L’appétit des étrangers pour les actifs européens se confirme, même s’il reste timide. Les chiffres d’émissions de crédit sont très élevés, l’action de la BCE permet aux entreprises de trouver des financements. Le rapport du Haut Conseil pour le Climat tombe à point nommé, il propose des pistes pour la relance de l’économie. Les chiffres de production industrielle sont à la fois très forts, mais aussi insuffisants pour nous ramener au niveau pré-crise.

Point de marché : l’appétit pour les actions européennes revient … un peu

Nous regardons les flux d’investissement dans les ETFs américains investis en actions Européennes. Ils constituent en général un bon indicateur avancé du sentiment des investisseurs américains. Il est en effet plus facile, surtout pour les grands fonds, de repositionner les expositions des portefeuilles via des ETF qu’en passant par des achats directs d’actions. Les mouvements sur les collectes de ces ETF sont donc souvent un signal avancé d’un changement de tendance.

Il est à ce titre intéressant de noter que les 10 principaux ETF que nous avons utilisés pour construire le graphique ci-dessous ont eu une collecte positive sur le mois de juin. C’est d’ailleurs la plus forte collecte mensuelle de l’année même si elle reste faible dans l’absolu.

Ces chiffres font aussi écho à ceux de la balance des paiements publiés par la BCE où à d’autres sources comme les comptes des investisseurs japonais. Ils convergent tous vers la même idée : les investisseurs étrangers ont été acheteurs nets récemment à la fois sur les produits de taux et sur les marchés actions. Pour l’instant ce mouvement reste néanmoins timide.

Flux sur les ETFs américains investis en actions européennes

Marché du crédit très dynamique

Nous avions noté la très forte progression des crédits bancaires. Une bonne nouvelle car les banques, malgré la crise économique, assouplissent leurs conditions de crédit et ont donc une action contra-cyclique, ce qui est inhabituel.

La BCE vient de publier les chiffres de mai pour les « Emissions nettes de dette par les sociétés non financières de la Zone Euro ». Le message est similaire, avec une très forte accélération des émissions de crédit : après 54,7 milliards en avril (record absolu, le précédent record était de seulement 23 milliards), l’émission est restée très élevée à 44,5 milliards en mai.

C’est là aussi un élément de stabilité qui permet aux entreprises d’avoir un accès aux liquidités. C’est aussi un problème pour la reprise, le niveau de dette des entreprises sera très élevé pendant le rebond et devrait peser sur la reprise.

Emissions nettes de dette par les sociétés non financières de la Zone Euro

Il peut aussi être intéressant de noter que finalement l’intervention de la BCE via son QE, si elle a été bien évidement déterminante pour stabiliser le marché, a été moins invasive que lors de la précédente crise. Nous avons calculé les achats cumulés de la BCE et les émissions nettes cumulées depuis le début du QE sur le crédit. Le résultat ? Sur la première phase, entre 2016 et 2019, la BCE a absorbé l’équivalent de la totalité des émissions nettes de crédit. Depuis le début de l’année en revanche elle n’en a absorbé qu’un tiers. La stabilisation des marchés s’est donc faite de manière directe, les achats, mais aussi indirecte, en incitant les investisseurs à absorber le papier émis.

Marché du crédit en Zone Euro

Rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat :

Le rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat vient d’être publié et il tombe à point nommé alors que l’économie repart la question est de moins en moins d’amortir le choc lié au coronavirus et de plus en plus de définir les politiques de relance.

Le Haut Conseil note « l’enjeu n’est pas d’intégrer le climat au cadre du plan de reprise, mais d’insérer le plan de reprise dans les limites du climat. Notre rapport annuel montre que ce cadre est compatible avec les préoccupations légitimes de l’emploi ou de la santé. Cette transition est possible, utile et inéluctable. »

A noter aussi, la baisse des émissions de carbone en France l’année dernière malgré une croissance économique correcte. Les deux ne sont pas incompatibles. Les émissions de l’Union Européenne baissent d’ailleurs elles aussi depuis plusieurs années.

Changement dans les émissions 2019 par rapport à 2018

Rapport : Relancer le cap Relancer la transition, 2020

Production industrielle, un rebond impressionnant mais insuffisant

Les chiffres de production industrielle illustrent à merveille le paradoxe de cette reprise : des progressions impressionnantes de l’indice mais toujours insuffisantes pour revenir à la situation pré-crise. Le cas de l’Italie est le plus extrême, une progression de la production de 42,1% sur le mois de mai, un chiffre inimaginable il y a encore peu, mais après une baisse cumulée de 43,6% sur les trois mois précédents, l’indice est toujours 19,9% en dessous de son niveau de janvier.

Il y a encore du chemin pour revenir au niveau pré-crise.

production industrielle européenne



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