L’agence de notation S&P a décidé de ne pas revoir la note du Souverain italien. Dans le contexte actuel, la décision est sage. Nous connaitrons plus tard cette semaine les chiffres de la croissance du PIB en Zone Euro et aux Etats-Unis pour le premier trimestre. L’impact de la crise du coronavirus n’a été que partiel ; mais avec quelle ampleur ? Après la BoJ, ce sera au tour de la Fed et de la BCE de réunir dans les jours qui viennent leurs comités de politique monétaire. Le temps reste à la détermination et à l’action chaque fois que nécessaire.

Commençons par le soulagement ressenti à l’annonce, vendredi soir, de la décision de S&P de ne pas modifier la note souveraine de l’Italie : BBB, perspective négative. Si l’agence de notation n’a pas été très diserte, on comprend qu’elle se donne le temps d’évaluer ce que sera la réalité de la reprise économique et ce que seront alors les perspectives en matière de comptes publics ; en prenant aussi en compte les initiatives que les institutions bruxelloises pourraient prendre. Je trouve sain que, au cœur d’une crise aux contours et à l’ampleur pas complètement maîtrisés, une société en charge de la prise en compte du risque souverain se positionne davantage comme un acteur « engagé » que comme un observateur extérieur et donc neutre. Il y a débat sur ce point ; je sais. Je considère toutefois que le choix comportemental de S&P est le bon. Puisse Moody’s, qui doit se positionner dans les quelques semaines qui viennent, faire de même. Cela permettra-t-il aux écarts de rendements d’Etat des pays périphériques de la Zone Euro avec l’Allemagne de se détendre un peu ? Au moins d’exprimer une certaine patience des investisseurs, qui vont guetter les décisions à venir du Conseil européen : quel montant mobilisé pour le futur plan de relance, quels secteurs et quels régions ciblés, quel mode de financement et quelle forme prendront le soutien apporté ? La Commission est sensée faire une proposition d’ici deux à trois semaines ; la réactivité par la suite des Chefs d’Etat et de gouvernement est une nécessité.

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La première estimation des PIBs de T1 en Zone Euro et aux Etats-Unis sera publiée cette semaine. Habituellement, la perspective n’est pas considérée comme de toute première importance par les marchés. Les indicateurs conjoncturels « sortis » auparavant ont permis déjà de se faire une idée assez précise du tempo de l’activité. Le chiffre est avant tout attendu pour recaler de manière précise la trajectoire de croissance sur laquelle les anticipations de marchés sont élaborées.

Eh bien il n’en sera pas de même cette fois-ci. Comment la crise du coronavirus et les décisions de politiques sanitaire et économique, prises surtout à partie de la mi-mars, ont-elles affecté la mesure de la croissance économique ? Disons que répondre à la question n’a rien d’évident et que donc il y a ici une vraie capacité à être surpris. Sachant que le degré de surprise ressenti n’est en rien neutre sur le regard projeté sur la « suite des évènements ». Un résultat pour le T1 plus mauvais qu’attendu fera sans doute craindre un impact sur T2 plus sévère qu’envisagé jusqu’alors.

Alors que nous dit le consensus des économistes ? Pour ce qui est Etats-Unis, -4% en rythme annuel et d’un trimestre à l’autre, ce qui veut dire -1% en rythme instantané (comme on présente le calcul en Europe) et, en ce qui concerne la Zone Euro, -3,5% en rythme instantané et d’un trimestre à l’autre. Comment interpréter cet écart important de performance ? Avant tout par un élément de calendrier : la crise a touché l’Europe continentale plus tôt que les Etats-Unis. On peut avoir l’impression, à la lecture des chiffres prévus, que toute l’activité de mars a été pénalisée sur le « vieux continent » et seulement la seconde partie de l’autre côté de l’Atlantique. A confirmer !

Après la Banque du Japon, plus tôt aujourd’hui, ce sera à la Fed américaine et à la BCE de réunir leurs comités respectifs de politique monétaire cette semaine. L’heure reste, si ce n‘est à l’action, à l’envoi d’un message urbi et orbi sur la détermination « farouche » des banques centrales à assurer des conditions financières favorables et à contribuer au soutien de l’activité économique. Ainsi, la Banque du Japon a décidé, tout en laissant inchangé ses cibles en matière de niveau de taux d’intérêt, d’enlever le plafond des achats de titres d’Etat et de le relever concernant ceux d’obligations privés et de papier commercial. Aux Etats-Unis, la Fed s’est déjà engagée à « mettre sur la table » quelque 20 points de PIB. En termes de communication, elle va évidemment « garder le cap » : plus sera fait, si nécessaire. Le marché, pour sa part, va tenter de jauger la capacité de la banque centrale à acheter des actions. En Zone Euro, l’expression de la volonté d’en faire plus sera aussi très présente. Avec un calibrage à aujourd’hui moins important qu’outre-Atlantique, le marché va guetter les signes d’une révision haussière de celui-ci. A un rythme de 30 milliards d’euros par semaine, l’enveloppe de 1100 milliards prévue pour les achats de titres sera consommée assez vite. La BCE ne doit-elle pas annoncer une « rallonge » à brève échéance ? Pourquoi pas alors dès cette semaine ?

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