Le printemps semble être arrivé cette année en avance, à en juger le regain de forme observé de l’activité au premier trimestre, aussi bien aux États Unis qu’en Europe. Ainsi, malgré un effet négatif apparent de la flambée des cours du pétrole, la croissance mondiale semble avoir repris de la vigueur, aidée par les avancées sur le différend commercial entre les États-Unis et la Chine. Tout en reconnaissant ces évolutions favorables, nous continuons de penser que le ralentissement de la croissance va se poursuivre, surtout en Europe où une escalade du protectionnisme américain est à craindre. Nous excluons toutefois le scénario de récession, rassurés par l’évolution des dépenses de consommation et les propos des banques centrales.

Le cycle de croissance actuel des États-Unis est en passe de devenir le plus long de l’histoire de ce pays. En effet, alors que le consensus tablait sur un ralentissement du rythme de croissance de la première économie mondiale, cette dernière a accéléré. Ainsi, la première estimation du Bureau of Economics Analysis a montré que le PIB avait progressé de 3,2% en rythme annualisé au premier trimestre, très au-dessus des attentes du consensus des économistes. Ce coup de force est attribuable à une hausse des dépenses publiques mais surtout à un plongeon des importations et à une hausse de l’accumulation de stocks. Or, selon toute vraisemblance, les importations devraient progresser à nouveau avec le regain de vigueur des dépenses de consommation et la hausse des matières premières (+2,7% pour le CRB en 2019).

Cette accélération de la croissance américaine entrevue en ce début d’année ne devrait pas durer, surtout si l’effet de balancier attendu des stocks prend place après leur forte contribution au premier trimestre (apport de 0,7 point de croissance). Nous ne tablons toutefois pas sur une profonde décélération de l’économie américaine, rassurés par l’évolution du marché de l’emploi, la bonne orientation des salaires et des ventes au détail.

Une amélioration de l’activité a aussi été observée dans les pays émergents, bénéficiant des effets de la relance chinoise et de l’atténuation des craintes protectionnistes. Le Japon et l’Europe, les deux points de faiblesse de l’activité mondiale, ont également connu un léger mieux. Cela ne signifie pas pour autant que ces deux zones sont tirées d’affaire. En effet, le recours à la section 232 du Trade Expansion Act, fait planer un risque sur l’activité, ce qui se ressent sur l’évolution des indicateurs avancés.

Dans ces conditions, du fait d’une exposition forte sur l’industrie et d’une grande dépendance des exportations, l’Allemagne devrait souffrir de la hausse des tarifs douaniers américains sur leurs importations d’automobiles. Cela sera-t-il suffisant pour inciter le gouvernement allemand à mettre en place des mesures de relance budgétaire ? Rien n’est moins sûr tant l’objectif de ramener la dette sous le seuil de 60% du PIB, inédit depuis 2002, est forte.

Cela contraste avec le voisin français où le gouvernement a annoncé des mesures qui devraient soutenir le pouvoir d’achat et la croissance.

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