Une BCE très accommodante

La crise enduite par la pandémie restera dans les annales, pour des multiples raisons, notamment sur ces conséquences économique et l’arsenal extraordinaire de mesures de politiques de soutien qui ont été mises en place.  Malgré la violence du choc économique induit par la crise en 2020, nous avons appris cette semaine que de manière officielle le comité du NBER chargé de déterminer les dates des récessions américaines, avait conclu que la récession n’avait duré que deux petits mois, entre mars et avril. Bref, sans surprise, la plus courte de l’histoire.
Funds Watch
Business and finance concept with giant Euro sign at European Central Bank headquarters in the morning, business district in Frankfurt am Main, Germany

La violence de la récession et les contraintes à l’activité imposées par la nécessité de protéger les populations a vu se déployer un mouvement extraordinaire de soutien de la politique économique, notamment aux Etats-Unis. Ceci a permis un retour rapide vers les niveaux d’activité qui prévalaient avant la crise. En fait, mesuré simplement par le niveau du PIB, celui-ci a déjà dépassé au deuxième trimestre 2021 le niveau qui aurait été atteint par l’économie américaine s’il n’y avait pas eu de récession et si celle si avait continué à croitre au rythme de son potentiel estimé.  Une évolution remarquable. Ce comblement à vitesse accéléré du déficit de croissance, ou « output gap », interpelle quant à l’adaptation de la politique économique, notamment monétaire, à cette évolution.

Etats-Unis : de la récession la plus courte à la reprise la plus rapide, avec un déficit comblé très vite

Les tensions sur les prix que cette accélération forte de la demande a provoqué sur les prix ne devrait peut-être pas nous surprendre. Certes, nous le savons tous, beaucoup d’éléments derrière ces tensions sur les prix son temporaires, mais il ne reste pas moins que du point de vue macroéconomique on ne peut que penser que les caractéristiques même  de cette reprise porte presque de manière congénitales des tensions qui peuvent s’avérer durable sur l’inflation. Comme tout le monde, on se doit de rester prudents tant la force des pressions à la baisse des prix au cours des dernières décennies ont créé un ancrage sur l’évolution future des prix. Néanmoins, nous maintenons un discours de prudence et persistons sur la possibilité que du point de vue du marché comme des autorité monétaires le risque d’une mauvaise surprise sur ce domaine ne vienne nous surprendre dans les quelques trimestres à venir.

En Zone Euro, malgré la poussée des contagions dues au variant Delta et l’éventuel risque que ceci pourrait poser sur la croissance, les statistiques restent très rassurantes. Ainsi, la dernière livraison de l’INSEE concernant le climat des affaires en France montre que la tendance reste au beau fixe, notamment au niveau de l’industrie. Certes dans le commerce de détail un léger fléchissement s’est opéré mais les niveaux atteints restent cohérents avec une croissance qui devrait demeurer très solide. Nous continuons à penser que le possible fléchissement de l’activité lié à la maladie sera faible. Le pari sur la protection apportée par les vaccins devrait continuer à soutenir la reprise économique.

France : le climat des affaires reste bien orienté notamment dans l'industrie

Malgré la prudence nécessaire lié au virus et le besoin du marché de souffler après les forts gains depuis le début d’année, on ne peut que constater que la logique simple d’une croissance qui tient, bien que la tendance soit à la décélération tout en restant forte, et des politiques monétaires qui ne fléchissent pas dans leur soutien, offrent toujours un socle solide à la prise de risque. Néanmoins, nous pensons qu’un peu plus de prudence et surtout de sélectivité est essentielle dans cette phase du cycle de reprise.

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