Le Put de la Fed a encore des beaux jours

Funds Watch
Powell continue de rassurer sur la position très accommodante de la Fed. 

  • Pandémie : Certains ouvrent d’autres ferment. Depuis le début de la crise sanitaire on s’est habitué à voir des dynamiques différentes dans les pays touchés par la pandémie. Alors qu’on semble s’approcher du but pour venir à bout de la maladie grâce aux campagnes de vaccination, on voit que des mauvaises surprises sont toujours possibles. La France, malheureusement, est devenu encore une fois le pays avec les plus de cas de contagion par million d’habitants. D’ores et déjà des restrictions régionales se mettent place. Sur le plan des vaccins, celui de Johnson&Johnson (unidose) est sur le point d’être approuvé aux Etats-Unis. Ceci permettra d’accélérer davantage la campagne de vaccination.
  • Politique : Jay Powell a continué de prêcher la bonne parole. Lors de son sa deuxième audition au Congrès, le président de la Fed a encore insisté sur le besoin de garder une politique très accommodante pour encore longtemps. La variable clé reste le taux chômage, jugé encore trop élevé. Ainsi, pour ceux s’inquiétant d’une accélération de l’inflation associé à une situation de surchauffe éventuelle de l’économie, notamment avec le nouveau plan soutien à venir en mars, J. Powell répond de ne pas conter sur la Fed pour terminer la fête trop tôt. Comme souvent, ces propos ont fourni au marché le soutien qu’il cherchait. Le « put » de la Fed ne partira pas…pour l’instant.
  • Marchés Le yoyo se poursuit sur les marchés, alternant des phases de correction et d’euphorie. Les derniers commentaires de J. Powell sont de nouveau venus alimenter les paris relationnistes, avec une rotation qui semble se confirmer entre valeurs cycliques susceptibles d’accompagner la croissance qui se profile, et les valeurs qui ont déjà beaucoup monté et qui montrent des valorisations très exigeantes, notamment la technologie.  En même temps, les propos du président de la Fed n’ont pas vraiment dissuadé le marché obligataire de continuer à tirer les taux longs à la hausse.

Nous ne sommes pas tous égaux devant les programmes de vaccination et sur l’évolution de la crise sanitaire. On le sait, l’Union Européenne est en retard sur son programme de vaccination faute de disposer de vaccins en nombre suffisant.  Toutefois, au cours du mois de mars un approvisionnement plus important devrait commencer à arriver.

Entre temps, l’ouverture des économies se fera de manière différenciée. En effet, la France, semble subir les foudres des variants avec des cas de contagion en hausse sur les dernières semaines. Le gouvernement a déjà imposé des confinements partiels (weekends) dans certaines villes et régions. Il est probable que ces restrictions continues à croître. Evidemment, cette mauvaise nouvelle sera aussi économique.  Alors que la France semblait mieux résister en termes de croissance en ce début d’année, ces nouveaux confinements devraient avoir un impact sur l’activité, cassant la dynamique d’expansion, même si de manière modérée.

France : de nouveau en tête du palmarès du nombre de contagions par million d'habitants

De l’autre côté de l’Atlantique on a appris que le vaccin de Johson&Johnson devrait être approuvé très prochainement. Son efficacité est élevée (66% contré les formes sévères et modérées de la maladie) et surtout il est mono-dose. Ceci permettra aux Etats-Unis d’accélérer davantage son programme de vaccination. Ce vaccin devrait aussi être distribué en Europe.

Powell continue de rassurer sur la position très accommodante de la Fed. En effet, hier, dans sa nouvelle audition au Congrès, le président de la Fed a répété son discours visant à calmer toute idée d’un changement plus rapide des autorités monétaires sur leur stratégie. Les achats de titres à grande échelle (120 milliards par mois) vont se poursuivre pour encore un an au moins, et évidemment les taux directeurs vont rester inchangés, soit proche de zéro pendant une période prolongée.

Ainsi, les inquiétudes sur une économie qui pourrait entrer en surchauffe, notamment à cause des nouveaux plans de soutien budgétaires ou de relance qui devraient voir le jour dans les mois à venir, ce qui pourrait pousserait l’inflation à la hausse, n’est pas du tout ce qui préoccupe J. Powell. L’objectif essentiel est de faire tout pour que le chômage baisse (taux de chômage à 6.3% en février). Les investisseurs comme d’habitude ont pris cette « promesse » comme un encouragement pour prendre du risque. Le « put » de la Fed semble encore bien vivant.

Toutefois, le marché obligataire continue de s’ajuster, avec des taux de long terme en hausse. En outre, le marché envisage la possibilité de hausse des taux directeurs dès le début 2023, alors que les membres du comité de politique monétaire, dans leur majorité continuent de voir ces hausses plus tard.

L’embellie économique attendue et le soutien de la Fed semblent dominer la menace des taux longs qui se tendent. Pour les marchésles propos de Powell ont renforcé l’optimisme d’une reprise forte, qui devrait notamment aider les segments du marché qui étaient relativement les plus en retard ou qui sont perçus comme les plus à même de bénéficier de la réouverture des économies. Ainsi, notamment aux Etats-Unis, on continue à voir les petites capitalisations, une des parties les plus sensibles au cycle caracoler en tête des performances.  De même, la montée des taux longs, accompagnant une amélioration conjoncturelle forte, et d’une normalisation graduelle de l’inflation, pousse le secteur bancaire vers le haut. Le plus probable est que le phénomène de rotation se poursuive des secteurs très bien valorisés et qui ont eu un rôle de leadership sur le marché, notamment la technologie, vers des secteurs qui bénéficieront d’une réalité économique en forte amélioration.

Dans ce contexte, on peut néanmoins continuer à s’interroger sur l’impact que pourrait avoir la poursuite d’une hausse des taux d’intérêt. En effet, si bien le discours de la Fed a nourri l’appétit pour le risque, il n’a pas empêché les taux longs de continuer de se tendre. Le 10 ans américain dépassant les 1,4% et le Bund retrouvant les points hauts du printemps dernier à -0.29.

Evidemment, nous restons dans un contexte ou le niveau des taux longs reste très faible. Ils restent proche ou très en dessous des taux d’inflation.  Néanmoins, on constate que au cours des dernières semaines un changement important s’opère. En effet, la prime de terme, c’est à dire la rémunération du risque de renoncer à la liquidité présente, a fortement augmenté. En regardant le calcul de celle-ci faite par les économistes de la Fed de New York, on constate que pour une maturité de 10ans elle est revenue en territoire positif. Ainsi, malgré les propos rassurants des autorités monétaires, il y a bien moins de « certitude » sur l’évolution future de la politique monétaire, sur l’inflation ou sur la croissance. Pour nous, il reste évident qu’une poussée trop vive des taux longs reste un danger pour le marché qu’il faut donc continuer à surveiller, malgré la force de contention forte que nous savons continuent de jouer les politiques monétaires.

Etats-Unis : la prime de terme revient en territoire positif



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