Parité Hommes Femmes en Gestion d’actifs : où en est-on ?

Le cabinet de conseil en ressources humaines Heidrick & Struggles a publié son étude annuelle sur la féminisation des talents dans le secteur de la gestion d’actifs, à l’échelle mondiale. Principaux enseignements.
Funds Watch

La proportion de femmes dans le secteur de la gestion d’actifs est restée quasiment statique pendant 20 ans. Le pourcentage de femmes gestionnaires de fonds dans le monde était le même à la fin de 2019 qu’en 2000, soit moins de 15%. L’analyse d’un panel de hauts dirigeants des 50 plus grandes sociétés de gestion d’actifs dans le monde a révélé que, même au sein de ce « gratin », seulement 20% des équipes de direction et des membres du conseil d’administration étaient des femmes. Et, comme l’impact de la pandémie de COVID-19 a généralement été plus grave sur les femmes qui travaillent que sur leurs homologues masculins, le cabinet s’attend, au mieux, à ce que les progrès restent au point mort.

L’enquête montre également qu’il existe des niveaux extrêmement inégaux de représentation féminine d’une entreprise à l’autre – entre 0 et 43%. Cette disparité montre que certaines organisations de gestion d’actifs ont fait des progrès significatifs en matière de parité hommes-femmes, progrès dont d’autres peuvent tirer des leçons. Justement, les entreprises qui ont des progrès à faire en matière de parité de genre ont des raisons commerciales de le faire. Les arguments en faveur d’une augmentation du nombre de femmes à des postes de direction dans les entreprises d’investissement deviennent de plus en plus puissants : une étude récente de Goldman Sachs a révélé que les fonds dirigés par des équipes entièrement féminines ou des équipes mixtes ont obtenu de meilleurs résultats que les fonds entièrement dirigés par des hommes sur les trois premiers trimestres de l’année 2020.

20% des dirigeants des 50 plus grandes sociétés de gestion d’actifs sont des femmes, et un tiers de ces femmes dirigeantes occupent un siège au conseil d’administration plutôt qu’un poste de cadre supérieur. Cependant, la moitié des entreprises ont une représentation féminine de 20% ou moins dans leur direction, et un quart n’ont tout simplement pas de femme dans leur conseil d’administration ou dans les équipes de direction. La répartition géographique des femmes dirigeantes est encore plus inégale : près de la moitié sont aux États-Unis, plus de 33% en Europe et 8% en Asie-Pacifique. Cette portée géographique reflète, il est vrai, le siège de ces organisations : 54% sont basées aux États-Unis, 10% au Royaume-Uni et 8% en France.

Par ailleurs, les sociétés de gestion d’actifs montrent une préférence relativement marquée pour le recrutement externe lorsqu’il s’agit de nommer des femmes à des postes de direction : l’étude de Heidrick & Struggles montre que 58% des femmes occupant des postes de direction ont été embauchées à l’extérieur, contre 42% qui ont été recrutées en interne.

Dans l’ensemble, il faut plus de temps aux femmes pour accéder à un poste de direction dans la gestion d’actifs lorsqu’elles ont été recrutées à l’extérieur : l’étude a révélé une différence de quatre ans. Cette disparité pourrait s’expliquer en partie par le fait qu’un grand pourcentage de femmes dirigeantes en gestion d’actifs occupent des postes au sein du conseil, qui nécessitent souvent une expérience préalable au comité de direction et deviennent plus tard disponibles dans le parcours de carrière de la plupart des cadres.

Précisions méthodologiques : le cabinet a examiné la composition des équipes de direction, des conseils d’administration et des équipes régionales des 50 premières entreprises classées dans l’indice des 500 meilleurs gestionnaires d’actifs de Willis Towers Watson. Le focus a été fait sur l’étendue des rôles et du parcours des femmes dirigeantes de ces entreprises, les voies qu’elles ont suivies pour accéder à ces postes et les compétences qu’elles ont acquises au cours de leur carrière.

A T

Total
0
Shares