Au final, les négociations vont s'accélérer à l'automne dans beaucoup de "bruit". Une issue de type hard Brexit à fin d'année augmente en probabilité. Cependant, notre scénario principal reste celui d'un accord FTA a minima portant sur les seuls biens pour éviter les délais d'attente aux frontières (des solutions technologiques sont désormais imaginées pour faciliter réguler les échanges aux frontières). Ensuite, des solutions temporaires devraient être envisagées sur les services (notamment financiers) et sur la réglementation de la pêche en eaux britanniques. Sur le plan économique, la survenance de deux adversités simultanées aux effets complémentaires constitue un choc systémique.

Le gouvernement britannique a soumis au Parlement une loi remettant en question l’accord de divorce pourtant validé avec l’UE il y a près d’un an (WA : Withdrawal Agreement) encadrant la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Cette nouvelle loi donnerait à Londres le pouvoir de prendre unilatéralement des décisions commerciales dans sa province d’Irlande du Nord, pouvoirs censés être partagés avec les européens selon l’accord WA. Ce faisant, cette loi i) enfreint le droit international, ii) remet en question la possibilité d’aboutir à un accord de libre-échange entre les deux parties avant la fin de l’année (FTA : Free Trade Agreement) et iii) constitue un risque à l’accord de paix entre l’Irlande du Nord et l’Irlande. En effet, s’il n’y a plus de frontière commerciale entre l’Angleterre et l’Irlande du Nord, cette frontière sera alors établie entre les deux « Irlande » fragilisant l’Accord de paix du Vendredi Saint.

Cette décision unilatérale du Royaume-Uni refait apparaître le spectre d’un retour aux seules règles commerciales de l’OMC. Ce coup de force constitue sans doute une tactique de durcissement de B. Johnson pour obtenir davantage de concessions de l’UE notamment sur le sujet des aides d’État. Nous pensons toujours que le Royaume-Uni a intérêt à un accord a minima. D’abord, Londres ne peut pas prendre le risque de mettre en péril l’Union Jack sachant que la pression augmente pour organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Ensuite, en l’état actuel, un accord de libre-échange serait aussi compromis avec les États-Unis depuis que Nancy Pelosi a déclaré qu’il n’y avait « aucune chance que le Congrès américain vote un accord commercial avec le Royaume-Uni » si l’Accord du Vendredi Saint était menacé. Enfin, la récession économique et la crise sanitaire ont politiquement affaibli B. Johnson désormais talonné dans les sondages par le nouveau leader travailliste Keir Starmer.

Cette résurgence de l’incertitude autour du Brexit pèse sur les décisions d’investissement, amplifiant l’impact lié aux incertitudes sanitaires. L’étude sectorielle de De Lyon & Dhingra (2020) montre que le choc du Covid affecte les secteurs les plus dépendants de la distanciation sociale (restauration-hôtellerie, automobile, publicité, …) alors que le Brexit affecte surtout les secteurs internationaux (équipement électrique, textile, chimie, distribution, …). La combinaison de ces deux chocs aboutit à un « Broxid », à savoir un choc combiné qui affecte simultanément tous les secteurs de l’économie du Royaume-Uni.

Au final, les négociations vont s’accélérer à l’automne dans beaucoup de « bruit ». Une issue de type hard Brexit à fin d’année augmente en probabilité. Cependant, notre scénario principal reste celui d’un accord FTA a minima portant sur les seuls biens pour éviter les délais d’attente aux frontières (des solutions technologiques sont désormais imaginées pour faciliter réguler les échanges aux frontières). Ensuite, des solutions temporaires devraient être envisagées sur les services (notamment financiers) et sur la réglementation de la pêche en eaux britanniques. Sur le plan économique, la survenance de deux adversités simultanées aux effets complémentaires constitue un choc systémique.

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