Cette fin d’année se caractérise par une accélération politique où des tensions à l’œuvre depuis longtemps se dénouent brusquement. Ces trêves politiques, certes provisoires, propulsent à la hausse des actifs jusqu’ici maintenus sous pression par l’incertitude.

Cette fin d’année se caractérise par une accélération politique où des tensions à l’œuvre depuis longtemps se dénouent brusquement. Ces trêves politiques, certes provisoires, propulsent à la hausse des actifs jusqu’ici maintenus sous pression par l’incertitude.

Au Royaume-Uni, les élections générales du 12 décembre ont débouché sur une victoire éclatante de « Brexit Johnson », reflétée par un bond de la livre sterling. Une ligne claire à l’égard du Brexit, longtemps attendue, paraît désormais établie, signant la fin des tensions incessantes entre le Premier ministre et sa majorité précaire au Parlement. Mais si le pays sort du tunnel de la ratification du Brexit, il s’engage dans un autre tunnel – double comme celui sous la Manche – qui pourrait s’avérer plus tortueux encore. D’une part, celui de la sortie effective de l’Union européenne (UE), au plus tôt fin 2020, avec toutes les remises en question que cela impliquera pour les entreprises et leurs employés. D’autre part, celui des négociations de nouveaux traités commerciaux avec des géants économiques face auxquels, isolée, la Grande-Bretagne pèse peu : UE, Etats-Unis, Chine… Le pays sera en outre confronté aux intentions de sécession de l’Ecosse dont une large frange de la population souhaite rester dans l’UE. Après un moment de paix, la vie politique du Royaume Désuni promet donc d’être explosive quelques années encore. D’autant que le bouillant Boris Johnson n’est pas l’incarnation de la pondération. Bonne chance Boris, God Save the Queen (and the British Pound)!

Un traité de paix s’annonce également de l’autre côté du globe, entre les Etats-Unis et la Chine. Par des tweets triomphants, Donald Trump annonce un accord commercial imminent avec la Chine et le report de taxes qui menaçaient d’être appliquées à partir du 15 décembre. Les marchés achètent la rumeur, les actions émergentes flambent, les obligations américaines flanchent. Une nouvelle ère s’ouvre-t-elle vraiment ? N’oublions pas que rien n’est réglé politiquement à Hong Kong, et que la Chine n’a d’autre choix que de poursuivre ses ambitions mondiales, poussée par la nécessité de trouver un relai à sa croissance déclinante, sa démographie vieillissante et sa dette galopante.

La paix se renforce également entre les banques centrales et les marchés. Lors de leurs réunions de la semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque Centrale Européenne (BCE) ont chacune annoncé un statu quo sur les taux, apprécié par les marchés qui n’aiment rien tant que la visibilité.

Enfin, en Europe, un large accord visant à convertir l’économie européenne vers la neutralité carbone à l’horizon 2050 a émergé. Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne, l’a baptisé « Green New Deal ». L’ambition est extrême : concilier les objectifs de croissance économique et décroissance des émissions. Le budget n’est pas ridicule : 1000 milliards d’euros seraient consacrés à ce plan sur une décennie. Ce plan se heurte à des réticences locales, notamment en Europe de l’Est. Et la communauté internationale ne suit guère, comme l’illustre la difficulté des discussions lors de la COP 25 à Madrid. Isolée sur ce sujet, l’Europe pourra-t-elle tenir ses ambitions, et surtout impacter réellement le climat ?

Les différents accords signés ou annoncés ces derniers jours sont précieux, quoique que précaires. Pour l’instant le marché s’en réjouit. Au milieu des grèves, profitons des trêves.

Telex

♦ Statu quo des banques centrales ? La Fed et la BCE, chacune de leur côté, ont fait le même constat : la croissance de leur zone se stabilise après un net ralentissement, et l’inflation reste maîtrisée – l’une et l’autre supérieures aux Etats-Unis par rapport à la zone euro. Chacune conserve ainsi son positionnement : neutre pour la Fed (taux directeur compris entre 1,50% et 1,75%), accommodant pour la BCE (rachat d’obligations et taux à -0,50%).

♦ Attentes européennes à la hausse. Le ZEW, enquête sur les perspectives des économistes et investisseurs de la zone euro, rebondit fortement. Paru le 10 décembre, l’indice se hausse à 11,2 pour la zone euro, contre -1 précédemment. En août dernier, il était à -43,6. Que de chemin parcouru !

Le picking de la semaine

ELIOR, une année 2019 réussie.

♦ L’actu. L’acteur mondial de la restauration collective a annoncé des résultats annuels positifs, avec une croissance stabilisée, permettant aux investisseurs d’aborder 2020 avec confiance.

♦ Notre analyse. Le plan 2024 orchestré par Philippe Guillemot commence à délivrer. Sous la houlette de son nouveau directeur général, le groupe français ELIOR a entrepris de se recentrer sur ses activités historiques en cédant ARÉAS (restauration commerciale dans les gares, aéroports et autoroutes) en juillet pour 1,5 milliard d’euros. Cette opération lui a permis de réduire son endettement à 1,8 fois dette nette/EBITDA tout en améliorant sa génération de trésorerie. La croissance organique est attendue en hausse dès 2020. La marge augmente lentement mais régulièrement pour atteindre 3,6%, soit une amélioration de 40 points de base au 2e semestre. Les perspectives de croissance sont nombreuses avec le lancement de nouvelles offres de repas végétariens ou encore de livraison aux PME.

♦ En conclusion. Le plan sur cinq ans semble bien engagé. Le profil d’ELIOR apparaît désormais plus attractif alors que le groupe est désendetté, simplifié et que les investissements se portent sur la croissance rentable, en valeur davantage qu’en volume.

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Alexis Bienvenu, Fund Manager

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