelles sur le fonctionnement des marchés financiers et le circuit de l’épargne», ajoute M. OPHELE. En effet, « le renforcement de la réglementation prudentielle des banques, couplée à une politique monétaire très accommodante dans une période de croissance économique pourtant soutenue, a favorisé l’accroissement du financement de l’économie par l’endettement de marché et le développement de la gestion d’actifs », détaille-t-il.

OPHELE a par la suite tenu à revenir sur la qualité du combat des acteurs de la gestion d’actifs dans le contexte du krach. « Force est de constater que ces défis ont été relevés de façon globalement satisfaisante par les gestionnaires, même si cela est en partie imputable à l’annonce de la Banque centrale européenne (BCE) de la mise en place d’un vaste programme d’achats de titres dit PEPP. »

Le constat est en revanche très amer sur la coopération européenne, en particulier la stérilité en situation d’urgence, de l’ESMA (European Securities and Markets Authority).

« La crise a mis en évidence la diversité des approches nationales, avec des transpositions différentes des directives européennes et des dispositifs en matière de gestion du risque de liquidité non harmonisés. Elle a ainsi montré les limites du rôle possible de l’ESMA en période de crise », constate froidement l’économiste.

« Si l’ESMA s’est révélée comme un cadre précieux d’échanges, d’analyse et d’harmonisation de certains calendriers ou priorités de supervision, il est clair que l’activation possible de ses pouvoirs d’urgence, prévue pourtant dans son règlement fondateur, apparaît bien illusoire », conclut-il sur le sujet.

Alexandre TIXIER

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