Le marché obligataire donne un message peu rassurant sur l’avenir

Est-ce que la Fed aurait changé de stratégie ?  La question même est assez paradoxale.  En effet, le comité de politique monétaire a publié un communique presque identique au précédent. En effet, la stratégie poursuivie aujourd’hui est de maintenir l’aisance monétaire extrême. Soit des taux directeurs à zéro et des achats d’actifs considérables, dont 80 milliards de dollars par mois. En revanche, sur son évaluation des risques, J. Powell a traduit le sentiment des membres sur la possibilité que la très forte accélération de la croissance et les tensions que cela provoque sur la production pourrait se traduire par une persistance de l’inflation à un niveau plus élevée que prévue. Ceci semble du bon sens.  
Funds Watch

Néanmoins, à ce stade, les prévision d’inflation des membres du comité est restée inchangée à 2,1% en 2022. Ainsi, la stratégie poursuivie reste inchangée !

En même temps, commencer à discuter sur le moment approprié pour réduire les achats d’actifs semble plus que naturel, dans ce contexte de rebond économique très prononcé. De fait, sur ce sujet, il est encore peu clair quand une éventuelle réduction des achats d’actif pourrait avoir lieu.  A ce stade, il est probable qu’une annonce sera faite vers l’automne.

En revanche, le fait que certains membres de la Fed pensent que relever les taux d’intérêt un peu plus vite que prévu, ce qui n’était pas anticipé. Ces projections des membres du comité monétaire, sont évidemment fragiles. Néanmoins, elles ont été vu comme un changement qui devrait avoir un impact fort sur les perspectives d’inflation.  Ainsi, les anticipations d’inflation ont reculé assez fortement après l’annonce, faisant baisser les taux longs.  En fait, le marché ne croit absolument pas au risque énoncée par la Fed à la possibilité d’une inflation qui pourrait être plus persistante dans la période à venir.

Ces mouvements sur les anticipations d’inflation n’ont donc pas été compensé par une hausse des taux réels. En effet, les taux réels restent à des niveaux historiquement bas

Ainsi, paradoxalement, et c’est sûrement une première, alors que la Fed n’a pas encore agit et que peut être les taux courts pourraient monter plus vite que prévu…en 2023, les taux longs ont baissé. Rarement, la potentielle annonce d’un éventuel cycle de resserrement se traduit une baisse des taux longs et par un aplatissement de la courbe des taux.

Certains pourraient penser que finalement le pic de croissance étant atteint, c’est-à-dire que la croissance devrait un peu décélérer à partir de la fin de l’année, il est normal que les taux à long terme baissent, comme c’est souvent le cas. Néanmoins, nous sommes ici devant un phénomène historiquement inédit dû à la crise sanitaire. Un rebond fort de l’activité porté par le retour de la mobilité et un soutien extraordinaire de la politique économique. Ce soutien reste très important et, pour l’instant, il se poursuit. De ce fait, on pourrait s’attendre à que les taux d’intérêt accompagnent cette évolution en montant et ne s’inquiétant des risques sur la croissance et l’inflation que bien plus tard.

Il nous faut toutefois rester humble et constater que le marché obligataire a interprété la communication de la Fed avec un mouvement assez particulier qui situerait à long terme les taux à long terme à des niveaux très faibles pour longtemps.  Il ne reste pas moins que le marché reste dominé par les interventions considérables de la Fed. L’allégement graduel de celles-ci, pourraient changer la donne.

Quoi qu’il en soit, de la baisse ou stabilité des taux longs à de niveau très faibles au regard des prévisions de croissance et d’inflation, il faut retenir que ceci devrait s’avérer un soutien pour l’activité en maintenant des conditions financières très accommodantes sur la période à venir.

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