Le secteur énergétique du marché HY aux États-Unis donne des signes prématurés de stress. Le bilan économique de Mario Draghi, qui présidera aujourd’hui son dernier le Conseil des gouverneurs de la BCE, est très satisfaisant en termes de croissance, en revanche la faiblesse de l’inflation inquiète. Enquête de conjoncture INSEE médiocre.

Point de marché : peur sur le pétrole ?

Nous avions écrit récemment que la baisse du pétrole était probablement plus liée à des effets d’offre (offre de pétrole en hausse = baisse des prix), donc positif pour la croissance.

Il y a néanmoins un dommage collatéral à surveiller : le marché du crédit HY aux États-Unis. Typiquement, le secteur énergétique, qui représente d’après nos calculs 12% de l’univers HY aux États-Unis, commence à vraiment souffrir lorsque les prix du pétrole passent au-dessous de 50 dollars. C’est à partir de ce niveau que la tension sur les spreads du secteur accélère. Il semble que le stress soit arrivé plus tôt cette fois-ci : si les taux sur le marché HY ont baissé graduellement cette année, le secteur énergétique a vu ses taux progresser de manière nette. Résultat, des écarts entre ce secteur et le reste du marché au plus haut depuis trois ans.

Inquiétant ? Oui et non. On reste dans les limites du raisonnable, le secteur avait des taux au-dessus de 20% début 2016 lorsque le Brent était sous les 30 dollars. D’autre part il est rassurant de noter que le stress n’affecte que le secteur énergétique et qu’il n’y a aucun signe de contagion sur le reste du marché.

Il faut toutefois rester vigilant, le secteur énergétique HY est constitué de beaucoup d’entreprises de taille moyenne qui ont énormément investi ces dernières années pour surfer sur la vague du gaz de schiste. Le fait qu’un stress apparaisse, alors que les prix du pétrole sont stables au-dessus de 60, semble prématuré. C’est un signe de faiblesse du secteur. À suivre.

Ciao Mario

Aujourd’hui, Mario Draghi présidera son dernier le Conseil des gouverneurs de la BCE, il passera la présidence à Christine Lagarde le 1er novembre. Si le bilan des huit ans passés à la BCE est dominé par la période de crise, « super Mario » étant souvent présenté comme le « sauveur de l’Euro », il est aussi intéressant de regarder la performance économique.

La réussite soulignée par Draghi lui-même est que la zone Euro a créé plus de 11 millions d’emplois depuis 2013. On ne le dit pas assez : le rythme de création d’emplois est d’ailleurs similaire, depuis 2015, à celui observé aux États-Unis.

Nous ne résistons pas aussi à rappeler que malgré les critiques allemandes sur la politique monétaire de la BCE, la croissance allemande était identique à celle des États-Unis jusqu’au ralentissement de l’année dernière. Bien sûr la politique monétaire n’est qu’une variable du problème, et la performance de la zone Euro, plus médiocre, montre bien que le succès jusqu’à l’année dernière de l’Allemagne ne doit pas être uniquement attribué à la politique monétaire. A minima, toutefois, on peut dire que la BCE n’a pas cassé la croissance.

En revanche, c’est en matière d’inflation que le résultat reste décevant, voire inquiétant. Si les deux prédécesseurs de Draghi avaient connu une inflation proche de la cible de 2%, les huit dernières années sont bien en deçà de l’objectif. C’est d’ailleurs le débat sur la japanisation de l’Europe : inflation basse, taux zéro, population vieillissante. S’il existe un consensus fort parmi les économistes c’est que la japanisation est aussi due à une erreur de politique monétaire ; pas assez laxiste, la BoJ a certes fini par réagir violemment mais trop tard.

La BCE semble avoir appris la leçon, le nettoyage du bilan des banques a été plus rapide (il est toujours en cours), la politique de taux zéro est arrivé beaucoup plus vite, le QE a été mis en place beaucoup plus tôt. La BCE ne répète pas les mêmes erreurs que la BoJ. Est-ce à dire que le résultat sera différent ? Pour l’instant la zone Euro a évité la déflation, et la perspective semble éloignée. Il est donc expéditif et simplificateur, pour l’instant, de dire que la zone Euro est en pleine japanisation, même si des analogies importantes sont incontestables.

Mais, une fois de plus, le bilan sur l’inflation de Mario Draghi montre que le risque demeure.

Activité dégradée :

Encore une enquête de conjoncture décevante. L’enquête INSEE est tombée à 99 pour la première fois depuis début 2015. Nous préférons une composante de l’enquête, « les perspectives personnelles de production » qui fournissent le meilleur signal sur la production future. On voit que là aussi il y a un fléchissement. On reste néanmoins sur des niveaux médiocres mais pas catastrophiques : ils sont cohérents avec une croissance molle, mais pas une récession.

Nous avons les PMI préliminaires ce matin pour la France, l’Allemagne et la Zone Euro. Les chiffres de l’INSEE ne sont pas très encourageants !

Des nouvelles du Brexit :

Pour finir quelques nouvelles du Brexit : le report de la date butoir du 31 octobre semble acquis. En revanche le délai de trois mois demandé par les Britanniques pourrait être réduit. Les ambassadeurs se réunissent aujourd’hui pour en décider. Une décision finale sur le délai serait annoncée demain.



Newsletter

En renseignant votre adresse mail, vous acceptez de recevoir nos newsletters quotidiennes. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien de nos mails ou à l’adresse contact@fundswatch.fr

Le fonds du jour

L’agenda de l’AM

novembre

21novToute la journée22Actionaria 2019Palais des Congrès L'organisateur: Infopro Digital

décembre

05decToute la journéeSommet BFM PatrimoineCESE - PALAIS DE IENA L'organisateur: BFM Business

janvier

Pas d'évènement

X