Point conjoncturel Lazard Frères Gestion

Du mieux sur l’activité et de nouvelles mesures de soutien

La publication avancée des indices PMI 1 pour la zone euro fait état d’une poursuite du rebond de l’activité en juin, le PMI composite passant de 31,9 à 47,5. Les PMI passent de 39,4 à 46,9 dans le secteur manufacturier et de 30,5 à 47,3 dans celui des services. L’évolution du PMI composite est plus favorable en France, où il passe de 32,1 à 51,3, que dans la zone euro et qu’en Allemagne, où il ressort à 45,8 contre 32,3. La normalisation progressive des enquêtes PMI est une bonne nouvelle mais il est toutefois difficile d’en déduire un niveau d’activité.

Les statistiques d’activité d’avril dans la zone euro montraient encore l’impact des mesures de confinement. La production industrielle chutait de 17,1% après une baisse de 11,9% en mars. Les ventes au détail baissaient de 11,7%, après -11,1% en mars. Les dépenses de construction baissaient de 15%, comme en mars. L’excédent commercial s’effondrait à 1,2 Md EUR, après 25,5 Mds EUR, en raison d’une baisse de 24,5% des exportations et de 13,0% des importations.       Les premières données disponibles pour le mois de mai sont plus positives. Les immatriculations ont affiché un fort rebond sur le mois, passant de 202 000 à 484 000, contre un niveau moyen à 941 000 l’année dernière.

Le taux de chômage pour l’ensemble de la zone euro est passée de 7,1% à 7,3% en avril. Il est toutefois sous-estimé à cause du chiffre en Italie (6,3% après 8,0%) où de nombreuses personnes ont été sorties de la population active. En Allemagne, le taux de chômage est remonté à 6,3% contre 5,0% au début d’année.

En ce qui concerne les mesures budgétaires de soutien, le gouvernement allemand a annoncé un plan de relance de la demande de 130 Mds EUR (3,8% du PIB).

Le plan comprend 57 mesures dont une baisse de la TVA2 de 19% à 16% jusqu’à la fin de l’année (20 Mds EUR). Le montant exact de ces nouvelles mesures reste toutefois incertain.

Du côté des mesures monétaires, la BCE3 a augmenté le montant de ses achats dans le cadre de son programme PEPP4 de 750 à 1350 Mds EUR. Le programme est prolongé jusqu’en juin 2021 et les réinvestissements seront automatiques jusqu’à fin 2022. La BCE a organisé son opération de refinancement à long terme qui permettra aux banques de se financer à -1%. 1 310 Mds EUR ont été attribués, ce qui est dans la fourchette haute des estimations. Compte tenu des financements renouvelés, cela représente un apport de nouvelles liquidités de plus de 500 Mds EUR.

(1) PMI : les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises. Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné. Il se décline en 3 sous indices : Manufacturier, Service ou Composite (qui combine les deux).

(2) TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) : impôt indirect sur les dépenses de consommation.

(3) BCE : Banque centrale européenne.

(4) PEPP (Programme d’achats d’urgence pandémique) : plan d’achats de dettes sur les marchés visant à faire baisser les coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages.

Redémarrage de l’activité mais épidémie à surveiller

Le rapport sur l’emploi est ressorti nettement au-dessus des attentes. Alors que le consensus attendait plusieurs millions de destructions d’emplois et une nouvelle hausse du taux de chômage, les chiffres de mai font état de 2,5 millions créations d’emplois et d’un recul du taux de chômage de 14,7% à 13,3%. Le salaire horaire diminue de 1,0% après une hausse de 4,7% en avril et le taux de participation remonte de 60,2% à 60,8%. Les données hebdomadaires étaient cohérentes avec une évolution plus défavorable mais sont sujettes à caution. Les données mensuelles seraient plus fiables.

La consommation des ménages a rebondi de 8,1% en volume au mois de mai. Le rebond est particulièrement fort pour les biens durables qui retrouvent leur niveau de début d’année. Les revenus ont surpris à la hausse en ne baissant que de 4,2% sur le mois après une hausse de 10,8% en avril. Les revenus salariaux progressent de 2,5% et le montant total des transferts diminue : le montant total des chèques envoyés aux ménages est divisé par quatre mais les indemnisations chômage progressent encore. Le rebond de la consommation et la baisse des revenus font que le taux d’épargne baisse à 23,0% après être passé de 12,7% à 33,0% en mai.

La production industrielle rebondit moins que les ventes au détail. Avec une progression de seulement 1,4% en mai, elle reste inférieure de 15% à son niveau d’avant la crise. Les enquêtes de confiance sur l’activité dans le secteur manufacturier au mois de juin envoient toutefois des signaux positifs, le PMI s’améliorant de 39,8 à 49,6. Les commandes de biens d’investissement baissent mais ne s’effondrent pas pour l’instant. Il en va de même pour les dépenses de construction. Les ventes de maisons neuves et les compromis de ventes de logement anciens ont enregistré un fort rebond en mai.

