Ce qui frappe dans la chronique du PIB français, dont les chiffres de T3 viennent d’être publiés, c’est la stabilité du rythme de sa croissance. Le constat ne devrait pas être très différent avec celui des États-Unis, dont la performance pour la période de l’été sera connue cet après-midi. Ce n’est pas pour autant que la Fed « passera son tour » en fin de journée. Une nouvelle baisse du taux directeur devrait être annoncée. L’incertitude oblige à prendre des assurances.

La séance du jour sur les marchés sera placée sous le double sceau de la dynamique de la croissance et de l’activisme des banques centrales.

Commençons par la question de la croissance. Un peu partout autour du monde, elle a ralenti ; dont acte. Mais avec quelle ampleur et quid de demain ?

Le PIB français a progressé de 0,3% (d’un trimestre à l’autre et en rythme instantané) en T3. Son tempo est souvent voisin de celui de l’ensemble de la Zone Euro, même s’il est sans doute aujourd’hui un peu supérieur. Cela vaut donc la peine de s’arrêter un instant sur les performances observées. La première  chose qui apparaît est la stabilité du rythme de croissance : la même performance sur chacun des trois derniers trimestres connus et plus largement et en moyenne sur les six derniers trimestres. Bref l’économie semble bien être solidement arrimée à une tendance haussière autour de 1,2% l’an. La demande intérieure finale (le couple formé de la consommation et de l’investissement) avance à un rythme assez rapide : autour de 1,8% l’an sur les quatre derniers trimestres connus. En revanche, les échanges extérieurs ont une contribution négative à la croissance.

Bien sûr, jauger l’économie de la Zone Euro au travers du résultat de celle de la France crée à l’heure actuelle un biais optimiste. Ce sont les performances à la « grande exportation » (au-delà des frontières de l’Europe) qui sont les plus malmenées et l’économie française y est moins engagée que celle d’autres pays membres comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Italie. Il n’empêche qu’au vu des informations en provenance de  l’hexagone il n’y a guère de raisons de « sonner le tocsin » en matière de momentum de l’activité économique européenne.

Un dernier mot sur la croissance française, pour rappeler que le niveau de l’indice PMI composite d’octobre est marginalement supérieur à celui moyen du troisième trimestre : 52,1 contre 51,9. De quoi suggérer une avance du PIB a priori comparable en T4 à ce qu’elle fût en T3.

C’est cet après-midi que sera publiée la première estimation de la croissance du PIB américain pour le troisième trimestre.  Il est raisonnable d’attendre un résultat entre +1,5% et +2,0% (d’une période à l’autre et en rythme annuel). Pour le comparer au chiffre français dont on vient de parler, la façon la plus simple de le faire est de diviser par quatre : donc +0,4% à +0 ,5%. Si on cherche à mettre en perspective le chiffre américain anticipé pour T3, disons qu’il serait marginalement en retrait tant de celui de T2 que de la moyenne des trois derniers trimestres connus (dans les deux cas +2%). Là encore, l’idée de stabilité domine. Avec la même explication que pour la France, mais de façon accentuée : l’économie est assez peu ouverte aux échanges extérieurs. Un autre point vaut la peine d’être noté. Depuis quelques années, la composante non cyclique de la demande intérieure finale se comporte mieux que la cyclique. Ce qui participe de cette stabilité observée.

Quid de T4 ? Un peu comme en France, le message envoyé par les évolutions de l’indice PMI composite ferait conclure à une avance du PIB une fois encore un peu inférieur à 2% en rythme annuel. Avec toutefois un débat propre aux États-Unis : la divergence sur la période récente entre les deux grandes enquêtes de conjoncture que sont le PMI et l’ISM. La première s’est mieux comportée que la seconde. Cela a brouillé un peu les perspectives, même si nous avons insisté sur la pertinence actuelle plus élevée de la première. Simplement parce que l’enquête ISM manufacturière « surpondère » les grandes entreprises exportatrices. Sans doute serait-il logique que face à une réduction de l’incertitude concernant la politique commerciale (avant tout les relations sino-américaines), les résultats de l’ISM manufacturier aillent s’améliorant et se remet à converger avec ceux du PMI manufacturier.

Si ce diagnostic sur l’état de la croissance américaine s’avère, comment va-t-il être intégré à la décision de politique monétaire dont la Fed rendra compte en fin de journée ? Cela justifie-t-il de « passer son tour » ? Assurément pas ; toute à sa démarche assurantielle, la banque centrale américaine devrait annoncer une troisième baisse consécutive de 25 centimes de son taux directeur. Une fois encore, c’est sur demain que le regard doit se porter. Sous la double hypothèse d’une réduction de l’incertitude et d’une remontée tant des chiffres d’enquêtes PMI – ISM que des anticipations inflationnistes, alors la Fed devrait se dire « mission accomplie ». Mais comment être certain que le déroulé sera bien celui-là ? D’où une banque centrale qui  devrait se déclarer se mettre en mode « wait and see », mais toujours prête à agir si nécessaire !



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