Le 20 février 2019 l’OID a organisé dans l’auditorium de La Française une conférence sur la traduction du mouvement "low tech" pour le secteur immobilier. Cette conférence introduite par un exposé de Philippe Bouix* s’inscrivait dans le cycle Immobilier & Prospectives.

Les low tech, pourquoi ?

La réflexion autour des low tech se nourrit d’un constat sans appel : l’épuisement des ressources entraine une surconsommation énergétique et ce cercle vicieux n’est pas tenable sur la durée. Les mines d’accès facile sont épuisées, celles ouvertes actuellement démontrent des taux de concentration en ressources beaucoup plus faibles, exigeant pour leur exploitation des investissements technologiques et des besoins énergétiques toujours plus importants, comme en atteste le gaz de schiste.

Les énergies renouvelables, inépuisables apparaissent comme une réponse aux besoins énergétiques croissants. Mais le paradoxe est que, pour produire, stocker, transformer en quantité de plus en plus importante cette énergie, il faut une technologie elle-même très consommatrice de ressources, notamment de métaux rares.
En parallèle, les matériaux ou objets produits et utilisés aujourd’hui démontrent très peu de« circularité ». Ces ressources ont des usages dits « dispersifs », c’est le cas du plastique, recyclable un nombre limité de fois, mais également, pour des raisons d’usage, des métaux. Les objets « high tech », sont faits de nombreux composants qu’il est impossible de séparer en fin de vie. Pour des objets les plus communs, le problème vient du nombre d’alliages différents utilisés. Enfin leur utilisation sous forme micro ou nano les rend impropres à la récupération, comme avec le titane, utilisé à 95 % sous forme chimique (peinture, maquillage, crème, etc.).

Le développement de solutions techniques « simples », dites « low tech », représente une opportunité pour faire face à la consommation énergétique accrue des usages numériques. Recyclage, modularité, réparabilité, simplicité et sobriété sont les maîtres-mots des low tech. Cela rend possible l’implication et l’autonomie des individus, et permet également le développement de communautés d’intérêt et de savoirs. Les principes de l’innovation frugale, de la résilience et de l’économie circulaire s’y retrouvent. Nous parlons là d’un bouleversement sociétal et non seulement d’une question technologique.

Low tech et immobilier

Aujourd’hui le secteur immobilier, grand consommateur de ressources à travers l’utilisation de matériaux et les besoins en énergie, doit se poser les bonnes questions. Pour réduire son impact, faire du low tech intelligent, il y a des pistes intéressantes et disruptives comme par exemple :

– Mutualiser l’utilisation des bâtiments. Car le bâtiment ayant le moins d’impact est celui que l’on ne construit pas et les bureaux ne sont utilisés globalement que 30 % du temps. Or, du bâti non utilisé, c’est aussi un gâchis environnemental, du fait des matières premières, de l’empreinte carbone et des effets néfastes de l’artificialisation des surfaces.
– Construire en tenant compte du démantèlement futur. Il est nécessaire de prendre en compte les notions de réutilisation, réemploi, recyclage, économie circulaire, stockage, et valorisation des matériaux, dès la conception d’un bâtiment et en cohérence avec le contexte local.
– Construire local. C’est-à-dire sortir de la dépendance au climat géopolitique en cessant de s’approvisionner auprès des pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique. Utiliser le travail humain durable et disponible sur place plutôt que la machine consommatrice de ressources et non durable.
– Travailler la question de la résilience pour assurer la durabilité des constructions face aux aléas climatiques de plus un plus prégnants.

Comme on peut le constater, le mouvement low tech ne se résume pas à un raisonnement purement technique, mais bien socio-technique, organisationnel et culturel.

* Auteur de L’âge des low tech : vers une civilisation technologiquement soutenable

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