Tout ceci indique un redémarrage de l’économie américaine à partir du mois de mai, peut-être plus rapidement que ce qui était attendu, dans un contexte d’assouplissement généralisé des mesures de confinement. La reprise devrait se poursuivre mais le rebond du nombre de nouveaux cas de coronavirus depuis la mi-juin est à surveiller. L’accélération concerne surtout les Etats du Sud et de l’Ouest du pays (Floride, Texas, Arizona et Californie notamment) qui ont dû réintroduire certaines mesures de restrictions, en particulier la fermeture des bars. Pour l’instant, l’augmentation du nombre de nouveaux décès reste mesurée, contrairement à ce que l’on a pu observer dans le Etats de l’Est.

À l’issue de la réunion des membres du FOMC1, le 10 juin, Jérôme Powell a indiqué que la Fed2 n’envisageait pas de remonter ses taux avant 2022 et qu’elle continuerait de soutenir l’économie américaine. En revanche, il n’a pas annoncé de nouvelles mesures.

(1) FOMC : Le Federal Open Market Committee (Comité fédéral d’open market en français) est un organe de la Fed chargé du contrôle de toutes les opérations d’open market (achat et vente de titres d’État notamment) aux États-Unis.

(2) Fed : banque centrale américaine

Confirmation de la reprise et épidémie sous contrôle

Les données d’activité indiquent une poursuite de la reprise au mois de mai. En glissement sur un an, la production industrielle passe de +3,9% à +4,4%, la production de services de -4,5% à +1,0%, l’investissement de +0,8% à +3,4% et les ventes au détail de -7,5% à -2,8%.

Le rebond de l’investissement s’explique surtout par l’augmentation des dépenses dans les infrastructures et dans l’immobilier qui affichent des progressions de 8% sur un an. En revanche, l’investissement dans le secteur manufacturier reste en baisse de 5,3%.

Côté consommation, les différents postes des ventes au détail montrent un rebond des ventes d’automobiles qui sont désormais en hausse de 3,5% sur un an. On observe également du mieux dans certains secteurs sujets aux préoccupations liées au COVID-19 comme la restauration. Si l’activité semble avoir passé un point bas dans ce secteur, elle reste toutefois très en deçà de son niveau d’il y a un an, les ventes baissant de 15,4%.

L’activité s’améliore également dans le secteur de l’immobilier. La contraction des mises en chantier ralentit à   -0,9% sur un an et les ventes de logements augmentent de 9,3% sur un an après une baisse -1,5% en avril. En revanche, les prix de l’immobilier continuent de ralentir progressivement. L’indice mesurant l’évolution du prix moyen dans 70 villes progresse de 5,0% sur un an contre 5,2% le mois précédent et une hausse de 6,8% en 2019.

Les exportations ont surpris à la hausse pour le deuxième mois d’affilée, affichant un recul de 3,3% en mai, soit environ deux fois moins qu’attendu. Il semblerait que cette bonne résistance s’explique en partie par l’augmentation des exportations de produits anti-covid (masques chirurgicaux, blouses, gants, …). Les importations reculent de 16,7% sur un an, ce qui reflète la baisse des cours du pétrole, celles-ci étant mesurées en valeur.

La croissance du crédit continue d’accélérer, en lien avec les mesures d’assouplissement monétaire de la banque centrale. Le stock de crédit progresse désormais sur un rythme annuel de 12,5% contre 10,7% avant la crise. L’augmentation est encore plus frappante en montant, le cumul des crédits accordés depuis le début de l’année atteignant un record.

L’apparition d’un nouveau foyer épidémique dans un marché de gros de la ville de Pékin a entraîné un rebond du nombre de nouveaux cas et un confinement partiel de la capitale. Cependant, les derniers chiffres montrent un ralentissement de l’épidémie qui ne semble par ailleurs pas s’être diffusée dans le reste de la Chine. Les autorités chinoises affirment que la situation est désormais sous contrôle.

Les enquêtes PMI ont surpris à la hausse en juin : la moyenne du PMI manufacturier de Caixin et du NBS passe de 50,7 à 51,1 et le PMI des services de 53,6 à 54,4. Elles repassent ainsi au-dessus de leur niveau de janvier, avant la forte baisse de février.

(1) PMI : les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises. Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné. Il se décline en 3 sous-indices : Manufacturier, Service ou Composite (combine les deux).

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 22 juin 2020 et est susceptible de changer.

Lazard Frères Gestion

Lazard Frères Gestion

In 1848, Alexandre, Lazare and Simon Lazard, three French brothers from the Alsace region in France, found Lazard Frères & Co in New Orleans as a dry goods merchant, after migrating to the United States in the early 1840s.

Shortly after, the company moved to San Francisco to expand its trading business and develop its first foreign exchange office between Europe and the United States, before engaging in banking activities. The Paris office was established in 1854, the London branch opened in 1870 and the New York Banking House in 1880. Lazard became a global player in international banking, notably in corporate finance advisory and asset management services.

This exceptional background shaped a unique culture, passed on through the generations. Lazard has been listed on the New York Stock Exchange since May 2005, but nonetheless remains partly owned by its associates and employees.

Lazard serves investors around the world through a broad range of global investment solutions and investment management services. Lazard Asset Management operates across 14 countries throughout North America, Europe and Asia, as well as in Australia. The group focuses on strategies drawing on rigorous, detailed analysis and dynamic asset management.

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