Intéressante (et surprenante !) proposition du ministre des finances allemand pour faire progresser l’Union Bancaire avec, notamment, des ouvertures sur la pièce manquante majeure : un système commun d’assurance des dépôts. Potentiellement une excellente nouvelle, mais il faudra une nouvelle fois être patient. Les chiffres économiques américains rassurent une fois de plus même si les anticipations d’inflation baissent vraiment beaucoup.

Point de marché : japonisation, les États-Unis aussi ?

La persistance de niveaux d’inflation bas fait craindre que l’Europe ne soit en phase de japonisation. Le sujet est bien plus complexe qu’un simple chiffre d’inflation, mais il y a effectivement un risque de déflation qui, s’il semble pour l’instant écarté, reste un sujet pour la banque centrale.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Fed de New York conduit tous les mois une enquête auprès des consommateurs sur les attentes d’inflation. Et le dernier résultat n’est pas vraiment joli… Les attentes d’inflation n’ont cessé de baisser depuis le début de cette enquête en 2013 et la dernière version est au plus bas historique.

Certes le niveau est toujours loin de la déflation, avec 2,33% d’inflation anticipée sur l’année à venir. Il y a aussi peut-être un effet pétrole : avec la baisse des cours, l’inflation se tasse. Mais ce dernier argument, temporaire, n’explique ni la baisse des anticipations sur une demi-décennie, ni la baisse parallèle des anticipations à 3 ans.

Jusqu’ici tout va bien et il serait excessif de parler de japonisation (comme nous le faisons dans le titre). Mais la tendance, lourde, reste préoccupante.

Union bancaire : ça bouge. Incroyable !

L’Union bancaire, mise en place à la fin 2014 a joué un rôle déterminant dans la résolution de la crise financière. Toutefois certains aspects restent à compléter, notamment l’EDIS (European Deposit Insurance Scheme), une assurance de dépôts européenne qui éviterait aux états d’être mis à contribution en cas de faillite bancaire et donc de relancer le cercle vicieux entre souverains et banques. Ce serait un élément déterminant de stabilité financière pour la zone Euro.

Nous nous étions faits échos il y a quelques mois de possibles avancées, en particulier certaines associations professionnelles allemandes s’étaient montrées moins régissantes. Depuis, plus rien !

Aujourd’hui le ministre des Finances allemand Olaf Scholz dans un article dans le FT propose des avancés :

  • Des procédures communes de résolution des faillites et insolvabilité
  • Un mécanisme incitatif imposé aux banques qui concentrent trop de titres de leur pays dans leur actif
  • Une assurance de dépôts commune
  • Des impôts sur les sociétés minimums en commun

Cela ne veut certainement pas dire que l’EDIS est au coin de la rue. Mais il s’agit d’une proposition intelligente pour débuter des négociations avec les partenaires européens (il va d’ailleurs être intéressant de voir en Allemagne comment la CDU réagi..).

Bref, une excellente nouvelle qui pourrait changer fondamentalement la donne en Europe. Mais il faudra une nouvelle fois être patient.

Données économiques rassurantes (encore !) :

Encore un chiffre qui semble montrer un regain d’optimisme sur l’économie : l’ISM non manufacturier en octobre était de 54,7 contre 52,6 le mois précédent, c’est mieux qu’attendu. Il faut aussi noter que les carnets de commandes, normalement la composante de l’indicateur qui donne le meilleur signal avancé, est aussi en hausse.

C’est surtout un signe de résilience du secteur des services alors que l’ISM manufacturier, toujours très bas, s’est aussi un peu redressé.

En conclusion, ces données montrent que depuis cet été la détérioration de la conjoncture s’est estompée, et donc la décélération de l’économie semble stoppée. Cela validerait notre vue que l’économie est proche d’un point bas en termes de croissance.

Les chiffres de PMI dans les services en Europe seront publiés ce matin. Espérons qu’ils seront du même ordre.

Le prix de vos données internet :

Passionnant papier académique de Daron Acemoglu (un des meilleurs économistes sur la planète, nobélisable à notre humble avis) sur vos données personnelles stockées sur internet. « Too Much Data : Price and Inefficiencies in Data Markets », à lire sur le site du MIT.

L’idée est d’utiliser la notion d’« externalités »: une externalité est une décision d’un agent qui affecte indirectement le bien-être d’un autre. La possession de données personnelles sur un vaste nombre de personnes par un site internet lui permet d’inférer avec une redoutable précision les caractéristiques personnelles des personnes qui, elles, ont choisi de protéger leurs données personnelles. Dans le scandale de Cambridge Analytica par exemple le compte Facebook d’un quart de million d’utilisateurs a permis d’inférer le comportement de 50 millions d’utilisateurs !

Il y a plusieurs implications à ceci.

D’un point de vue économique : vos données personnelles ne valent pas grand-chose car elles sont interchangeables, ou même peuvent être reconstruites. Leur valorisation est donc sous-estimée.

D’un point de vue personnel : vous protégez vos données ? Peu importe, si d’autres utilisateurs ne les protègent pas, on peut inférer vos données personnelles. Votre vie privée n’est plus protégée non pas à cause de votre décision mais de celle d’autres (c’est ça une externalité).

Et finalement, en combinant ces deux idées : lorsqu’une masse critique d’information est disponible, l’incitation à protéger sa vie privée devient illusoire et le prix des données additionnelles devient nul. Ce qui renforce les deux points ci-dessus.



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